« Ne cherchez plus un emploi, créez-le ! »

Comment aider les chercheurs d'emploi qui le souhaitent à  se transformer en entrepreneurs ? En leur proposant un parcours visant à  minimiser leurs risques, répondent Actiris et Impulse.Brussels, qui conjuguent leurs compétences et leurs réseaux.

Tout entrepreneur a, dit-on, le risque chevillé au corps. Encore faut-il qu'il soit effectivement en mesure de l'assumer, sur le plan financier notamment. Nombre de chercheurs d'emploi, nombre de familles monoparentales ne sont pas en mesure de prendre un tel risque, constate Gregor Chapelle, directeur général d'Actiris. Pour une partie de la population, l'acte d'entreprendre serait donc tout simplement impossible sans un accompagnement individualisé.

Le propos est appuyé par Bruno Wattenbergh, à  la tête de l'Agence bruxelloise pour l'entreprise (Impulse.Brussels). « Je suis un fervent partisan du droit à  l'initiative économique », dit-il. « Il faut donner à  chacun le maximum de chances de réussir la création de son propre emploi, en particulier s'il n'a pas les poches assez profondes pour assumer les conséquences d'inévitables erreurs ».

Entre le premier organisme, chargé de l'accompagnement des chômeurs, et le second, qui accompagne les entreprises, le rapprochement n'était pourtant pas si évident. C'est sur la base du concept d'autocréation d'emploi qu'il s'est effectué. « Aider un chercheur d'emploi à  créer son propre job fait désormais partie de notre mission », poursuit Gregor Chapelle, qui évoque le concept de sécurité sociale d'émancipation. « Tous nos clients ne sont certes pas disposés à  effectuer ce pas, et nous n'allons évidemment pas les y contraindre, mais ceux qui le souhaitent doivent être encouragés dans le cadre d'un cocon. C'est tout le sens des coopératives d'activités par exemple, qui permettent de tester le lancement d'une activité tout en conservant ses allocations de chômage. C'est aussi et surtout tout le sens du partenariat que nous avons signé avec Impulse. »

L'accord qui lie les partenaires comprend trois volets. Le premier d’entre eux concerne l'échange d'informations, précise Bruno Wattenbergh. Nos contenus utiles à  la création d'entreprise sont désormais partagés avec Actiris, de sorte que ses accompagnateurs puissent aiguiller celles et ceux qui veulent entreprendre vers la bonne porte, et notamment vers nos conseillers du portail 1819. 

Le deuxième volet concerne l'harmonisation du parcours du créateur d'emploi, par le biais d'une meilleure coordination des acteurs. « Chaque parcours est différent en fonction du profil de la personne, de sa formation initiale, de son projet, de ses besoins », précise Gregor Chapelle. Ayant, par exemple, généré ses premiers contrats dans le cadre d'une coopérative d'activités, l'autocréateur est en recherche de financement pour ses premiers investissements : il doit directement être mis en contact avec la bonne structure. 

À terme, et c'est le troisième volet du partenariat, l'autocréateur bénéficiera d'un « dossier unique » qui permettra à  chaque organisme auquel il s'adresse de disposer d'emblée de toute l'info utile à  son sujet. Et ce, du premier entretien avec l'accompagnateur d'Actiris à  l'enregistrement de son chiffre d'affaires après quelques mois d'activité, de l'accompagnement dont il a bénéficié aux garanties financières qui lui ont été éventuellement octroyées.

« Nous posons les bases du réseau bruxellois de l'autocréation », assure Bruno Wattenbergh. L'époque où chaque organisme travaillait dans son coin est révolue. L'heure est à  l'ouverture et à  la coopération. On ne fonctionne plus, au XXIe siècle, de manière verticale, mais bien transversale, dans le cadre d'un écosystème. 

À l'évidence, aucun de nos interlocuteurs ne s'attend à  ce que le problème du chômage à  Bruxelles soit réglé par le biais de l'autocréation. Mais chacun y voit la promesse d'un parcours positif pour celles et ceux qui voudront l'emprunter. L'important, c'est de pouvoir tester ses capacités dans un environnement sécurisé, conclut Bruno Wattenbergh. Un business plan, c'est bien, mais arriver chez un banquier en prouvant qu'on a acquis des compétences et de l'expérience, qu'on s'est inséré dans un réseau, qu'on a déjà  séduit des clients et généré du chiffre d'affaires, c'est en réalité beaucoup mieux. 

33 %

C'est la proportion d'autocréateurs qui, étant passés par une coopérative d'activités, sont au final... engagés par un fournisseur ou un client. « Pouvoir prouver sur le terrain ce dont on est capable constitue aussi un vrai coup de pouce dans un marché où certaines catégories de chercheurs d'emploi font encore clairement l'objet de discriminations à  l'embauche », affirme Gregor Chapelle (Actiris).

1819

C'est le portail mis en place par Impulse afin de répondre à  toutes les questions d'ordre juridique, financier, réglementaire ou pratique relatives à  la vie d'une entreprise. « Le public des chercheurs d'emploi n'était pas dans notre cible. Grâce à  ce partenariat avec Actiris, nous allons désormais pouvoir aussi les informer et les orienter », se réjouit Bruno Wattenbergh (Impulse).

18 mois

C'est la période pendant laquelle le chercheur d'emploi peut tester son projet dans le cadre d'une coopérative d'activités comme Bruxelles-Émergences, Debuut, Baticrea ou Backstage Brussels, en y en retirant éventuellement des revenus tout en conservant ses allocations de chômage.

 

 

Retour à la liste