«La crise nous a permis de réaliser que le télétravail était essentiel et attractif»

Date de publication: 28 sept. 2020
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L’Institut de pathologie et de génétique, implanté sur l’aéropôle de Gosselies depuis une dizaine d’années, assure chaque année 350.000 analyses spécialisées dans les domaines de l’anatomopathologie, la génétique humaine et la biologie moléculaire. Un Institut toujours à la pointe, y compris pendant la crise sanitaire.

L’Institut de pathologie et de génétique est le seul centre de génétique humaine non universitaire reconnu en Belgique. Il réalise quotidiennement des analyses médicales très spécialisées. «Tout d’abord dans le cadre d’un laboratoire d’anatomie pathologique, qui est une spécialité bouillonnante. Nous avons beaucoup de technologies intéressantes. Nous avons également un centre de génétique humaine, et enfin, un département de biologie moléculaire. Ce dernier réalise des analyses PCR et des analyses de séquençage, bien assisté par une équipe de bio-informaticiens, et dont le but est de réaliser des diagnostics complexes dans les maladies héréditaires mais aussi d’orienter les personnes atteintes de cancers vers des traitements ciblés», explique Jérémie Gras, directeur médical de l’IPG. 350 personnes travaillent pour l’Institut: secrétaires administratives, technologues, experts scientifiques, pathologistes, généticiens, etc. «Tous ont un rôle essentiel. Nos médecins généticiens sont très spécialisés.

Ils consultent pour l’IPG dans presque toute la Wallonie, de Tournai à Liège, de Bruxelles à Arlon. Parmi ces 350 personnes, une vingtaine travaille pour Bio.be, une société qui réalise des analyses pour des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques.»

Comme la majorité des organisations, l’IPG a dû lui aussi se réorganiser depuis le début de la crise sanitaire: «Notre service informatique a agi rapidement pour mettre énormément de monde en télétravail, ce qui représentait un gros challenge.» Un challenge non seulement relevé, mais qui a permis de pousser la réflexion sur ce mode de fonctionnement: «Le télétravail existait déjà chez nous, mais il n’était pas institutionnalisé. Pendant la crise, il a pu être mis en place auprès des secrétaires, des experts scientifiques et de notre cellule d’assurance qualité. Certains médecins ont également pu travailler grâce à la télémédecine. Tout cela a été fortement apprécié par les patients. La crise nous a permis d’accélérer notre réflexion au long cours, notamment sur la pathologie digitale, et de réaliser que le télétravail était essentiel. Il peut en effet contribuer à une bonne balance entre vie professionnelle et vie privée, pour autant que tout soit correctement encadré. Cela représente un facteur attractif et primordial pour certains médecins très spécialisés», poursuit Jérémie Gras.

20.000 tests PCR réalisés  depuis avril

Outre le défi du télétravail, l’IPG a également dû affronter celui des tests PCR. Des tests qui n’étaient pourtant pas à l’ordre du jour. «Nous avions la reconnaissance de l’Inami pour l’anatomie pathologique, la reconnaissance pour le centre de génétique humaine, mais pas l’agrément dont font partie les tests moléculaires proches du Covid. Toutefois, étant donné le capharnaüm dans les hôpitaux en mars pour obtenir des tests, et vu les difficultés rencontrées aux mois d’avril et de mai par notre institut en raison d’une baisse d’activité, et vu l’expertise de l’IPG en matière de PCR, nous avons eu l’autorisation (de Sciensano et de l’Inami) de mettre en place un laboratoire PCR Covid-19». Un laboratoire actif sept jours sur sept et dont le nombre d’analyses est en passe d’atteindre les 20.000 depuis le 14 avril. «Les équipes se sont rendues disponibles, et aussi les dimanches. Nous pouvons donc vivement les féliciter. Des personnes se sont également portées volontaires au lieu d’être placées en chômage économique. C’est un projet important et nous avons eu d’excellents retours en termes de contrôle externe. Les résultats sont communiqués à la cellule de traçage dans l’heure», se réjouit son directeur médical.

Mais comme dans les autres laboratoires du pays, la demande reste très élevée. L’IPG va donc devoir augmenter sa capacité de tests à la demande des hôpitaux. L’occasion pour lui de recruter. «Il n’y a pas que l’analyse, il y a aussi l’encodage des données patients. Nous recrutons donc actuellement trois profils administratifs, mais ce chiffre va certainement augmenter. La crise a montré l’intérêt des tests PCR et c’est dommage d’avoir dû attendre une pandémie pour que tout le monde s’en rende compte, y compris nos dirigeants.» Pour Jérémie Gras, pas de doute, le monde politique doit absolument financer l’innovation: «Cela fait 10 ans que l’on connaît l’importance de ces tests. Et nous en aurons besoin dans le futur pour d’autres pathologies.

Personne ne s’en est jamais trop préoccupé. Maintenant, on est bien ennuyé, car on n’a pas encore suffisamment de capacités de diagnostic en Belgique», conclut-il.

Mélodie Voué

Jérémie Gras

Jérémie Gras,

directeur médical de l’IPG.

ipg

L’Institut de pathologie et de génétique (IPG) est le seul centre de génétique humaine non universitaire reconnu en Belgique.