« Le jeu vidéo, c’est un truc de mordus »

Le monde des jeux vidéo monte en gamme en Belgique.  Cette évolution, portée  par plusieurs formations, crée une génération de travailleurs parfaitement armés pour  les défis de la révolution numérique. 

D’ici le 16 mars, Technocité débutera sa formation « jeux vidéo et transmédia ». Un module qu’ils proposent depuis plusieurs années et qui attire, à chaque occasion, des passionnés du secteur. C’est que le jeu vidéo fait son trou en Belgique et des opportunités de carrière y naissent chez des travailleurs qui, auparavant, auraient fui à l’étranger pour faire carrière .

« Cette formation dure cinq mois. Il s’agit d’une formule qui mêle des étudiants avec une vision plus artistique et des développeurs. On leur apprend comment fonctionne l’industrie du jeu vidéo, le game design… Certains cours ont lieu en deux groupes distincts. Ils sont rassemblés pour d’autres cours », explique Amélie Kestermans, en charge des formations chez Technocité. La pratique y est mise en avant : « C’est la philosophie de cette formation. Et cela se ressent notamment dans le travail de fin d’année puisque les étudiants doivent présenter un jeu. Cette année, le projet consistera à mettre en place une application ludique ou un jeu autour de l’exposition de David LaChapelle qui a lieu à Mons. »

Car l’un des atouts des personnes formées dans ce secteur réside dans leur polyvalence. Si l’image du jeu vidéo sous-entend manette de console et clavier d’ordinateur, un nombre non négligeable d’étudiants s’engage dans des projets plus variés.

« En soi, la pénurie de développeurs ne dure que depuis trente ans , sourit Jacques Houard, directeur de la Haute Ecole Albert Jacquard, la seule à proposer en Wallonie une formation sur plusieurs années dans ce secteur. Avec la généralisation des smartphones, nos étudiants sont pris dans des projets plus variés et conçus pour des supports plus légers. »

> Voir aussi : La révolution numérique nous menace-t-elle ?

Un secteur qui passionne

Chaque année, la haute école accueille entre 30 et 40 étudiants. Un nombre qui pourrait encore grimper, vu la demande, mais que limite la taille des locaux disponibles. C’est que le secteur passionne. « La discipline n’est certainement pas un problème dans ces classes… Il s’agit de passionnés qui ont fait le choix d’être en classe et qui sont donc attentifs. Par contre, il faut arriver à gérer ceux qui rêvent plus que ce dont ils sont capables », souligne le directeur.

L’écho est le même chez Technocité : « C’est impressionnant la motivation que ces formations génèrent auprès des étudiants. Ce sont de vrais mordus. Souvent, les pauses n’en ont que le nom : pendant celles-ci, ils continuent à travailler sur les matières qu’on leur enseigne au cours. »

Et comment se déroule la transition en entreprise ? Fabrice Daniel, project manager chez Fishing Cactus, nous donne son avis : « L’adage C’est en forgeant que l’on devient forgeron sied parfaitement à notre industrie. De mon point de vue, l’essentiel est de faire le plus d’erreurs possible, le plus rapidement possible. Pas besoin de développer de gros jeux pour cela, certains événements favorisent le fait de développer un projet original sur des délais courts, avec une équipe souvent montée sur le tas, je pense notamment aux game jams , un week-end pour développer un jeu. Démultiplier ce type d’événements est une excellente entrée en matière et souvent l’occasion de rencontrer d’autres passionnés : les histoires de studios qui se sont lancés en sortie de ces week-ends sont nombreuses. »

Si les structures ne sont pas encore suffisamment grandes pour générer d’importantes quantités d’emploi, elles sont en expansion constante. Sans compter le système de formation mis en place. Agrandissement d’équipes en vue dans le jeu vidéo dans les prochaines années.

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