« Nous érigeons un nouvel hôpital, plein d'opportunités »

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Fruit de la fusion de plusieurs hôpitaux issus d'horizons différents, Epicura se positionne comme un acteur majeur des soins de santé dans le Hainaut. Un acteur en déficit de notoriété cependant, qui entend faire savoir qu'il recèle beaucoup d'opportunités.

Comme tant d'autres hôpitaux du pays, Epicura est confronté à  la pénurie de personnel infirmier. Mais les profils qu'il recherche (au prochain Salon Talentum Mons notamment) sont divers, notamment dans les fonctions d'encadrement. Le point avec son nouveau directeur général, François Burhin, qui fonctionne au rythme de 300 recrutements par année.

Epicura, un nouveau venu dans le paysage hospitalier ?

Le groupe est en effet de constitution récente, mais ses entités affichent un bel historique. Nous formons désormais un organisme de taille respectable, comparable aux grands hôpitaux urbains, dont les sites sont répartis à  Ath, Baudour et Hornu, ce qui nous confère une grande proximité avec nos patients. Epicura, c'est un groupe hospitalier de 3 000 collaborateurs, dont 450 médecins indépendants, 875 lits, 37 000 admissions et 400 000 consultations chaque année.

Les fusions sont nombreuses dans le secteur. Quels en sont les ressorts ?

La consolidation est une tendance lourde qui a démarré il y a plusieurs années. Nos entités constitutives sont elles-mêmes le fruit de plusieurs fusions : le RHMS est issu du rapprochement de la clinique Louis Caty de Baudour, de l'association médicohospitalière du Hainaut occidental, de l'hôpital de la Madeleine d’Ath et de la clinique de Beloeil notamment, le CHHF étant le fruit de la fusion en 1998 du centre hospitalier du Grand-Hornu avec la Clinique Notre-Dame de Frameries. Les objectifs sont à  chaque fois comparables : l'effet de taille permet d'offrir aux patients une gamme de soins plus étendue et d'être plus attractif vis-à -vis du personnel médical qui peut accéder aux techniques les plus pointues. Et ce, dans le cadre d'une plus grande sécurité financière.

Qui dit fusion sous-entend nouvelle culture d'entreprise. Un défi ?

C'est d'autant plus vrai que notre historique nous apparente à  la fois aux mutualités socialiste et chrétienne et à  une congrégation religieuse, notamment. Faire émerger cette nouvelle culture d'entreprise accapare dès lors une très grande partie de mon temps et c'est bien normal : il faut surmonter des clivages issus du passé, apprendre à  travailler avec d'anciens « concurrents ». Tout cela s'amenuise cependant avec le renouvellement du personnel, mais aussi et surtout par le biais du projet positif que nous construisons en commun : les équipes apprennent à  se connaître dans les formations, à  travailler de concert et en complémentarité.

Vous évoquez le renouvellement des collaborateurs. Quels sont les recrutements qui y sont liés ?

Nous signons environ 300 contrats chaque année. À l'échelle de notre bassin, c'est énorme : peu d'entreprises sont en mesure de créer un tel appel d'air ! Cela étant, il s'agit en effet essentiellement de remplacements : le contexte économique et budgétaire ne nous permet pas de faire des folies. Dans un hôpital, 70 % des frais sont liés au personnel.

Quels sont les profils que vous recherchez ?

Posez cette question à  n'importe quel hôpital et on vous y répondra immanquablement : des infirmières et des infirmiers ! Les délais de recrutement ne se comptent plus en semaines, mais en mois. Et je n'évoque pourtant pas des profils particuliers comme une infirmière spécialisée en gériatrie par exemple. Mais nous ne restons pas inactifs. Nous collaborons de manière plus directe avec l'enseignement et les associations professionnelles, nous sommes aussi plus actifs sur les réseaux sociaux. On ne recrute plus aujourd'hui comme il y a quelques années...

Êtes-vous parfois amenés à  vous tourner vers l'étranger ?

Nous sommes situés non loin de la France, ce qui génère des opportunités, mais aussi des contraintes liées au statut du personnel frontalier précisément. Si vous évoquez du personnel de provenance plus lointaine, par exemple des pays du sud de l'Europe, c'est parfois le cas pour des profils très spécialisés. Mais nous faisons appel dans ce cas à  des prestataires extérieurs qui ont une connaissance plus fine du marché. Nous recherchons par exemple quelqu'un pour diriger notre pharmacie : c'est un chasseur de tête qui nous soutient dans notre démarche et c'est indispensable, au risque sinon de ne pas trouver.

Vous allez participer prochainement au Salon Talentum Mons. Quels sont vos objectifs ?

Nous voulons, d'une part, nous faire connaître davantage. Notre notoriété n'est pas encore très élevée alors que nos besoins sont importants : nous devons nous positionner sur la carte pour ce que nous sommes, un acteur important et dynamique dans les soins de santé. En complément de cette ambition générale, nous poursuivons aussi des objectifs très précis. En sus de notre pharmacie, évoquée précédemment, nous souhaitons recruter deux profils, junior et expérimenté, dans le contrôle de gestion, un responsable pour le pôle mère-enfant capable de gérer une équipe d'une centaine de personnes qui veille entre autres au bon déroulement de près de 2 000 accouchements chaque année.

Pas de souci pour les profils techniques, hors soins de santé ?

Un hôpital comme le nôtre fait effectivement travailler un grand nombre de techniciens au sens le plus large : nous employons des architectes, des chefs de travaux, des informaticiens, des profils dédiés à  la maintenance, des électriciens, du personnel de catering, etc. Vu que nous évoluons désormais au sein d'une nouvelle structure beaucoup plus grande, nous avons aussi besoin de compétences nouvelles au niveau de l'encadrement : on ne gère pas de la même manière un hôpital de 250 lits en un seul endroit et une structure hospitalière de 875 lits répartis sur plusieurs sites. Parallèlement, nous investissons aussi dans la formation de notre personnel d'encadrement existant : je pense au coaching, à  la gestion d'équipe par exemple.

Le Borinage n'a pas spécifiquement bonne image. Quels sont dès lors les principaux déterminants de votre attractivité ?

Cette mauvaise image est tronquée, et c'est un Bruxellois qui le dit ! La région est beaucoup plus agréable qu'on le pense, les gens y sont très attachants et, du reste, le Borinage est beaucoup plus varié qu'on l'imagine. Hornu et Baudour ne sont distants que de quelques kilomètres et les environnements y sont pourtant totalement différents.

D'autres facteurs d'attractivité ?

Travailler dans un hôpital, c'est avant tout faire le choix de s'intéresser à  autrui, d'aider celles et ceux qui sont en situation de faiblesse, voire parfois de détresse. C'est en soi une mission qui est porteuse de sens et d'attractivité. Mais ce qui me semble important à  souligner dans le cas d'Epicura réside dans le fait que nous sommes, du fait de notre fusion, une organisation jeune, encore en construction, ce qui permet à  celles et ceux qui nous rejoignent de bénéficier de perspectives très intéressantes. Rien n'est figé !

Benoît July

 

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