« Un potentiel de progression gigantesque »

Philippe Honhon

Philippe Honhon : « Pour remettre 10.000 smartphones à neuf, 8 emplois sont créés. »

Aujourd’hui, Back2Buzz reconditionne annuellement entre 20.000 et 25.000 téléphones. Si tout le monde joue le jeu, le potentiel de gestion de l’entreprise la hulpoise pourrait être de 500.000 téléphones.

Philippe Honhon est cofondateur et co-CEO de Back2Buzz, créée en 2016 et spécialisée dans la remise à neuf de smartphones. Aujourd’hui, l’entreprise la hulpoise reconditionne annuellement entre 20.000 et 25.000 téléphones. Si tout le monde joue le jeu, son potentiel de gestion pourrait être de 500.000 téléphones.

Quel est l’avantage écologique de cette solution ?

On est la seule société au monde à reconditionner des téléphones, couplés à des accessoires biodégradables comme des coques 100 % biodégradables produites à base de PLA, c’est-à-dire d’acide polylactique issu de l’amidon de maïs, mais aussi à une proposition de « Buy Back », soit le rachat de votre téléphone en fin de vie. C’est un progiciel interactif qui va permettre de déterminer la valeur exacte de l’appareil. C’est donc un moyen éco-efficace de réduire les déchets électroniques. Evidemment, la société a une vocation commerciale, mais elle a aussi une fonction écologique. Aujourd’hui, acheter un téléphone Back2Buzz, c’est épargner 23 kg de CO2 par smartphone reconditionné et les 82 kg de matières premières nécessaires à la fabrication d’un appareil neuf qui ne pèse que 200 grammes. Ça permet aussi à deux enfants d’Afrique centrale de ne pas devoir aller dans les mines pendant deux jours. Mon associé et moi, arrivés à la cinquantaine, avons souhaité monter un projet qui, au-delà de sa valeur économique, avait aussi une valeur sociale et humaine.

Combien de personnes occupe Back2Buzz ?

L’entreprise est composée de deux entités et compte une trentaine de salariés et salariées. La première entité, qui occupe environ 60 % du personnel de l’entreprise, est active dans le reconditionnement de smartphones et dans le 8développement d’accessoires biodégradables. C’est grâce à cette activité qu’on a obtenu le label Solar Impulse.

Quels sont les profils des personnes qui travaillent pour vous ?

40 % du personnel sont constitués de profils administratifs au sens large du terme, dans la comptabilité, dans le traitement des commandes et dans la logistique. 40 % sont consacrés aux services techniques et annexes. Et les 20 % restants sont constitués du personnel de direction et de la partie commerciale et marketing.

Y a-t-il un potentiel de croissance ?

On traite annuellement entre 20.000 et 25.000 téléphones. Si tout le monde joue le jeu, notre potentiel de gestion est de 500.000 téléphones. C’est un potentiel de progression gigantesque. C’est un marché peu ou pas connu, mais c’est aussi quelque chose d’énorme en termes de capacité de création d’emplois, y compris d’emplois qualifiés. Pour remettre 10.000 smartphones à neuf, 8 emplois sont créés. Consommer moins ne représente pas un appauvrissement, mais un enrichissement. On estime qu’un investisseur belge ou étranger qui mettrait 5 millions dans l’entreprise permettrait de créer 40 emplois et favoriserait l’émergence d’un pôle belge de recyclage.

Qui sont vos clients ?

Il y a trois typologies de clients. D’abord, le B2B. On est le partenaire worldwide d’AXA et on travaille avec des sociétés du secteur des banques et assurances, ainsi qu’avec une société de dépannage de voitures… Ensuite, dans chaque pays, on a choisi un opérateur téléphonique auquel on fournit les appareils reconditionnés qui lui servent à attirer de nouveaux abonnés. En Belgique, on travaille avec Orange. Enfin, le troisième débouché, vital pour une activité comme la nôtre, est celui des places de marché, telles que Back Market et consorts. Bien sûr, elles n’ont pas de valeur sociale au regard de notre objectif initial, mais elles nous permettent de liquider les stocks. Les gros industriels ont compris avant tout le monde l’intérêt de reconditionner des appareils en fin de vie et y ont flairé un marché 8juteux. Une entreprise à vocation écologique doit à tout le moins être rentable. A côté de la vente de téléphones, il y a toute la question de téléphones qui dorment dans des tiroirs et qui ne seront pas revendus, mais pour lesquels on pourra prolonger la durée de vie avec une nouvelle batterie, avec un nettoyage, etc. L’obsolescence programmée n’est pas une fatalité !

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