«Réaliser que la pause par choix sera encore plus agréable»

Rédigé par: Lucie Hermant
Date de publication: 14 janv. 2019
Catégorie:

Chantal

Les trucs et astuces pour arrêter de fumer inondent les sites internet et les magazines grand public. Mais sont-ils vraiment efficaces?

Qu’en pense la docteure Chantal Goffaux, psychologue et tabacologue au Centre hospitalier du Bois de l’Abbaye et de Hesbaye? On constate qu’il y a de moins en moins de fumeurs. Une baisse lente mais certaine. Qu’est-ce qui incite de plus en plus de fumeurs à décider de ne plus être dépendants de la cigarette?

«C’est comme tout effet marketing, le tabac perd de son côté sexy. Il y a eu un pic dans les années 1960-1970, et comme toutes les modes marketing, ça diminue. Je pense que le tabac ne fait pas exception. Et puis, il y a également de plus en plus d’informations sur les différentes conséquences nocives du tabac sur la santé, la peau, les parfums, les ongles… L’image de la cigarette est aussi nettement moins cool pour les jeunes adolescents que ça n’était le cas dans les années 1980 et 1990. Enfin, le fait d’interdire la cigarette dans les lieux publics est une fameuse restriction, ça rend le fait de fumer nettement moins confortable, moins glamour et socialement excluant. La cigarette devient plus difficile et moins sexy pour les jeunes.»

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Est-ce que le milieu professionnel est un obstacle important pour les fumeurs qui tentent d’arrêter, à l’instar du couple?

«Au niveau individuel, ça dépend des collègues et des gens qu’on apprécie: sont-ils fumeurs ou non? En ce qui concerne la fameuse pause clope de 10h, c’est quelque chose qu’il faut anticiper. La différence entre un fumeur et un non-fumeur, c’est que celui qui n’est pas dépendant prendra sa pause à l’extérieur, quand les collègues qu’on apprécie sont dehors et que la météo est agréable. Les fumeurs, par contre, n’ont pas le choix: ils doivent sortir par "besoin" de fumer. Quand on arrête la cigarette, on récupère le choix, la liberté de décider quand on sort et quand on prend une pause.»

Quand on décide d’arrêter de fumer, est-ce que l’habitude de cette pause cigarette n’est pas un frein pour atteindre son objectif?

«Si pour ces personnes, la pause clope est une situation risquée, il faudra l’éviter tant que ce sera difficile. Et puis, petit à petit, on peut commencer à s’y exposer et se rendre compte que la pause par choix sera encore plus agréable. Il y a évidemment un risque que l’envie de fumer revienne, mais on pourra résister. C’est ce point qu’on travaille en séances avec un tabacologue: les méthodes de pleine conscience, reconnaître que l’envie est là, l’accepter et la surmonter. Tout le travail est dans l’acceptation: j’accepte que j’ai envie de fumer, c’est désagréable mais ce n’est pas douloureux et ce n’est que passager. Tous les fumeurs passent par là. C’est une étape vers la libération et le changement de comportement.»

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