« Les digital natives ne sont pas des digital naïfs »

On ne sait toujours pas comment tombent les pommes... Pourtant, la loi de l'attraction universelle s'applique aussi à la notoriété des marques. Quels sont les ressorts qui rendent un employeur plus attractif ? Éléments de réponse avec Aurélie Robertet, directrice France du cabinet d'études internationales Universum.

Google, IBM, Microsoft dominent une fois de plus votre classement. D'où vient leur force d'attraction ?

Ces employeurs évoluent dans des secteurs d’activité qui ont le vent en poupe. À travers les produits et les secteurs auxquels elles sont associées, ces entreprises seront perçues comme étant plus attractives. Mais surtout, elles surfent sur les attentes de la génération Y. Les jeunes recherchent en effet des employeurs stables et solides, chez qui ils pourront se former, pour rapidement évoluer ou mieux valoriser leur parcours. La référence professionnelle, la bonne image de l'entreprise, qui vont valoriser le curriculum vitae, restent des valeurs fortes auprès de tous les étudiants. Force est de constater que ces entreprises travaillent beaucoup leur marque employeur en se donnant une identité et un ADN propre. Mais toujours dans une dynamique d’innovation, autant dans les produits ou services proposés par l’entreprise, que dans la manière de gérer les employés.

Avant, le choix de son employeur relevait d’une logique sectorielle. Aujourd’hui, même les commerciaux veulent travailler chez Google… Pourquoi ?

Les jeunes sont moins attentifs au secteur qu'à l'entreprise elle-même. Ils se sentent en affinité ou pas avec les valeurs qu'elle porte. C’est pourquoi, en termes d’employer branding, une entreprise ne peut se permettre un décalage entre la réalité et ce qui est vendu. Les digital natives ne sont pas des digital naïfs. Un mauvais écho de l'entreprise diffusé sur les réseaux sociaux par un stagiaire déçu fait aussitôt le buzz parmi les étudiants. On ne peut plus cacher ce qui se passe à l’intérieur. Tout le travail de la marque employeur consiste à s’assurer que la promesse qu’on fait à l’externe repose sur une réalité interne. Google a des objectifs de productivité. On y bosse comme dans n’importe quelle multinationale. Sa différence ne découle pas des missions qu’elle propose, mais de son environnement de travail.

L’actualité exerce-t-elle un impact sur l’attractivité des entreprises ?

On ne peut pas aller à l’encontre de l’actualité. Quand on observe des plans sociaux dans le secteur automobile, cela a un impact direct sur l’attractivité du secteur. Quand le chômage est élevé et que la croissance est quasiment nulle, la logique pousse les candidats vers des secteurs refuges, solides financièrement. Du coup, les biens de grande consommation et le secteur public aspirent la plupart des étudiants. L’analyse sectorielle fonctionne toujours, mais elle est davantage liée à un climat économique qu’à une affinité réelle.

 

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