Êtes-vous prêts pour la génération Z ?

Ils parlent une langue étrange faite de « seum » et de « swag ». Zappent à  la vitesse de l'éclair sur la Toile comme dans le monde réel. Ils sont appelés « émos », « écho-boomers » ou encore « Z ». Et puisque leur arrivée sur le marché du travail est imminente, chacun essaie tant bien que mal de les étiqueter. Enfants nés après 1990, ils succèdent assez logiquement à  la génération Y, ces fameux « why », les trentenaires d'aujourd'hui.

Contrairement à  la génération précédente, qui a dû s'adapter à  la fois à  l'explosion du chômage et à  celle des nouvelles technologies, les « Z », eux, ne se sont adaptés à  rien puisqu'ils sont nés avec. S'il est plus confortable à  la fois pour les entreprises et les sociologues de mettre une lettre sur des classes d'âge, on ne peut nier qu'il y a désormais des paliers générationnels tous les cinq ans, et non plus tous les vingt ans.

La raison ? La propagation fulgurante des nouvelles technologies qui réduit le temps jadis destiné à  leur adoption. Cela n'a échappé à  personne, le monde a considérablement accéléré son rythme de croisière, contraignant ses passagers à  s'adapter ou disparaître.

Une récente enquête d'Acerta s'est penchée sur la manière dont les différentes générations appréhendent leur travail, leur employeur et leur entreprise. Notamment à  travers le prisme des high-tech. Sans surprise, les baby-boomers sont les plus stressés par l'utilisation des nouvelles technologies de l'information (33 %, contre 18 % de la génération X et 16 % de la génération Y). En ce sens, les « Z » partent avec un atout de taille : une capacité d'adaptation hors norme et un réel pouvoir, dans la mesure où ils portent en eux les mutations technologiques face auxquelles les entreprises sont, pour la plupart, très en retard.

Selon une étude française, 60 % d'entre eux possèdent un smartphone. Ils envoient et reçoivent en moyenne 83 SMS par jour et passeraient quotidiennement près de deux heures trente devant un écran, et plus d'une heure et quart sur les réseaux sociaux. Ce sont des mutants, les enfants du Nouveau Monde qui arrivent dans l'hyper-connexion, l'hyper-temps. C'est la génération de l'instant présent. Ultra-connectés, mais aussi plus habiles, lucides et surtout très généreux. Parfois même par désenchantement.

Un jeune « Z » sur deux est issu d'un divorce ou d'une fratrie recomposée, ils n'ont donc plus de référentiel familial. De plus, au moins un tiers d'entre eux ont connu autour d'eux, et parfois au sein même de leur famille, un proche victime d'un plan social. Le référentiel travail a donc, lui aussi, volé en éclat. Adepte du job-hopping, la génération Y avait déjà  mis à  mal la fidélité à  l'employeur. La génération Z, elle, pourrait carrément dématérialiser l'emploi.

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