« Notre public est souvent hyper motivé »

Rédigé par: Laurence Briquet
Date de publication: 10 déc. 2021
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Engager une personne déficiente visuelle, de plus en plus d’entreprises franchissent le pas et ça présente pas mal d’avantages…

Depuis 100 ans, « La Lumière », à Liège, a pour mission d’offrir aux personnes déficientes visuelles l’encadrement médico-social qui leur permet de trouver l’autonomie, l’inclusion sociale et la citoyenneté. 

Ses actions s’adressent à tous les publics, de la plus petite enfance aux seniors, et visent également à l’épanouissement des personnes déficientes de la vue en organisant de multiples activités et animations culturelles. 

Cela passe également par une aide à la recherche d’emploi, à une réorientation ou au maintien de l’emploi, « Nous avons environ 25 personnes qui sont suivies actuellement », explique Maryvonne Wéry, assistante sociale et coordinatrice de la Cellule Socio-Professionnelle (CSP). 

« Ces personnes bénéficient d’un accompagnement socio-professionnel puis, souvent, c’est au moment de ‘’réseauter’’ et d’entrer en lien avec l’entreprise que ça reste compliqué. Un sociologue a dit que ce qu’il faut, c’est trouver des entreprises « socialement capables » et c’est bien vrai. Or, parfois, il ne manque pas grand-chose pour que ça fonctionne ». 

Maryvonne Wéry

Maryvonne Wéry, assistante sociale et coordinatrice de la Cellule Socio-Professionnelle (CSP)

Grande motivation 

La cellule d’accompagnement de La Lumière commence d’ailleurs à être connue et reconnue à l’extérieur. Elle a, par exemple, signé, le mois dernier une convention de collaboration avec le Forem et plus particulièrement avec le service des conseillers. Le public accompagné, lui, se distingue par sa grande motivation. « Ce sont généralement des personnes qui veulent travailler et qui connaissent déjà les adaptations dont elles ont besoin. Et nous pouvons aider, si l’entreprise ou le candidat le souhaite, pour les démarches en vue d’obtenir des aides, que ce soit les primes AViq ou l’adaptation du poste de travail », poursuit Line Brasseur. 

Accueillir dans son entreprise un travailleur déficient visuel, ça peut effrayer certains employeurs mais La Lumière souhaite dédramatiser cela. Est-ce un atout pour une entreprise d’accueillir une personne déficiente visuelle en son sein ? « Nous, ce qu’on souhaite avant tout, c’est l’inclusion, à savoir que cette personne soit intégrée au même titre que les autres travailleurs », note encore Maryvonne Wéry. « On préfère travailler sur la plus-value que peut apporter la personne qui est souvent hyper organisée, créative, comme elle doit l’être dans la vie quotidienne et qui fait preuve de volonté et de résilience ». 

Cellule socio professionnelle

De la déficience à l’efficience 

« Notre leitmotiv, c’est vraiment de passer de la déficience à l’efficience. Nous voulons développer leur pouvoir d’agir et les accompagner, notamment dans leur réflexion par rapport à ce qui serait bien pour eux ». 

Parmi les partenariats, on épinglera le Duoday avec l’Aviq qui fait qu’un stagiaire déficient visuel est accompagné pour une découverte « entreprise » ou encore la collaboration avec le Fonds Vinci qui aide notamment à la préparation à l’embauche. 

La cellule a accompagné des candidats qui ont signé un contrat, par exemple, une fiscaliste engagée dans une grosse entreprise de Bruxelles, une masseuse dans un centre de bien-être à Liège, un comptable au SPF finances, un ouvrier en ETA, un notaire pour l’adaptation de son poste de travail… 

Pour l’heure, plusieurs personnes déficientes visuelles sont à la recherche d’un job, par l’intermédiaire de La Lumière. « Nous avons, par exemple, deux ouvriers de production, deux agents administratifs secrétaires agent d’accueil mais aussi un commercial qui parle 6 langues (dont le français, l’anglais et le portugais couramment) et qui serait, par exemple, très bien dans l’hôtellerie ou l’organisation d’événements ou encore un assistant en psychologie », conclut Maryvonne Wéry. 

Laurence BRIQUET