«La passion de la technologie doit briller dans nos yeux»

Publié : samedi 10 octobre 2015

Spécialisée dans la conception sur mesure de machines pour l’industrie, Wow Technology accorde une très grande attention à  l’accueil des stagiaires. «Une voie royale pour le recrutement», assure Jean Demarteau, le CEO de cette entreprise privilégiant l’intelligence collective.

Ayant pour clients des industriels du secteur aéronautique ou de la pharma, Wow Technology conçoit pour eux les machines de la première esquisse à  la pose du dernier boulon. «Dès lors que nos équipes se voient confier un projet, elles s’y impliquent corps et âme pour relever le défi technologique et délivrer la solution.»

Quelle est la vocation de Wow Technology?

Nous résumons notre mission sous le vocable: «Engineering your ideas». Notre vocation consiste donc à  aider nos partenaires à  transformer leurs idées en machines ou en lignes de production par exemple, en leur proposant nos services sous la forme d’un guichet unique. Nos ingénieurs et techniciens vont comprendre le projet, en étudier le design et élaborer les solutions à  mettre en œuvre sur le plan mécanique, électrique, électronique entre autres. Ils vont aussi et surtout construire la machine en question jusqu’à  sa livraison au client.

Vous en faites donc davantage qu’un bureau d’études?

Nous allons en effet beaucoup plus loin en mobilisant sur le projet la gamme complète de nos compétences jusqu’à  la fabrication et la livraison. Si on tente la comparaison avec la construction d’une maison, nous proposons à  la fois les services de l’architecte, de l’entrepreneur et de tous les corps de métiers. Un seul interlocuteur, une seule facture, pour une solution complète à  deux pas de chez soi…

Quels sont vos concurrents? Asiatiques, européens?

La concurrence chinoise joue peu: les industriels y sont surtout compétitifs pour des productions en grande série, alors que nos projets portent sur la conception et la production d’un nombre réduit de machines. Par rapport aux autres concurrents européens, nous avons l’avantage de la proximité, du moins pour nos clients en Wallonie. Dès lors qu’on travaille de concert à  la mise au point d’un nouveau produit, il est impératif de pouvoir se rencontrer fréquemment, de valider par étapes les solutions proposées, de bien se comprendre en parlant la même langue, notamment…

Vos clients sont-ils donc essentiellement wallons?

Effectivement. Nous avons beaucoup travaillé pour l’aéronautique avant de répondre aux sollicitations de la pharma, dont on connaît la croissance en Wallonie. Il s’agissait d’une suite logique car ces deux secteurs sont très exigeants sur le plan du respect des normes et de la qualité. Nous concevons et fabriquons donc des machines qui vont entrer dans la chaîne de production d’un médicament, ou qui seront utilisées dans les laboratoires, par exemple. Cela étant, nous avons aussi des clients en Suisse et France.

Dans la pharma, il y a de gros acteurs mais aussi des start-ups. Est-ce risqué de travailler sur de tels projets?

Parfois nous assumons une part du risque en avançant certains fonds pour la conception de la machine, et en nous assurant l’exclusivité de sa production si le projet réussit. Mais, davantage que ces accords financiers, c’est la notion de «partenariat» qui est primordiale. Dès lors que nos équipes se voient confier un projet, elles s’y impliquent corps et âme pour relever le défi technologique et délivrer la solution.

Vous avez donc besoin de collaborateurs particulièrement motivés…

Effectivement et, à  cet égard, le premier contact est souvent déterminant. On repère tout de suite celles et ceux qui ont les yeux qui brillent quand on évoque notre activité. Il faut vraiment être passionné par la technologie pour travailler chez nous. Mais aussi avoir la volonté de travailler en équipe et de faire appel aux compétences des collègues: c’est cette faculté à  adopter une approche multidisciplinaire qui constitue notre force.

Comment fait-on pour concilier les points de vue de plusieurs experts sur un même projet?

Chaque ingénieur, chez nous, est expert dans son domaine mais doit aussi connaître les technologies du voisin. L’ingénieur mécanicien, par exemple, doit intégrer dans sa réflexion le fait que son voisin doit travailler sur les commandes numériques, sur l’interface avec l’utilisateur, etc. L’un comme l’autre doivent comprendre ce que fait son collègue, l’interroger, lui proposer des solutions. Et ce, en intégrant aussi les contraintes du technicien qui va devoir monter la machine. Le dialogue est donc permanent, dans une optique de promotion de l’intelligence collective.

Comment faites-vous pour attirer de telles compétences?

Dans notre milieu, nous sommes connus, voire sexy. Pour un ingénieur, pouvoir plancher sur un projet de la première esquisse jusqu’au dernier boulon, c’est extrêmement motivant: la satisfaction, voire la fierté qu’il ressent dès lors que la livraison est effectuée est énorme. Nous recevons donc beaucoup de candidatures spontanées, mais aussi des demandes de stages que nous traitons avec la plus grande attention.

Le stage, voie royale vers le recrutement?

J’en suis convaincu et notre dernier recruté peut en témoigner. Le stage nous permet de déceler si la personne affiche les compétences techniques, mais aussi le mode de fonctionnement exposé ci-dessus. C’est la raison pour laquelle nous sommes aussi attentifs pour sélectionner nos stagiaires que pour procéder à  un recrutement, étant entendu qu’un bon stagiaire est une recrue potentielle, à  terme.

Les autres éléments de votre attractivité?

Nous accordons beaucoup d’importance à  l’ambiance de travail et sommes idéalement situés, près de Namur et donc éloignés des grands axes embouteillés chaque matin. Sur le plan du «package» au sens strict, nous offrons la gamme classique des avantages extralégaux mais sommes aussi adeptes de la personnalisation: certains préfèrent une plus belle voiture, d’autres pas, nous tentons de nous adapter, mais en veillant au respect de la notion d’équité. Nous soulignons enfin les perspectives d’évolution soit au sein de Wow Technology, soit au sein de sociétés sœurs dans le groupe.

Il y a notamment parmi celles-ci Wow Company, connue pour ses fameuses «boules à  vagues». Pourquoi l’avoir séparée de Wow Technology?

La scission a été opérée en 2010 pour des raisons de cohérence vis-à -vis de nos clients: ceux qui venaient nous voir pour acheter une telle boule étaient surpris de découvrir des prototypes de machines, et ceux qui arrivaient avec un projet de machine se demandaient s’ils étaient à  la bonne adresse. Ceci étant, l’ADN est identique: les deux entreprises sont issues du même berceau technologique.

Un dernier mot sur le tissu industriel wallon, dont vous êtes finalement étroitement dépendant?

Je suis confiant car chacun est à  nouveau convaincu que l’industrie est un maillon essentiel d’une économie performante. C’est dans l’industrie qu’on innove, c’est au départ de l’industrie qu’on exporte, et c’est finalement là  que se génère une grande partie de la valeur ajoutée. Mais il faut pouvoir disposer des compétences pour ce faire. Chez Wow, nous avons traversé comme d’autres des périodes difficiles, notamment après 2008, mais nous nous sommes serré les coudes afin d’éviter de licencier. Nous nous en réjouissons chaque jour, car c’est bel et bien sur ces talents que repose notre succès aujourd’hui.

Benoit July

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