«Il faut exceller techniquement et communiquer parfaitement»

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 6 déc. 2019
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Energie

Le secteur de l’énergie connaît une pénurie de main-d’œuvre et fait face à de profonds changements, liés notamment à la transition énergétique et à la digitalisation. Le secteur exige aujourd’hui des candidats des compétences techniques poussées mais aussi une habileté à communiquer de manière irréprochable. Entretien.

Stéphane Bocqué est le responsable communication de la Febeg, la fédération des entreprises belges d’électricité et de gaz. Il nous explique ce qu’on attend des postulants.

Dans quel état se trouve actuellement le secteur de l’énergie en termes d’emploi?

Le secteur de l’énergie se porte bien, il emploie près de 7.850 personnes. Il faut aussi y ajouter les emplois indirects tels que les intérimaires, mais aussi le personnel de sous-traitants qui se chargent de manière périodique de la maintenance des sites de production d’électricité et de gaz, soit 22.000emplois. Mais notre secteur, comme beaucoup d’autres, n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre. Beaucoup de nos collaborateurs issus de la génération des baby-boomers partent progressivement à la retraite et il faut les remplacer. C’est d’autant plus marqué chez nous que le secteur de l’énergie offre des bonnes conditions d’emploi, ce qui implique que de nombreux travailleurs y restent jusqu’à la fin de leur carrière, le turnover est moins important dans notre secteur que dans d’autres. Résultat: de nombreux postes sont ou vont être vacants, spécifiquement en ce qui concerne les services techniques et informatiques.

Il y a un réel besoin de main-d’œuvre, mais les métiers du secteur de l’énergie ne figurent que très peu parmi la liste des métiers porteurs établie cette semaine par le Forem. Comment l’expliquer?

Je pense que cela s’explique principalement par le fait que les fonctions présentes dans notre secteur ne sont pas forcément estampillées «énergie». Si on prend l’exemple d’un fournisseur d’électricité, il a autant besoin d’électriciens et de techniciens en tout genre que d’informaticiens ou de personnes en charge de l’achat et de la vente de l’électricité. Notre secteur emploie une multitude de métiers qu’on n’assimile pas directement à l’énergie. Ils ont souvent des compétences relativement transversales qui peuvent être utilisées dans de nombreux secteurs simultanément.

Quels sont les défis de votre secteur en termes d’emploi?

Trouver des collaborateurs qui soient en phase avec les changements importants que rencontre actuellement notre secteur. Nous sommes en pleine transition écologique et on assiste à un changement de paradigme dans notre secteur. Alors que le métier des fournisseurs d’énergie se limitait autrefois à vendre de l’énergie, aujourd’hui leur nouvel horizon est de vendre des solutions d’efficience énergétique. Autrement dit d’aider les gens à consommer moins d’énergie. La digitalisation et l’avènement plus récent des compteurs intelligents ont aussi un impact important sur notre secteur, et forcément sur la formation attendue de nos collaborateurs. On attend des candidats aujourd’hui qu’ils excellent techniquement mais aussi qu’ils puissent communiquer parfaitement. Les compétences communicationnelles doivent être extrêmement développées en interne puisque les projets à gérer sont souvent complexes, mais nous exigeons également un bon contact clients. Nos collaborateurs doivent de plus en plus pouvoir leur donner des conseils.

Ces profils sont-ils faciles à recruter aujourd’hui?

Notre secteur est aussi concerné par la guerre des talents, donc ce n’est pas toujours évident. Tout le monde se bat pour les mêmes profils sur le marché de l’emploi. Mais je pense que les services RH et les services de recrutement de nos entreprises membres sont bien organisés et dimensionnés. Le marché du recrutement devient de plus en plus compétitif, mais je crois que nos membres parviennent tout de même à se distinguer. Ils multiplient les points de contact et parviennent à mettre en place des approches originales pour attirer les bons candidats. Maintenant il y a tout de même une tendance lourde dans notre secteur: si les entreprises ne trouvent pas des profils qui correspondent à 100% à leurs attentes au niveau technique, elles les engagent s’ils sont polyvalents et présentent une bonne capacité d’évolution. Elles investissent ensuite dans leur formation et peuvent les former spécifiquement en fonction de leurs besoins. La formation interne et continue se généralise au sein de la plupart de nos entreprises membres, tout comme la mobilité interne au sein de celles-ci.

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