« Talentum Liège », salon porteur de nombreuses opportunités

Rédigé par: Benoît JULY
Date de publication: 17 nov. 2022
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Rendez-vous incontournable du marché de l’emploi à Liège, le salon Talentum s’y déroulera ce 17 novembre dans un environnement conjoncturel contrasté. Mais recelant toujours, cependant, de nombreuses opportunités.

Alors que se profile le salon de l’emploi Talentum Liège, qui s’y déroulera ce jeudi 17 novembre au Country Hall, les personnes en quête d’un emploi, d’un nouveau job ou d’une reconversion sont bien en droit de s’interroger. Les perspectives, réjouissantes il y a un an à peine, se sont en effet singulièrement assombries : crise de l’énergie, inflation et indexation, entre autres, forment désormais un cocktail indigeste aux yeux d’un nombre croissant d’employeurs…

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Salon de l'emploi Talentum Liège

« Les perspectives se sont assombries, certes, mais cela ne veut as pour autant dire qu’il n’y a plus d’opportunités, que du contraire », relativise Éric Demaret, directeur territorial du Forem pour la région de Liège, Huy et Verviers. « Nous ne sommes évidemment pas aveugles vis-à-vis de ce qui se passe actuellement, mais les remontées du terrain ne sont pas affolantes pour l’instant/: de nombreuses entreprises continuent de recruter, des job days continuent d’être organisés, la dynamique demeure sur le marché de l’emploi. »

Certains secteurs sont, certes, plus touchés que d’autres par l’affaiblissement de la conjoncture. C’est le cas en particulier de l’horeca qui, ayant repris des couleurs à l’issue d’une crise sanitaire qui avait été dévastatrice, est aujourd’hui à nouveau en retrait, victime de la double peine de la hausse du coût de l’énergie et de la baisse du pouvoir d’achat. Quoique toujours ouvert aux recrutements, le secteur du transport de la logistique voit, quant à lui, son enthousiasme quelque peu s’éroder.

« Globalement, le marché reste porteur, en particulier bien évidemment dans les secteurs les plus affectés par la pénurie de personnel et la persistance de fonctions critiques », poursuit Éric Demaret. « Parmi ces secteurs figurent les soins de santé bien évidemment où le personnel infirmier est toujours aussi compliqué à recruter. Les profils techniques et les compétences numériques sont eux aussi, et plus que jamais, activement recherchés. »

Quid de la construction ? Elle continue de surfer sur les carnets de commandes engrangés pendant la reprise post-covid, ses activités ayant aussi et malheureusement été dopées, en région liégeoise, par les dramatiques inondations de l’été 2021. De sorte que les pénuries y sont aussi, encore et toujours, à l’ordre du jour.

« Ces pénuries structurelles constituent un problème récurrent, mais nous constatons que certains outils que nous avons mis en place fonctionnent bien », constate le directeur territorial. Parmi ceux-ci, les fameuses opérations « Coup de poing pénuries » par le biais desquelles des demandeurs d’emploi sont spécifiquement formés pour répondre aux besoins identifiés d’une ou plusieurs entreprises.

« Le grand intérêt de la formule, du point de vue du demandeur d’emploi, c’est que le recruteur est d’emblée identifié, avec une promesse d’emploi à l’issue de la formation », assure Éric Demaret. « C’est évidemment particulièrement motivant d’entrer en formation en sachant qu’il y a un emploi à la clé. » Du point de vue du recruteur, l’intérêt réside dans le fait d’être assuré de bénéficier des profils recherchés, à la sélection desquels l’entreprise a d’ailleurs collaboré avant l’entrée en formation, et à la formation desquels elle collabore elle aussi activement.

« La spécialisation sectorielle de nos conseillers va leur permettre d’accompagner les demandeurs d’emploi de manière plus personnalisée, en identifiant plus finement les personnes qui ne disposent que d’une partie des qualifications requises pour travailler dans le secteur et sont dès lors susceptibles d’entrer dans un parcours de formation pour les acquérir » 

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Eric Demaret, directeur territorial du Forem pour lé région de Liège, Huy et Verviers

Si la formule fonctionne donc, elle n’est est pas pour autant miraculeuse. D’abord, parce que toutes les entreprises ne la connaissent pas encore, ensuite parce qu’elle est énergivore et demande la mobilisation de moyens importants, qui ne sont pas toujours à disposition.

Dans une province où plus de 40/% des demandeurs d’emploi n’ont quasiment aucune qualification, car limitée au secondaire inférieur, le fait que certains employeurs, confrontés à la pénurie de main-d’œuvre, acceptent de se tourner vers de tels profils en envisageant, le cas échéant, de s’investir dans leur formation, n’en constitue pas moins une bonne nouvelle. Pour autant, bien entendu, que les personnes concernées acceptent de s’inscrire dans un tel parcours.

« Les perspectives se sont assombries, certes, mais cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’y a plus d’opportunités, que du contraire. Globalement, le marché reste porteur, en particulier bien évidemment dans les secteurs les plus affectés par la pénurie de personnel et la persistance de fonctions critiques »

Tout comme Thierry Castagne, à la tête du centre de compétence Technifutur dont on lira les propos par ailleurs, ou d’autres acteurs de la formation, Éric Demaret voit dès lors dans la réforme de l’accompagnement des demandeurs d’emploi une véritable opportunité.

« La spécialisation sectorielle de nos conseillers va leur permettre d’accompagner les demandeurs d’emploi de manière plus personnalisée, en identifiant plus finement les personnes qui ne disposent que d’une partie des qualifications requises pour travailler dans le secteur et sont dès lors susceptibles d’entrer dans un parcours de formation pour les acquérir. »

Ce focus sur la formation est d’autant plus important que les besoins sont réels, mais finalement pas si compliqués à combler. Les formations concernées, qui sont donc susceptibles de doper fortement la chance de décrocher un emploi, sont de courte durée. « On peut former relativement rapidement un opérateur de production, par exemple », constate notre interlocuteur. « Or, ce sont de tels profils dont manquent aussi cruellement les industriels, qu’ils soient actifs dans la pharma, l’industrie technologique ou l’alimentaire, notamment. »