« Notre entreprise est avant tout amicale »

Fêtant cette année son 25e anniversaire, Euro Consultants est constamment en recherche de la « belle rencontre ». En lui proposant une ambiance de travail fondée sur la compétence et la confiance, que les jeunes et les femmes paraissent apprécier tout particulièrement.

Jean-Jacques Adam préside aux destinées du groupe Euro Consultants depuis 25 ans, en compagnie de son ami et collègue Philippe Pierco, qui est en est le CEO. Adepte du travail en équipe et absolument rétif aux mentalités carriéristes, il a récemment recruté Sabine Laruelle, ancienne ministre fédérale de l’Agriculture et des PME qui a délibérément mis sa carrière politique de côté.

Euro Consultants, en quelques mots ?

Nous sommes une société qui propose des services de conseil, de formation, et surtout d'assistance technique et opérationnelle aux entreprises ou institutions actives dans l'agroalimentaire, où les exigences en termes d'hygiène, de qualité et de sécurité sont très élevées. Nous employons à  l'échelle du groupe quelque 120 personnes, dont une cinquantaine en Belgique, et disposons désormais de filiales sur trois continents.

Vous enregistrez une croissance annuelle de votre activité de l'ordre de 20 %. À quoi l'attribuez-vous ?

La Belgique étant un marché mature, où nous parvenons tout de même à  afficher une croissance de l'ordre de 10 %, les ressorts les plus importants de notre expansion résident dans l'exportation. Ou plus précisément dans la croissance de nos activités à  l'étranger, essentiellement par le biais d'acquisitions ou de joint-venture avec des partenaires locaux, que ce soit en France, en Bulgarie, en Roumanie, au Canada ou en Tunisie, notamment.

Quels sont les besoins qui justifient le développement de ces filiales ?

Elles réalisent l'activité que nous avons historiquement déployée en Belgique, soit pour assister les entreprises sur leur propre marché, soit pour les aider à  exporter vers l'Europe en se mettant en conformité avec le prescrit de l'Union. Notre filiale tunisienne, quant à  elle, aide aussi plus globalement des producteurs africains dans ces démarches, par exemple en Côte d'Ivoire.

Quels sont les profils que vous recrutez ?

Nous fonctionnons selon le principe de la « belle rencontre ». C'est un peu curieux a priori, mais nous nous considérons comme un orchestre au sein duquel on peut toujours rajouter un instrument pour autant qu'il contribue à  renforcer l'harmonie. Autrement dit, dès lors que nous rencontrons une personne qui a de la valeur à  nos yeux et qui pourra renforcer durablement nos équipes, nous sommes enclins à  lui faire une proposition.

Par exemple ?

Nous avions accueilli une stagiaire de l'Awex, qui était d'origine bulgare et nous avait aidés à  effectuer une étude de marché en Bulgarie. Elle nous avait fait au retour une telle présentation, dans des conditions pourtant épouvantables car l'informatique nous avait lâchés, que nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas la laisser partir. Elle est aujourd'hui à  la tête de notre filiale en Bulgarie, qu'elle a développée. C'est le genre de belle rencontre, de belle personnalité, que nous recherchons.

Cela étant, vous recrutez aussi des profils bien déterminés pour des fonctions bien précises…

Nous utilisons alors toutes les ressources, qui vont des candidatures spontanées à  l'activation des réseaux sociaux. Dès que nos filets ont porté leurs fruits, nous procédons en deux étapes. Un premier test est effectué par nos équipes, afin de valider les compétences du candidat, son adéquation formelle avec la fonction pour laquelle il postule. Vu la nature de notre activité, nous privilégions les diplômes en sciences de la vie : bio-ingénieurs, biologistes, nutritionnistes, diététicien, notamment. Mais ce n'est qu'après cette validation que vient l'étape décisive, par le biais d'une rencontre beaucoup plus centrée sur la personnalité. Nous ne cherchons plus à  en savoir davantage sur le CV, mais voulons faire connaissance avec la personne qui est en face de nous : qui est-elle, quelles sont ses aspirations, que compte-t-elle apporter à  l'équipe ?

Quels sont les défauts qui, dans ce cadre, sont rédhibitoires à  vos yeux ?

Nous n'aimons pas du tout les individualistes, à  l'ego surdimensionné, qui ne sont animés que par des objectifs personnels à  court terme et planifient déjà , en espérant nous rejoindre, la prochaine étape de leur carrière. Nous évitons de tels profils pour une raison simple : nous privilégions le travail en équipe, dans le cadre d'une vision à  long terme. Nous n'avons donc pas besoin de tueurs qui veulent finir la course en tête, et tout seuls !

Vous arrive-t-il de vous tromper ?

Cela devient de plus en plus rare. Mais, si tel devait être le cas, l'erreur serait vite réparée en raison de notre mode de fonctionnement qui privilégie la collégialité, la codécision : c'est l'équipe elle-même qui identifierait l'erreur de casting. Notre ADN est en réalité très apprécié par deux types de publics qui ne s'excluent évidemment pas : les femmes, qui constituent 80 % de notre personnel, et les jeunes, qui sont très présents ainsi qu'en témoigne notre moyenne d'âge qui est de l'ordre de la trentaine d'années.

Qu'est-ce qui séduit les jeunes, selon vous ?

Notre modèle de management qui est très proche des réseaux sociaux. Nous aimons dire que nous fonctionnons en « bullocratie » : chacun évolue au sein de multiples bulles, de multiples réseaux qui se chevauchent, se combinent, non seulement dans la sphère privée mais aussi professionnelle. Un collaborateur peut donc travailler chez nous dans plusieurs bulles opérationnelles, sur plusieurs projets, de sorte qu'un organigramme classique échoue à  donner une représentation pertinente de notre mode de fonctionnement. Et si les jeunes apprécient cela, c'est précisément parce qu'ils détestent les relations formelles, hiérarchiques.

Quelque 80 % de vos collaborateurs sont des collaboratrices. Pourquoi ?

C'est fortuit, dans le sens où cela ne résulte pas d'une volonté de privilégier les femmes. Mais il se fait que la mentalité féminine correspond à  notre culture d'entreprise. Les femmes sont, en règle générale, moins intéressées par le pouvoir et la promotion de leur carrière que par le projet et l'équipe dans lesquels elles s'insèrent. Elles sont multitâches aussi, souvent bien davantage que les hommes. Enfin, notre organisation est flexible, fonctionne sur la confiance et dès lors en dehors de contraintes d'horaires impératives, ce qui laisse aussi de la souplesse pour organiser sa vie familiale et privée.

Quels sont à  vos yeux vos autres facteurs d'attractivité ?

Nous avons évoqué notre conception du management, mais nous pourrions nous limiter à  notre ambiance de travail. Philippe Pierco comme moi-même avons effectué une partie de notre parcours dans des multinationales et savons pourquoi nous avons changé d'orientation. Notre société n'est pas familiale, elle est amicale. Les jeunes apprécient cela, mais aussi de jeunes retraités qui viennent nous proposer leurs services parce qu'ils ont envie de s'amuser en faisant un bout de chemin avec nous. Nous sommes aussi flexibles sur le plan salarial et, enfin, nous investissons beaucoup dans la formation, non seulement sur le plan technique qui est le cœur de notre métier, mais aussi par le biais de notre EC-Academy qui développe des compétences plus transversales comme la gestion de projet par exemple. Nous travaillons enfin avec un coach externe et indépendant, auprès duquel nos collaborateurs peuvent s'exprimer et prendre conseil, librement.

Benoît July

 

 

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