«4,5 millions de travailleurs sont concernés par une mise à niveau des compétences»

Date de publication: 28 oct. 2019
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TechnocITé

Actif depuis 1991, TechnocITé est un centre de compétence spécialisé dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) et dans les industries numériques culturelles et créatives. Pour nous présenter son rôle, ses missions et les moyens de les mener à bien, nous avons rencontré son directeur adjoint, Richard Roucour.

roucour

Pouvez-vous nous présenter brièvement TechnocITé?

«TechnocITé fait partie des 24 centres de compétences agréés par la Wallonie. Actif depuis 1991, il a été le premier à s’investir à partir de 2003 dans le secteur des industries culturelles et créatives. Par an, il représente aujourd’hui plus de 220.000 heures de formations, propose près de 20 formations qualifiantes menant directement à un métier, remet plus de 1.300 personnes à l’emploi, assure la formation continue de plus de 500 travailleurs et accompagne plus de 1.500 élèves du secondaire avec leur professeur pour parfaire leurs connaissances dans l’usage de l’informatique et des médias. Son siège central se situe dans la région de Mons et il est physiquement présent en Wallonie picarde et tout le Hainaut centre.»

Pouvez-vous nous parler de son impact dans la période de transformation digitale que nous connaissons ?

«TechnocITé évolue dans une série de domaines à évolution exponentielle, transversaux par excellence, ayant un fort impact sur la vie privée et professionnelle de tout un chacun. Particulièrement ces 10 dernières années, le grand public comme les entreprises ont vu arriver les technologies mobiles, le cloud, les réseaux sociaux, le big data, l’internet des objets, l’impression 3D, la réalité virtuelle ou augmentée, l’intelligence artificielle, le BlockChain… sans compter l’émergence de nouveaux modèles économiques, réalisables grâce à ces nouvelles technologies. Et en toile de fond, le citoyen s’interroge sur sa vie privée, la maîtrise de la cybersécurité… Tout ceci démontre, s’il fallait le faire, l’intérêt d’informer et de former le citoyen à l’ensemble de ces évolutions technologiques car il sera d’une manière ou d’une autre impacté à court ou moyen terme. Une étude récente d’Agoria portant sur l’impact des médias numériques à l’horizon 2030 sur l’ensemble des secteurs, démontre qu’en Belgique 4,5 millions de travailleurs sont concernés par une mise à niveau des compétences. 310.000 travailleurs ou demandeurs d’emploi sont à reconvertir et aucun secteur n’y échappera. Si l’on ne fait rien, 584.000 postes ne trouveront pas de profil adéquat en 2030. Mais l’étude démontre aussi que pour un poste perdu, 3,7 postes seront créés. L’enjeu pour TechnocITé est donc double. Le premier est d’amener tout citoyen, jeune ou moins jeune à utiliser de manière efficace, raisonnée et adaptée, ces nouvelles technologies dans sa vie quotidienne et son milieu professionnel. Le deuxième est de former le professionnel du métier au développement et à la mise en œuvre de ces technologies.

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Par ailleurs, Technocité entend être un acteur actif dans son environnement socio- économique régional. Tout cela demande bien évidemment de développer une série d’activités adaptées en termes de contenus et d’approche pédagogique suivant le public cible et les objectifs à atteindre. Aussi, différents chantiers sont mis en place, en cours ou à venir. Grâce à la Digital Belgium Skills Fund (DBSF), nous ciblons particulièrement le public 12-18 ans et 18-30 ans pour l’initier au travers d’ateliers aux technologies de l’impression 3D, à l’Internet des Objets et à la logique de programmation. Nous abordons également les bonnes attitudes à avoir sur le web vis-à-vis de la cybersécurité. Notre financement issu du Fond Social Européen (FSE), du gouvernement wallon, du Forem et de la Province de Hainaut nous permet de développer une offre pour demandeurs d’emploi qui répond à leurs attentes et aux besoins des entreprises. Nous nous focalisons par exemple sur la liste des métiers en pénurie éditée par le Forem ou développons des opérations coup de poing en collaboration avec des entreprises du secteur de l’informatique. Certaines actions sont co-financées par des structures privées comme le Cefora. Un financement issu d’un accord cadre entre gouvernement wallon et communauté française nous permet d’accompagner prioritairement l’enseignement technique et professionnel en organisant des formations pour des classes d’élèves et leur professeur dans les domaines qui nous occupent. Enfin, le Fond Social Européen et le gouvernement wallon financent un projet qui cible en priorité les travailleurs et se décline en 3 axes : les travailleurs du secteur des industries culturelles et créatives, les travailleurs du pôle muséal et le petit commerce. L’ensemble de ces activités, autant que possible, est orienté vers le ‘savoir-faire’. Aussi, grâce à un matériel de pointe financé par le Fond Européen de Développement Régional (FEDER), nous travaillons essentiellement sur la mise en pratique au travers de projets concrets à réaliser. Ces projets réalistes sont généralement apportés par l’un de nos nombreux partenaires. Pour ne citer que quelques exemples : Un groupe a travaillé sur le développement d’un prototype d’application mobile pour identifier des situations potentielles de harcèlement en milieu scolaire, en collaboration avec la ville de Mons. Un autre groupe, lors d’un stage, a travaillé sur la reconstitution en image de synthèse de la mine en collaboration avec le musée de Spiennes. Plus récemment, lors du Festival ‘Street Art’ à Mons, des stagiaires ont développé de la réalité augmentée sur des œuvres d’art urbaines. En collaboration avec la Maison Folie et Mars, le résultat a été une application en réalité augmentée téléchargeable sur une tablette ou un smartphone en Androîd, utilisable dans un parcours au travers de la ville de Mons, pour découvrir l’animation en réalité augmentée d’une série d’œuvres peintes sur les murs de la ville. Au-delà de cette dynamique partenariale, Technocité s’inscrit aussi dans une dynamique de tiers lieux où tout porteur de projet trouvera à sa disposition un espace de coworking, des compétences et des ressources pour développer son business en devenir en s’associant aux universités, FabLab, maisons d’entreprises et sociétés privées.»

 

Le marché des profils IT est ultra-concurrentiel, et il existe même de fortes pénuries dans certaines fonctions. Comment expliquer ces pénuries alors que le domaine est porteur, plein de perspectives d’avenir, et garantit des emplois d‘une certaine qualité ? Quelles sont les points d’attractivité de telle ou telle fonctions IT, et leurs points plus négatifs ?

«Les métiers liés à l’informatique sont aujourd’hui nombreux et les compétences qui les caractérisent évoluent constamment. Certains métiers sont émergeants, voire n’existent pas encore. C’est à la fois passionnant car cela implique en permanence la découverte de nouvelles choses et perspectives, mais cela peut également faire peur car cela contraint d’apprendre tout au long de sa vie. Ce sont aussi des métiers qui, par nature, sont liés aux orientations scientifiques qui sont vues comme élitistes. Les exigences de grandes sociétés de service informatique sont encore souvent élevées pour les postes en ICT, diplômes, expériences, langues ,…. Cela décourage plus d’un jeune à se lancer. Sans compter que dans l’enseignement, l’informatique n’est pas considérée comme une matière fondamentale comme le français ou les mathématiques. Par ailleurs, l’évolution fulgurante de ces dernières années rend obsolète toute une série d’outils et d’infrastructures qu’il faut repenser, redévelopper. Enfin, cette évolution technologique ouvre le champ des possibles au point où ce n’est plus vraiment la technologie qui freine le développement, mais l’imagination de ce que l’on peut en faire. Une demande qui augmente, une offre qui diminue, il y en a assez pour obtenir un marché de l’emploi en crise et déclarer des métiers en pénurie. Et pourtant ….»

 

L’image des métiers de l’IT correspond-elle à leur réalité ? Que diriez-vous, notamment aux jeunes en recherche d’une orientation, pour valoriser ces métiers ? Que souhaitez-vous leur dire pour leur donner l’envie de venir se former chez vous spécifiquement ?

«Cela fait bien longtemps que l’informaticien vissé sur sa chaise devant son écran n’existe plus. Cela ne se voit plus que dans les chambres où l’ado est occupé à jouer sur Minecraft. Tiens, un informaticien qui ne se sait pas encore ! car il y en a des métiers dans ce jeu. Des scénaristes, UX designer, Game designer, infographistes 2D/3D, Animateurs 2D/3D, sound designer,……et développeur. C’est là que l’on voit l’importance que prennent les médias numériques sur les métiers de l’informatique. Aussi, tous les métiers de l’informatique ne demandent pas d’être ingénieur, loin de là. C’est pour cela, entre autres, que le niveau de diplôme que l’on possède n’est pas une condition sine qua non pour accéder aux formations chez Technocité. Si ces métiers ont de nombreux avantages matériels comme un bon salaire, des avantages extra-légaux, une sécurité d’emploi, ils ont aussi des avantages humains et sociaux comme le travail en équipe, la flexibilité, le travail à domicile ou autre espace de coworking. Fini aussi le temps où il fallait de gros bras pour déplacer un ordinateur. Les métiers de l’informatique et des médias numériques sont faits pour les femmes. Pour les avantages humains et sociaux, bien sûr, mais aussi pour les caractéristiques de ces métiers comme la créativité, la méthode, la rigueur. Aujourd’hui, un recruteur cherche avant tout un passionné, bien dans sa peau, avec un savoir être irréprochable. Pour acquérir des compétences dans le métier qui vous intéresse, venez vous éclater à Technocité ! »

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