65.000 ingénieurs et techniciens nécessaires d’ici 2030

Rédigé par: Pauline Martial
Date de publication: 16 mars 2021
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métiers techniques et ingénieurs

Les ingénieurs et techniciens figureront toujours en tête du palmarès des métiers porteurs dans le monde post-coronavirus, selon Agoria. Quelque 6.500 devraient être recrutés chaque année au cours de la prochaine décennie.

Trois cent huit mille, c’est le nombre d’emplois qui devraient être créés d’ici 2030, d’après l’étude «Be the Change» menée par Agoria, sur base notamment de l’évolution économique prévue par la Banque nationale et le bureau du plan. Selon cette même analyse, 70% de la croissance de demande d’emploi devraient être principalement imputés à quatre profils. Parmi ceux-ci, on retrouve les soignants tels que les infirmiers, médecines ou psychologues, mais aussi les experts numériques et les talents actifs dans le secteur de la vente et des services.

En tête de ce palmarès, figurent sans surprise les ingénieurs et techniciens. Ces prévisions sont cartographiées dans des conditions économiques «normales». La crise sanitaire risque-t-elle donc de changer la donne? Les ingénieurs et techniciens ont-ils du souci à se faire? Pas forcément, à en croire Jeroen Franssen, expert marché du travail chez Agoria: «Les métiers techniques et de l’ingénierie resteront porteurs, tout simplement parce qu’ils sont aujourd’hui présents dans tous les aspects de notre société. Ce sont des profils clés dans un monde qui s’accélère, où les changements et développements sont perpétuels. On estime qu’environ 65.000 ingénieurs et techniciens, tous secteurs confondus, seront nécessaires au bon fonctionnement de notre économie au cours des dix années à venir. Cela signifie qu’il va falloir embaucher entre 6.500 et 7.000 talents chaque année.

 

Des sous-secteurs bouleversés

L’énergie, la construction, le transport et la logistique, mais aussi l’industrie technologique et les services aux entreprises constituent les secteurs qui absorbent le plus d’ingénieurs et techniciens. Et s’ils devraient continuer à drainer ces profils tant recherchés, «des bouleversements sont tout de même à observer dans certains sous-secteurs, à l’image de l’aéronautique», reconnaît l’expert d’Agoria, «Le futur de ce secteur sera certainement différent de celui initialement prévu. Mais les ingénieurs et techniciens occuperont malgré tout un rôle important car ils vont devoir chercher et réinventer leur business.»

En ce sens, la crise sanitaire aurait accéléré l’apparition d’un clivage entre les entreprises des secteurs touchés par la crise. «Dans certains sous-secteurs, les activités ont tellement changé qu’il est devenu indispensable d’investir dans la recherche et le développement. Ceux qui ont les moyens continuent d’investir massivement dans l’ingénierie pour se préparer à de nouveaux business modèles. Mais les acteurs qui ont peut-être moins de réserves financières risquent, eux, de ne pas pouvoir faire de même, au risque de se faire distancer. Un fossé pourrait bel et bien apparaître entre les différentes entreprises d’un même sous-secteur», estime Jeroen Franssen.

 

L’opérateur de moins en moins indispensable

Un autre changement important devrait marquer les dix prochaines années des secteurs qui emploient les ingénieurs et techniciens: la disparition prochaine des opérateurs. «Le monde du travail se digitalise. L’automatisation des tâches est en marche de manière plus rapide qu’on ne le pense parfois. Dans le marché de demain, l’opérateur va perdre progressivement son utilité, avant probablement de finir par disparaître. Cela ne signifie pas, en revanche, que les techniciens n’auront plus leur place dans les entreprises. Au contraire, ils seront très précieux dans une approche prédictive des choses. Aujourd’hui, ils interviennent généralement quand un problème se pose. Demain, ils devront anticiper les problèmes, par le biais, par exemple, de l’internet des objets. Cela nécessite donc de rester à la page des développements technologiques», poursuit l’expert en marché du travail. Dans un environnement où toute forme de complexité pourrait bel et bien être de plus en plus taxée, les ingénieurs aussi doivent s’attendre à voir de nouvelles compétences s’ériger en atouts indéniables. «Au cours des prochaines années, les ingénieurs vont devoir davantage réfléchir en termes de durabilité mais aussi de simplicité. Car nous évoluons vers un modèle où l’efficacité doit primer, ce qui laisse peu de place à une quelconque complexité», conclut Jeroen Franssen.

 

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