«Ce ne sont pas les vraies compétences des infirmiers qui ont été applaudies pendant le confinement»

Date de publication: 29 sept. 2020
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Avec une rentrée  sous code jaune, les enseignants du département de l’ISSIG se réjouissent de retrouver leurs élèves et de les former à la profession infirmière. La crise sanitaire a plus que jamais souligné l’importance  de cette profession. Encore faut-il qu’elle soit reconnue à juste titre  par les citoyens  et les politiques.

La haute école Galilée regroupe plusieurs institutions pédagogiques dont l’ISSIG (Institut supérieur de soins infirmiers Galilée) qui forme les infirmiers et les infirmières de demain. Cet institut qui accueille plus de 350 élèves cette année propose des formations en un cycle professionnalisant (4ans) et des spécialisations (+1 an).

Avec la crise sanitaire, l’institution a dû s’adapter, sans trop de difficultés. Les cours théoriques ont été donnés à distance. «Depuis deux ans, nous proposons un programme scolaire tourné vers les nouvelles pédagogies. Les élèves débattent, préparent leur cours et sont amenés à présenter leurs connaissances. Tout ceci a permis de basculer plus facilement vers l’enseignement à distance», explique Yannick Dubois, directeur du département de soins infirmiers de la haute école Galilée.

En ce qui concerne la pratique, «nos enseignants ont continué à aller en stage avec nos étudiants au chevet des patients même au plus fort de la crise. Nous sommes presque les seuls en FWB à avoir continué à travailler en bénévole alors que les stages avaient été arrêtés». Un véritable lien solidaire s’est créé entre les étudiants et les professeurs qui ont joué à la fois leur rôle d’infirmier et d’enseignant. «Nous ne pouvons pas dire à nos élèves d’aller s’exposer alors que nous nous cachons derrière notre caméra. Nous sommes garants de cette identité infirmière. Nous nous sommes assurés du bien-être de nos étudiants.»

La haute école Galilée s’est également montrée solidaire de son secteur pendant le confinement notamment en apportant son aide à plusieurs institutions de soins de santé mentale et en mettant à disposition des cliniques du matériel de soins dont des respirateurs issus de son tout nouveau centre de compétences par simulation. «Nous sommes venus soutenir le milieu hospitalier pour répondre à ses besoins.»

Une meilleure reconnaissance de la profession

L’institut a enregistré 20% d’inscriptions supplémentaires à la rentrée. Une augmentation qui ne laisse pourtant pas savoir si la crise a eu un impact positif ou négatif sur le monde de la santé. «Je ne suis pas sûr que la vision de la profession ait changé. J’étais assez dubitatif quand on a applaudi le personnel soignant. Ces encouragements étaient nécessaires et positifs mais je pense que ces applaudissements étaient partiellement fondés sur des méconnaissances du métier. Ce ne sont pas les vraies compétences des infirmiers qui sont applaudies.» La reconnaissance des compétences du métier s’ajoute donc à la longue liste des revendications du personnel soignant aux politiques.

De manière générale, il est nécessaire de redéfinir les compétences et de clarifier chaque fonction, ce qui permettra d’arriver à une revalorisation de la profession. «Il y a encore aujourd’hui une confusion entre les infirmiers  brevetés, les infirmiers bacheliers, les aides-soignants, etc. Tout professionnel est utile au système de santé et peut y apporter quelque chose mais la différenciation des fonctions n’est pas claire.» Il importe également de reconnaître que la qualité des services dépend du niveau de formation. Le personnel infirmier formé au plus haut niveau est capable de sauver davantage de vies. «On peut sauver 7% de vies en plus pour les patients hospitalisés de plus de 50 ans. La population n’a pas conscience de cela, ni le politique. Il y a un gros travail de conscientisation à faire», conclut le directeur.

Julie Delcourt

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Yannick Dubois, directeur du département de soins infirmiers.

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Le personnel infirmier formé au plus haut niveau est capable de sauver davantage de vies. « On peut sauver 7 % de vies en plus pour les patients hospitalisés de plus de 50 ans. »