«Ces métiers créent du liant social»

Rédigé par: Y.D.
Date de publication: 14 nov. 2018

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Brusafe est le nom donné à l’École Régionale des Métiers de la Sécurité, de la Prévention et du Secours. Cette association régionale regroupera prochainement l’École Régionale et Intercommunale de Police (ERIP), le Centre de Formation des Pompiers de Bruxelles (CFPB), l’Institut de Formation à l’Aide Médicale Urgente (IFAMU RBC) et une partie de l’École Régionale d’Administration Publique (ERAP). Chaque école s’adresse à des publics spécifiques, mais qui seront rassemblés sur un site commun pour développer des synergies entre tous les métiers de la chaîne de prévention et de sécurité. Brusafe accueillera chaque année environ 500 personnes en formation.

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Brusafe sera implantée dès la fin 2019 sur un site actuellement en cours de rénovation à Haren. Le complexe comprendra les quatre écoles ainsi qu’un centre d’orientation au recrutement. L’école offrira aux agents en formation une infrastructure plus adaptée grâce à une mutualisation des ressources et des moyens : plus d’espace et du matériel de pointe. Cela permettra la mise en valeur de ces métiers particuliers que sont ceux de la sécurité, de la prévention et du secours.

L' École Régionale d’Administration Publique (ERAP) en bref:

Comme son nom l’indique, l’ERAP, c’est avant tout une école d’administration, un centre d’expertise et de formations. Une école qui s’est érigée en 1994 sur la conviction forte du gouvernement bruxellois et des représentants des pouvoirs publics locaux que la première ressource d’une structure publique, ce sont les hommes et les femmes qui y travaillent.

ERAP – École d’administration publique

  • Nom complet : École Régionale d’Administration Publique (ERAP)
  • Date de naissance : 1994
  • Public : Tous les agents en fonction au sein des pouvoirs publics locaux et (para-)régionaux bruxellois.
  • Métiers concernés : Gardien de la paix, gardien de parcs, médiateur, agent constatateur, fonctionnaire sanctionnateur, travailleur social de rue, évaluateur interne, fonctionnaire de prévention, fonctionnaire de planification d’urgence, etc.
  • Lieu : Rue Capitaine Crespel 35, 1050 Bruxelles
  • Actions :

L’ERAP est un centre d’expertise et de formation en gestion publique. L’école accompagne les pouvoirs publics bruxellois et leurs agents dans leur volonté de développer une bonne gouvernance et une gestion publique intégrée. Cette mission est au cœur des trois activités principales du centre :

  1. L’accompagnement en matière de gouvernance et de soutien RH

Les experts de l’ERAP aident les pouvoirs publics à développer une vision stratégique, des outils d’évaluation et des mesures de maîtrise des risques. Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, plan de diversité, description de fonction, Plan Stratégique Transversal… autant de sujets que l’ERAP aborde à la demande de ses administrations - partenaires.

  1. La mise en œuvre d’un catalogue de formations

Destiné aux agents des pouvoirs publics, le catalogue de l’ERAP comprend des formations articulées autour des missions de la ville ainsi que des modules visant à renforcer l’organisation interne des administrations. Guichetier, directeur d’école ou architecte, l’ERAP offre des formations pour tous les profils d’agents publics.

  1. L’animation de réseaux

L' ERAP participe activement aux diverses plateformes publiques réunissant les acteurs liés aux missions de la ville (Région, pouvoirs locaux, partenaires institutionnels, associatifs et académiques). Au sein de Brusafe, l’ERAP représente le pôle des acteurs communaux et régionaux actifs en matière de sécurité et de prévention.

Le pôle de formation « Prévention et Sécurité » de l’ERAP regroupe les modules de cours à destination de tous les acteurs de la chaîne de prévention et de sécurité (notamment les gardiens de la paix, travailleurs sociaux de rue, agents constatateurs, etc. L’engagement de l’ERAP au sein de Brusafe répond donc pleinement à sa mission première : soutenir la fonction publique.

L’ERAP prépare des formations à la demande des communes ou institutions. Si vous désirez effectuer un métier dans la prévention communale ou régionale, veuillez postuler via l’institution qui recrute ou via les offres d’emploi du SELOR. Plus d’information sur les formations données à l’ERAP (attention, ces formations sont données à la demande des institutions communales et/ou régionales). www.erap-gsob.brussels

Jean Tignol

Nous avons rencontré Jean Tignol, Coordinateur pédagogique, qui nous a parlé des métiers de la prévention et de la sécurité auxquels formait l’École d’administration publique, de la formation et de l’intérêt de rejoindre une structure globalisante telle celle de brusafe.

M. Tignol, parlez-nous des fonctions auxquelles vous formez ?

« Je ne dispense pas moi-même de formations, mais je suis coordinateur pédagogique à l’ERAP. Nous formons notamment des agents des pouvoirs locaux bruxellois travaillant pour la prévention, la sécurité et le "mieux vivre ensemble". Il s’agit en grande partie des gardiens de la paix, agents communaux en uniforme mauve. Ils ont un rôle de sécurisation de l’espace public, à travers une présence rassurante, avec une certaine disponibilité pour le citoyen, et d’autre part à travers une présence dissuasive, susceptible de prévenir certaines formes de délinquance. Ils sensibilisent les citoyens quant aux risques et à leur sécurité. Ils observent les quartiers et relaient les éventuels problèmes aux services communaux, principalement via le fonctionnaire de prévention. Parfois, ils doivent trouver les arguments pour susciter l’adhésion à certaines normes de vie en commun. Ils ne peuvent pas utiliser la contrainte, mais je dirais que quelque part, cela peut être une force de ne pas pouvoir utiliser la force pour faire accepter la norme et l’autorité. Sybille Smeets (criminologue à l’Université libre de Bruxelles) l’avait observé. L’arme des gardiens de la paix est la parole, et on sait que le dialogue est parfois plus constructif et persuasif que la coercition. Il faut noter qu’une partie des gardiens de la paix sont désignés par le conseil communal comme gardiens de la paix "constatateurs" (pour cela, ils doivent posséder un certificat d’enseignement secondaire supérieur et doivent avoir suivi une formation complémentaire spécifique). Ceux-ci sont habilités à dresser des constats en cas d’infraction au règlement de police communal. Ces constats sont ensuite transmis au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende ou proposer une mesure alternative. Cependant, les gardiens de la paix constatateurs restent fondamentalement des gardiens de la paix ; le plus souvent, ils essaient de sensibiliser les citoyens avant de dresser un constat. Le nombre de gardiens de la paix dépend de la commune, mais c’est en général un métier à temps plein. Le contenu de leur métier est varié : prévention, aide à la population, rondes et observation, surveillance aux abords des écoles, etc…  Outre l’objectif de créer de l’emploi, la fonction de gardien de la paix s’est considérablement développée, enrichie et professionnalisée avec les années.

Un autre public qui fréquente régulièrement l’ERAP est celui des agents constatateurs, fonction indépendante de celle de gardiens de la paix. Comme les gardiens de la paix constatateurs, ils peuvent rédiger des constats d’infraction au règlement de police communal, mais sans avoir nécessairement un rôle de sécurisation, de prévention et de dialogue. Cette fonction se décline de manières différentes selon la commune. Parfois il s’agit d’un métier à temps plein, avec ou sans uniforme, et parfois il s’agit d’une casquette que l’on a au cas où. »

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Qu’est-ce qui rend ces métiers particulièrement utiles ?

« Ces professionnels sont en première ligne, en rue, à pied, et n’interviennent généralement pas sur demande, mais d’initiative. Bien qu’ayant indéniablement un rôle "contrôlant", ils peuvent créer du "liant social", car ils sont généralement visibles et disponibles et on sait qu’ils n’utiliseront jamais la contrainte. Ils peuvent observer et sentir l’atmosphère des quartiers, et, grâce à cela, faire remonter des informations qui permettront de trouver des solutions à des problèmes locaux, voire d’adopter des réponses plus globales. Ils peuvent sensibiliser voire "sanctionner" les citoyens qui contreviennent aux règlements : chien sans laisse, nuisances sonores, abandon de déchets, intimidations, etc. Il s’agit de phénomènes de proximité, qui sont certes de faible portée et qui ne représentent pas toujours des urgences vitales, mais qui ont un impact sur la vie quotidienne des gens. On peut dire que ces professionnels veillent à ce qu’une certaine paix règne dans l’espace public. »

Comment se matérialisent concrètement les formations menant à ces métiers ?

« La formation est un enjeu important. À l’origine, ces métiers sont apparus de manière disparate, mais on sent qu’ils se professionnalisent. Il y a un réel développement de savoir-faire, d’expérience et d’expertise, notamment par le biais de la formation. Les publics de ces formations n’ont pas toujours suivi des études supérieures, mais les formations ne sont pas données comme des cours théoriques : elles sont interactives et pratiques, même dans des modules qui pourraient paraître plus austères, comme « droits et devoirs des gardiens de la paix ». À leur entrée en fonction, les gardiens de la paix suivent une formation certifiante d’une quinzaine de jours, avec des modules qui incluent la condition physique (car c’est un métier physiquement exigeant), l’interculturalité, la communication, la rédaction, la gestion de conflits, la défense physique et le secourisme. Quant aux agents constatateurs, leur formation initiale (également certifiante) s’étale sur environ sept jours et porte sur la législation, la rédaction de constats d’infractions, la gestion des conflits et le fonctionnement des services de police, avec un module optionnel sur les infractions routières.

De plus en plus, nous développons la formation continuée pour les différents agents de prévention et de sécurité au niveau local ou régional, notamment à l’initiative de la Région bruxelloise. Celle-ci a adopté un Plan Global de Sécurité et de Prévention pluriannuel, et elle met à disposition d’importantes ressources financières, ce qui permet notamment de proposer des formations gratuites, pour motiver les administrations à y inscrire leurs agents. Nous avons ainsi élaboré des formations pratiques sur les radicalismes violents, et d’autres formations thématiques sont en développement. Les compétences des agents sont donc de plus en plus approfondies, tout comme les attentes du citoyen, des pouvoirs publics et des autres partenaires à leur égard. Par ailleurs, les formations continuées peuvent être proposées à d’autres acteurs de la prévention et de la sécurité, comme par exemple les travailleurs sociaux de rue et les gardiens de parcs. »

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 Que pensez-vous de l’intégration de l’ERAP à la future structure Brusafe ?

«  L’apport de brusafe va être de deux ordres : sur le plan pédagogique, l’échange de bonnes idées, d’outils et de ressources avec les autres écoles va être renforcé ; et sur le plan de la chaîne des acteurs de la sécurité, de la prévention et du secours, je pense que brusafe va susciter un sentiment d’appartenance plus fort. Comme brusafe intègre la police, l’aide médicale urgente, les pompiers et la prévention/sécurité, cela ne peut que renforcer à long terme la coopération entre les différents métiers, voire une "culture" commune, même si cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique.»

Commune                                                                   

 Photo : Commune de Schaerbeek 

Aline

heng

Nous avons donc recueilli l’avis d’un formateur. Mais qu’en pensent à leur tour ceux qui vivent au plus près la réalité concrète de ces métiers au quotidien ?

« Mon métier, j’en suis fier. »

Aline & Heng, tous deux gardiens de parcs à la région bruxelloise (Bruxelles Environnement), s’expriment sur la réalité de leur métier et sur les motivations qui les animent au quotidien:

Aline : « La journée se déroule de façon assez diversifiée chaque jour mais les tâches principales consistent à ouvrir les parcs et à veiller aux infrastructures. Tout d’abord en effectuant des rondes, pour voir s’il y a eu des dégâts ou du vandalisme pendant la nuit. »

Heng : « Rencontrer les usagers, les orienter vers tel ou tel endroit, parler de la faune et la flore aussi. »

Aline : « Nous sommes là pour rappeler les règles des parcs de la région bruxelloise quand il le faut. Le sentiment que je ressens pour mon métier, c’est que je veux continuer à le faire. Nous sommes dans les parcs au quotidien, on assure le bien-être du parc et de ses utilisateurs. »

Heng : « Il n’y a pas de formation particulière pour le métier de gardien de parcs. Nous avons, surtout en hiver, des formations complémentaires, sur la gestion de conflits, la faune et la flore, des formations de secourisme aussi. Les qualités requises pour être gardien de parcs, c’est d’abord l’accueil, le vivre ensemble, être souriant et aller vers les usagers.»

Dorris

Dorris est éducatrice de rue dans la région de Bruxelles-Capitale : 

Dorris : « Je suis éducatrice de rue dans la région de Bruxelles-Capitale depuis à peu près 5 ans. On doit concentrer un maximum notre travail dans les rencontres de quartier. On se rend accessible au public. On essaie d’être un maximum en rue, dans les quartiers. On veut que le public nous voie au maximum comme une personne-relais. On est amené à travailler en collaboration avec divers corps de métiers qui sont aussi liés à la prévention, à la sécurité ou autre parce que notre outil de travail, c’est la mise en réseau. Comme on est une personne-relais, on est toujours en retrait. La personne reste au centre de son action. Elle peut nous faire toutes les confidences qu’elle veut. On n’a pas d’uniforme vu que l’idée c’est vraiment de garder une certaine confidentialité auprès des personnes. Quand je pense à mon travail, j’ai énormément de fierté, parce que je peux vous garantir que quand une personne sourit à la fin d’une écoute alors qu’elle était énervée et qu’elle a déversé tout un flot émotif, son sourire me donne des frissons. »

pascale

Pascale est agent constatateur dans la région de Bruxelles-Capitale : 

Pascale: « Je m’appelle Pascale, ça fait 5 ans que je travaille comme agent constatateur en région de Bruxelles-Capitale. Le métier d’agent constatateur consiste à relever toutes les incivilités reprises au règlement général de police. Il s’agit des dépôts clandestins, des actes de malpropreté, le tapage nocturne. En tant qu’agent constatateur, ma spécialité est la propreté publique. Chaque agent a une spécificité par rapport aux incivilités reprises dans le règlement général de police. Nous agissons d’abord de manière préventive, en essayant d’expliquer ce qui ne va pas. S’il y a récidive, nous dressons un PV. Il y a une formation de base à l’École d’administration publique (ERAP). Ensuite, on apprend surtout sur le terrain par les expériences et la transmission par les plus anciens. Être un bon agent constatateur, c’est être sur le terrain, à l’écoute, observer pour mieux comprendre le souci du terrain et pouvoir mieux intervenir. Il y a une certaine liberté dans ce métier. Il y a beaucoup de contacts. C’est vraiment un métier de communication. C’est une véritable école de la vie parce qu’on participe à la vie quotidienne de son quartier. »

 

 

Venez les rencontrer directement au Salon des Métiers de la Sécurité, de la Prévention et du Secours !

Quand ? Le samedi 17 NOVEMBRE 2018

Où ? Palais 10 - Heysel

à S’inscrire

à Retrouvez ici plus d’information sur les quatre écoles

Vous avez envie de travailler sur le terrain, de protéger les citoyens de votre région ?

L’ERAP prépare des formations à la demande des communes ou institutions. Si vous désirez effectuer un métier dans la prévention communale ou régionale, veuillez postuler via l’institution qui recrute ou via les offres d’emploi du SELOR. Plus d’information sur les formations données à l’ERAP (attention, ces formations sont données sur mesure via une demande d’une institution communale ou régionale)  www.erap-gsob.brussels