11 700 emplois vacants dans les TIC

Disséminés dans tous les secteurs, les digital experts sont plus que jamais courtisés et choyés par les employeurs. L’importance stratégique des systèmes informatiques, notamment mobiles, prévaut pour les Business Consultants et la catégorie « développeurs ».

Des architectes ICT, des Business Consultants, des développeurs de logiciels, des Project Managers, des créateurs web... Avec près de 8 000 fonctions TIC non satisfaites en Flandre, 2 000 à 3 000 fonctions ouvertes en Région bruxelloise et 1 000 à 1 500 en Région wallonne, la demande d’experts numériques bat des records sur le marché de l’emploi. Selon la dernière enquête d’Agoria, la fédération de l’industrie technologique, les Business Consultants arrivent en tête de la liste des fonctions en pénurie (avec 3 472 postes vacants), suivis des développeurs de solutions et d’applications (1 853) et des spécialistes des opérations et de maintenance (1 051). Malgré les remous, l’économie reprend. Les entreprises et les pouvoirs publics se réorganisent et cherchent plus d’efficience, notamment à travers une informatisation poussée, explique Bauduin Corlùy, directeur d’Agoria ICT. Le nombre d'offres d'emploi dans ce secteur ne cesse de croître, mais il y a un déséquilibre structurel entre la demande et l'offre de profils TIC, regrette-t-il. Conséquence directe de cette pénurie : 10 % à 20 % des services TIC sont sous-traités. Y compris à l’étranger, en Europe de l’Est ou en Asie.

Digital experts ? L’image de l’informaticien rivé devant son clavier à rédiger des codes cède le pas devant une perception plus réaliste : les digital experts élaborent des sites web, travaillent sur les réseaux sociaux, effectuent des missions qui leur font rencontrer des clients très différents. Les technologies digitales irriguent toute la société, constate Bauduin Corlùy, qu’il s’agisse d’informatiser une ligne de production ou d’installer un scanner dans un hôpital, qu’il s’agisse d’implémenter un système de gestion de clients chez un distributeur ou travailler à la communication d’une entreprise pharmaceutique, les digital experts sont disséminés dans tous les secteurs. Y compris dans l’industrie, qui s’est depuis longtemps tournée vers des productions à fort contenu technologique. Mais au rythme des évolutions du marché, les métiers se teintent de nouvelles compétences.

Avec la montée en puissance du cloud et du Saas, on voit également apparaître de nouveaux postes comme ceux d’ingénieur cloud et virtualisation. Les fournisseurs recherchent aussi des responsables de datacenter, des urbanistes SI qui, face à la complexification de l’infrastructure informatique, deviennent les garants de l’évolution du système d’information, de sa fiabilité et de sa sécurité. Les digital experts, ce ne sont plus seulement des ingénieurs ou des informaticiens : ils doivent combiner leur savoir technologique avec des notions de business et d’économie et, dans notre cas, de… sociologie, explique Wilfried Baeten, CEO de Centix et Business Line Director Projects & Consulting chez Econocom. Dans cette unité dédiée à la virtualisation des postes de travail, cinq à dix postes de Business & Solution Architects restent à pourvoir. Nous cherchons des gens qui connaissent la technologie, mais qui peuvent aussi évaluer les risques et traduire les besoins du client en termes de coûts, précise Wilfried Baeten. En pleine croissance, Econocom espère embaucher 100 personnes dans le Benelux d’ici la fin de l’année.

Autre phénomène du moment, le Big Data. De plus en plus d’entreprises font appel à des spécialistes pour gérer et exploiter leurs données, qu’il s’agisse de postes de Data Miner, de Data Analyst ou de Data Scientist. Enfin, la problématique de la sécurité est devenue un enjeu majeur, notamment pour les activités liées au web comme l’e-commerce et les transactions bancaires. Ici aussi, les embauches pleuvent : le bancassureur AXA prévoit d’engager 100 collaborateurs pour répondre à la numérisation croissante de ses services.

Les informaticiens ont également droit à un traitement de faveur côté salarial. Là où leurs rémunérations étaient jadis calquées sur des barèmes généraux, par type de responsabilité ou de qualification, les fonctions IT font désormais l'objet d'un benchmarking spécifique, seule garantie pour proposer des packages compétitifs sur un segment du marché du travail très dynamique.

Une pénurie continentale

Pour les employeurs, la pénurie de profils STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics) constitue un risque de ralentissement économique. Cette année, moins de 3 000 jeunes seront diplômés dans les métiers de l’informatique et l’ingénierie, constate André Bouffioux, CEO de Siemens Belgique. Or, nous embauchons 80 à 110 ingénieurs par an. Mais à l’échelle européenne, nos besoins portent sur 50 000 ingénieurs. De part et d’autre du Vieux Continent, les chefs d’entreprises sonnent l’alarme : face aux bataillons de 400 000 ingénieurs diplômés chaque année en Chine et 100 000 en Inde, l’Europe est à la traîne. Rien qu’en Allemagne, la pénurie d’ingénieurs se chiffre à 70 000 postes, selon la VDI, l’association des ingénieurs allemands.

À ce phénomène vient se greffer un autre : alors que la population européenne vieillit, l'« obsolescence des compétences » est appelée à prendre de l'importance. Dans les nouvelles technologies, l’accélération de la demande en matière de qualifications s’accentue. Certains métiers, même au sein de l’informatique, disparaissent. Les séniors, mais aussi les travailleurs les plus éduqués doivent pouvoir se réorienter rapidement, estime Bauduin Corlùy. La nécessité de former le personnel de manière continue se fait dès lors pressante. La formation des demandeurs d’emploi aux TIC doit aussi être une priorité, conclut Agoria.

Entre 2 000 € et 5 000 €

C’est le salaire mensuel brut d’un analyste business ICT, auquel s’ajoutent des packages extralégaux. Son rôle est de jouer les intermédiaires entre le client et les professionnels de l’informatique. Concrètement, il doit comprendre et traduire les besoins des intervenants afin d’identifier une solution informatique qui visera à augmenter l’efficacité de l’entreprise.

3 800 €

C’est le salaire de départ d’un responsable de la sécurité informatique. Après quinze années d’expérience, il peut dépasser 80 000 € brut par an. Qui recrute ? Les entreprises de plus de 1 000 salariés, celles dont les données sont sensibles (banque, finance, assurance…). Une expérience de cinq ans est souvent exigée.

Entre 50 000 € à 65 000 €

Le salaire d’un consultant digital dépend de la mission et de l’entreprise cliente. Apparu il y a trois ans avec l’essor des smartphones et des tablettes, ce métier est devenu incontournable. Le consultant digital propose des solutions (création d’un site, d’applications mobiles, présence sur les réseaux sociaux…) et participe à leur mise en place.

160 000

Quelque 160 000 personnes occupent aujourd’hui une fonction TIC dans notre pays, représentant un large éventail de fonctions : programmeurs, analystes, consultants, techniciens PC, gestionnaires d’infrastructures, web designers, etc.

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