« Une vingtaine de fonctions sont ouvertes dans ma PME »

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Spécialisée dans les services aux industries, Technord recherche activement des ingénieurs électriciens, des automaticiens, des informaticiens. En mettant en exergue les atouts qui sont les siens : ceux d'une PME à  taille humaine, dans laquelle on reçoit rapidement des responsabilités.

Philippe Foucart, 39 ans, a pris la succession de son père à  la tête de Technord il y a quatre ans. Une continuité qui permet à  ce groupe familial de poursuivre ses objectifs à  long terme, sans être soumis à  la dictature des résultats trimestriels. Rencontre avec ce père de cinq enfants dont l'entreprise est parfois contrainte de freiner ses ambitions, en raison de la pénurie de profils qualifiés.

Technord, en quelques mots ?

Technord est un groupe familial dont l'activité s'étend du génie électrique à  l'informatique industrielle. Nous agissons en tant qu'ensemblier capable d'assumer les projets de A à  Z, du design à  la formation des utilisateurs en passant par la mise en œuvre, la mise en service, mais aussi la maintenance et le dépannage 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

Quelles sont vos spécialités ?

L'électricité industrielle, qui est notre spécialisation historique, génère deux tiers environ de notre chiffre d'affaires : nous allons des installations de 150 000 volts au petit capteur informatique sur une ligne de production. Nous sommes également spécialisés dans l'automatisation et l'informatique industrielle (qui fait le lien entre la production et la gestion : les systèmes de traçabilité dans l'industrie alimentaire ou pharmaceutique par exemple), les réseaux et la vente de matériel électrique.

Vos principaux clients ?

Nous sommes des entrepreneurs et saisissons donc les opportunités quand elles se présentent, ce qui justifie que nos clients sont très diversifiés : l'agroalimentaire et la pharmacie, le ciment, le verre, les grands data centers, l'énergie, notamment. C'est cette diversité qui nous permet de compenser la faiblesse éventuelle d'un secteur par la bonne santé d'un autre. Mais fondamentalement les besoins sont là  : quelle que soit l'industrie concernée, elle souhaite améliorer sa compétitivité, sa sécurité, la traçabilité de ses produits. C'est à  cette démarche d'amélioration permanente que nous apportons notre valeur ajoutée.

Vous réalisez la moitié de votre chiffre d'affaires à  l'international. Quels sont les moteurs de cette expansion de vos activités ?

Dès lors que nous avons obtenu la confiance de grands groupes, il est important pour nous de pouvoir accompagner leurs projets à  l'international : l'industrie cimentière investit peu désormais en Belgique, mais les projets restent nombreux dans les pays émergents. Nous avons aussi notre propre stratégie de croissance par le biais de nos filiales à  l'étranger : je pense à  la France par exemple, où nous sommes présents à  Lille et à  Lyon – une ville au départ de laquelle nous avons aussi commencé à  rayonner vers la Suisse, où nous venons d'implanter une nouvelle filiale. Au final, nous générons actuellement quelque 50 % de notre chiffre d'affaires à  l'étranger. Nous étudions aussi attentivement les opportunités en Asie, mais sans certitude pour l'instant.

Vous avez actuellement une vingtaine de fonctions ouvertes. Pas facile de recruter des profils techniques ?

Nous y parvenons, mais la durée moyenne pour trouver l'oiseau rare est trop longue. Il faut dire que nous recherchons effectivement des profils de type ingénieur électricien, informaticien, automaticien, qui ne sont assurément pas en surnombre sur le marché, le constat étant tout aussi vrai en France qu'en Belgique d'ailleurs. S'ajoute à  cette pénurie le fait que les gens ne changent pas si facilement de job. Nous y remédions partiellement par le fait que nous sommes ouverts aux jeunes, que nous accueillons régulièrement par le biais de stages, mais nous ne pouvons pas nous y limiter : il faut cinq ans pour qu'un ingénieur puisse gérer totalement un projet. Nous avons donc aussi besoin de profils directement opérationnels et expérimentés.

Ces difficultés de recrutement pourraient-elles entraver votre développement ?

Cela peut effectivement freiner la marche des affaires, dans la mesure où nous ne nous intéressons pas à  certains marchés par manque d'effectifs. Dans l'automatisation, par exemple, j'ai dix postes ouverts. J'aurais immédiatement du boulot pour chacun d'entre eux, mais je suis obligé de me limiter pour l'instant.

Quels atouts mettez-vous en avant ?

Le fait d'être une entreprise familiale joue fortement : il y a chez nous une atmosphère particulière, je connais le prénom de chacun, ma porte est ouverte, nous organisons de multiples événements autour du travail qui rencontrent beaucoup de succès. Les anniversaires, les naissances, les commandes : nous aimons célébrer ce qui peut l'être ! Ce n'est donc pas artificiel mais naturel, comme le sont d'ailleurs les autres atouts de la PME familiale : la rapidité de décision, les responsabilités que l'on y reçoit plus rapidement que dans une grande structure. Je viens par exemple de faire monter des collaborateurs âgés de 35 ans au comité de direction : c'est un signal fort, évidemment. Enfin, à  l'heure où l’on connaît les ravages d'un certain capitalisme, la stabilité de l'actionnariat familial est très appréciée : nous avons une vision à  long terme et ne sommes pas arc-boutés sur les résultats trimestriels. Personnellement, je ne suis pas de passage dans ma fonction, dans l'espoir d'une fonction dirigeante dans une multinationale à  Bruxelles ou ailleurs...

Le package salarial est-il intéressant ?

Nous faisons preuve de créativité, même s'il n'y a évidemment pas dix mille solutions : le brut, l'extralégal, la voiture éventuellement, en fonction du job et de ce que propose la concurrence. Nous avons cependant mis en place un système d'intéressement pour nos collaborateurs, dont la partie variable peut osciller de 5 % à  25 % du salaire, sur base d'objectifs individuels, au niveau de l'équipe et de l'entreprise. Mais ce qui compte vraiment est ailleurs : les perspectives de carrière, les formations. Nous travaillons beaucoup sur ces sujets, de manière très professionnelle. À la satisfaction de chacun, je pense, puisque notre turnover est très faible, sensiblement inférieur à  la moyenne de notre secteur.

Les attentes des jeunes sont-elles spécifiques ? Vous y adaptez-vous ?

On entend beaucoup de choses à  propos de la nouvelle génération, y compris positives heureusement et c'est dans cette optique que je me situe ! Cela étant, il est vrai qu'ils sont tout de même davantage tournés vers leur satisfaction personnelle : à  raison, ils veulent des objectifs, des perspectives et si cela ne bouge pas assez vite, ils lèvent la tête et regardent ailleurs. C'est d'autant plus vrai qu'ils sont sollicités et que les réseaux sociaux fonctionnent très bien. Il faut raison garder, mais aussi savoir se montrer réceptifs à  leur manière de fonctionner.

Benoît July 

 

 

 

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