15 pays où les femmes ne peuvent travailler sans l’accord de leur mari

Depuis 50 ans, les droits des femmes ont grandement progressé à travers le monde. Mais il reste encore quelques zones d’ombre. Celles-ci se situent principalement au Moyen-Orient et en Afrique. En tout, 1,6 milliard de femmes vivent encore dans des économies qui restreignent leur droit au travail.

La Banque mondiale vient de publier le rapport Femmes, les affaires et le droit : lever les obstacles au renforcement de l’égalité hommes-femmes. Dans ce rapport, 143 pays sont étudiés (l’ONU en compte 193).

Dans pas moins de 29 pays, la loi fait automatiquement des hommes les « chefs de famille » qui ont le contrôle des décisions cruciales sur les finances du ménage, le choix du domicile ou l’obtention de documents officiels. Et dans 15 pays, le mari a le droit d’autoriser ou non sa femme à travailler.

15 pays où les femmes ne peuvent travailler sans la permission de leur mari :

  • Cameroun
  • Tchad
  • RD Congo
  • Gabon
  • Guinée
  • Mauritanie
  • Niger
  • Soudan
  • Iran
  • Syrie
  • Bolivie
  • Cisjordanie & Gaza
  • Emirats Arabes Unis
  • Koweit
  • Jordanie

Par ailleurs, 79 pays restreignent le type de travail que peuvent exercer les femmes. En Russie, on a par exemple interdit 456 professions aux femmes : elles ne peuvent en effet pas conduire d’engins agricoles ou de bulldozers, ni devenir aiguilleur de train ou plombier. En Biélorussie, elles ne peuvent pas devenir menuisier. Au Kazakhstan, elles ne peuvent pas souder ou conduire s’il neige…

Quant à la situation en Arabie Saoudite, elle est alarmante : les femmes mariées ne peuvent ni ouvrir un compte bancaire, ni voyager, ni conduire, ni même subir une intervention chirurgicale sans l’autorisation de leur mari. De plus, le droit de vote y est toujours interdit pour les femmes. Les Saoudiennes l’obtiendront en 2015.

Progrès ou régression

Si la situation s’améliore à certains endroits du globe, comme en Côte d’Ivoire ou au Mali où les femmes peuvent travailler sans l’accord de leur mari depuis 2013, d’autres pays régressent dans le domaine des droits des femmes. Ainsi, le Yémen a retiré les lois anti-discriminations de sa constitution en 1994. L’Iran a supprimé les lois de protection des femmes acquises en 1975 dès 1979. Et en Egypte, la récente réforme de la constitution des Frères Musulmans a également supprimé le principe de non-discrimination. Il s'agit pour ces pays d'une dangereuse "marche arrière" concernant les droits humains.

Et en Europe ?

Si la Belgique a autorisé les femmes à voter pour les élections communales en 1919, elles auront seulement le droit de vote complet en 1948. La Banque nationale rappelle d’ailleurs qu’en Espagne et en Suisse, il n’était pas possible pour une femme de se pourvoir en justice sans l’accord de leur mari jusqu’en respectivement 1981 et 1984.

Source : banquemondiale.org

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