« Je suis tombée amoureuse du bloc opératoire »

CHU UCL Namur

Portes closes, le bloc opératoire est un lieu qui demeure encore inconnu selon le personnel soignant. Mais à quoi ressemble-t-il ? Quel est le quotidien d’un/e infirmier(-e) qui y travaille ?

Alors qu’Alice Beaugnée, 26 ans, se prédestinait à devenir sage-femme, c’est lors de son dernier stage en bloc opératoire, qu’elle s’est rendue compte qu’elle voulait travailler dans ce service, et nulle part ailleurs. Aujourd’hui, elle exerce depuis un an au bloc opératoire sur le site hospitalier de Sainte-Elisabeth (Salzinnes) du CHU UCL Namur. « Je suis tombée amoureuse du bloc opératoire, maintenant que j’y travaille, je ne me vois pas faire autre chose. »

Et pour cause, ce qui l’a séduit dans ce métier, c’est la diversité de la profession : « Il y a plusieurs fonctions à endosser : soit on assiste l’anesthésiste et on l’aide pour l’intubation, soit on accompagne le chirurgien en lui passant les instruments.

Enfin, il y a aussi le rôle de l’infirmière circulante qui est le relais entre le stérile et le non-stérile: elle ouvre les instruments stériles pour les donner au chirurgien. » Pour Rémy Detaille, infirmier au bloc opératoire, l’apprentissage y est constant :

« chaque jour, on voit des nouvelles choses, aucun jour ne se ressemble. Il y a énormément de choses à apprendre. »

On le voit, il s’agit donc d’un milieu très varié où différentes disciplines convergent. L’interdisciplinarité est très importante dans ce métier et demande de l’adaptation. En effet, la technologie et les matériaux n’ont de cesse d’évoluer et requièrent « une remise à jour dans ses compétences que ce soit en chirurgie ou dans l’utilisation des matériaux », explique Alice Beaugnée.

 

Entre technicité et communication

Au-delà de la polyvalence, le métier d’infirmier en bloc opératoire exige une série de compétences techniques. Il faut faire preuve de dextérité dans tous les actes posés lors de l’opération : l’instrumentation, la mise en place d’une sonde médicale, d’une perfusion, etc. « La profession demande aussi de s’adapter à toutes les chirurgies et à tous les chirurgiens, chacun ayant ses propres habitudes et ses propres manières de fonctionner », détaille la jeune infirmière.

Rémy Detaille, quant à lui, a toujours aimé le côté technique du bloc opératoire, « faire des pansements » et maîtriser la stérilisation des instruments ont toujours été son dada. Tout comme Alice, il pointe l’importance d’évoluer constamment :

« Comme c’est un métier particulier, les infirmiers sont formés sur place et apprennent au fur et à mesure car ce qu’ils ont appris à l’école ne correspond pas à la réalité du terrain. Ils ont une formation d’environ un an pour pouvoir, à terme, tenir une salle au bloc opératoire. »

Cependant, outre l’expertise technique, la communication et la collaboration entre chaque membre du bloc opératoire sont tout aussi primordiales dans la profession, comme le constate Alice Beaugnée :

« Quand le chirurgien opère, nous sommes sa deuxième main. Nous sommes indispensables. Sans l’infirmière, le relais entre chirurgien et anesthésiste ne peut pas avoir lieu. » Pour Rémy, il faut une véritable synergie au sein du service :

« Chaque salle d’opération est un petit monde à part et tous ces mondes doivent communiquer pour que le bloc puisse tourner. Par exemple : si une salle prend plus de temps que prévu, il faut s’organiser pour continuer à opérer. »

 

« C’est un monde inconnu »

La bonne gestion du stress et de l’urgence ainsi que l’accompagnement du patient sont aussi des aspects très importants de la profession. « Même si le patient est endormi, nous sommes en contact avec lui à des moments cruciaux. Se faire opérer peut faire très peur. Il faut donc que le contact, même s’il est bref, soit intense et rassurant », complète la jeune infirmière.

Enfin, les deux infirmiers passionnés s’accordent pour dire que l’esprit d’équipe familial qui règne au bloc opératoire les pousse dans leurs actions quotidiennes. « Nous essayons d’avoir une bonne ambiance entre nous, chaque matin, nous nous retrouvons avant d’aller en salle. Hors Covid, nous organisons des événements et nous essayons de nous voir en dehors », indique Rémy Detaille.

Tout ceci ne peut être remarqué que si les intéressés acceptent de découvrir le bloc opératoire.

« C’est un monde qui demeure inconnu, personne ne sait exactement ce qu’on y fait. Il faut y entrer pour le découvrir, et souvent, après, on n’a plus envie d’en sortir », conclut l’infirmier.

 

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