« Acquérir de nouvelles compétences et évoluer au cours de sa carrière »

Rédigé par: Julie Delcourt
Date de publication: 6 sept. 2021
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CHU UCL Namur

Depuis l’année passée, le CHU UCL Namur propose à son personnel d’aides-soignant.e.s une formation de 150 heures consacrée aux 5 actes infirmiers délégués. Celle-ci est entièrement financée par l’institution hospitalière et présente de nombreux avantages.

L’arrêté royal de février 2019 autorise désormais les aides-soignant.e.s à effectuer davantage d’activités déléguées sous le contrôle d’un.e infirmier.e au sein d’une équipe. En réaction à cette décision réglementaire et afin d’avoir un personnel à la pointe de ses capacités, le CHU UCL Namur a décidé de proposer à l’ensemble de son personnel aide-soignant une formation de 150 heures (75 heures de théorie et 75 heures de pratique) qui leur permet d’accéder à l’exercice des 5 nouveaux actes infirmiers délégués, ratifiés par l’arrêté. « Cette formation est une réelle opportunité d’accroître et d’élargir les compétences de notre personnel ainsi que de développer la possibilité d’une mobilité d’emploi plus importante. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre de nouveaux actes mais aussi de pouvoir changer de travail fonction au cours de sa carrière », explique Véronique Nonet, responsable du pôle formation au sein du Département infirmier du CHU UCL Namur. La première vague de formation a été lancée l’année passée, en collaboration avec l’Institut Provincial de Formation Sociale (IPFS) de Namur. « En tant que responsables des départements infirmiers, nous avions un niveau d’exigence élevé, nous voulions que le niveau théorique corresponde à nos attentes car il s’agit de 5 actes délégués promulgués dans un arrêté », avance Anne Marchal, directrice du Département infirmier du site hospitalier de Dinant. Un apprentissage continu pour valoriser à la fois l’employé et l’employeur.

Ce partenariat présente d’ailleurs de nombreux avantages : de son côté, le CHU permet aux aides-soignant.e.s d’exercer les 75 heures de stage pratique dans leur unité et pendant leur temps de travail. L’IPFS, quant à lui, garantit, d’une part, la certification et met à disposition, d’autre part, des professeurs pour assurer un suivi très important pour les apprenants lors des stages. Plus encore, la formation est 100 % gratuite pour les aides-soignant.e.s : « les frais d’inscription et les heures de théorie comme de pratique ont totalement été pris en charge par le CHU qui les finance. Le fonds social des hôpitaux privés est également venu soutenir cette initiative », indique Véronique Nonet.

 

Plus de responsabilités ?

Crise sanitaire oblige, les premier.e.s aides-soignant.e.s qualifié.e.s ont seulement obtenu leur certification en mars dernier. Parmi ceux-ci, Margarita Pierre, aide-soignante volante de nuit sur le site de Sainte-Elisabeth, se réjouit d’avoir suivi la formation qui l’a responsabilisée davantage : « Au-delà de nouvelles compétences, cette formation m’a vraiment appris à poser les bonnes questions et à entamer une réflexion du « pourquoi », que je ne me posais pas forcément auparavant. Savoir à qui cet acte doit être administré ?, pourquoi ?, les conséquences qu’il peut avoir, qui informer quand la personne est en danger ou non ?, etc. ».

Une responsabilisation qu’Anne Marchal vient toutefois nuancer car, comme l’arrêté le justifie, il s’agit bien d’actes délégués ne pouvant être réalisés que si l’infirmier.e l’autorise. Là repose toute la complexité de la situation : il faut pallier la pénurie du personnel infirmier tout en conservant une qualité de soins globale. « Le CHU a cette volonté de maintenir la qualité des soins et de garantir la prise en charge de l’ensemble des soins du patient par l’infirmier.e, en collaboration étroite avec l’aide-soignant.e », explique la responsable formation. « Nous insistons cependant sur le fait que le rôle de l’aide-soignant.e reste essentiel dans la relation avec le patient et dans la qualité des soins d’hygiène de base », ajoute-t-elle.

 

Des compétences supplémentaires

Mais concrètement, quelles compétences supplémentaires apporte la formation de 150 heures ? « L’un des volets théoriques importants de cette formation est la pharmacologie, le personnel aide-soignant ayant un rôle délégué dans l’administration des médicaments par voie orale. Il y a aussi la mesure des paramètres vitaux qui a été agrandie », expose Anne Marchal. « Désormais, je peux prendre la tension, enlever des fécalomes, mesurer la glycémie manuellement (par voie capillaire ou sanguine NDLR), mettre des bandes de contention, etc. Bref, j’ai agrandi mon portefeuille de tâches en tant qu’aide-soignante », constate Margarita Pierre.

La deuxième vague de formation a débuté le 19 avril et se terminera fin juin. À terme, l’objectif est que l’ensemble du personnel du CHU UCL Namur puisse bénéficier de la formation. A noter que « ensemble » inclut également les aides-soignant.e.s des maisons de repos et de soins. « L’aide complémentaire y est plus que bienvenue au vu de la surcharge de travail actuelle », complète Anne Marchal. Margarita Pierre voit aussi en cet apprentissage une possible solution pour pallier le manque de personnel à domicile : « De nos jours, trouver un.e infirmier.e en soins à domicile est difficile. Peut-être que dans le futur, le secteur s’ouvrira aux aides-soignant.e.s. Avec ma formation, je peux prodiguer des soins chez le patient. » Voilà une formation qui s’annonce prometteuse et pleine d’espoir.

 

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