Ariane 6 va booster l'emploi

En décidant de construire la fusée Ariane 6, l'Europe spatiale a choisi de maintenir son avance dans la conquête de ce vaste marché. Tout profit pour les entreprises qui, comme Thales Alenia Space à  Charleroi ou Techspace Aero à  Liège, entendent poursuivre l'aventure.

Quelque 28 ingénieurs et 21 employés, en sus d'une quarantaine d'ouvriers : tel fut le volume de recrutement de Thales Alenia Space en Belgique, en 2014. Nous avons à  ce stade une visibilité sur le recrutement de plus d'une vingtaine de profils qualifiés pour l'an prochain, précise Christophe Englebert, directeur des ressources humaines.

L'entreprise, comme le secteur spatial au sens large, a le vent en poupe. Spécialisée dans le conditionnement et la distribution d'énergie à  bord des satellites, elle emploie quelque 600 personnes en Belgique, essentiellement à  Mont-sur-Marchienne, près de Charleroi, mais aussi depuis peu sur un tout nouveau site implanté à  Louvain (qui emploie une vingtaine d'ingénieurs pour l'instant).

Parmi ses sphères d'expertise figurent par exemple l'alimentation électrique des propulseurs à  plasma, l'alimentation électrique des tubes à  ondes progressives, les convertisseurs DC/DC et autres produits électriques spécialisés tels que la PCU qui, en tant que cœur électrique du satellite, assure la gestion de l’énergie électrique entre les panneaux solaires, les batteries et ses différents équipements.

Thales Alenia Space Belgium est aussi le plus important fournisseur d’électronique à  bord de la fusée Ariane 5, poursuit Christophe Englebert. Nous concevons et fabriquons, pour chaque Ariane, plus de 50 % de son électronique. Ces éléments prennent en charge la distribution de l’électricité à  bord, le pilotage des tuyères pour maintenir la fusée sur sa trajectoire, le calcul de la position de la fusée dans l’espace, la séparation des étages d’Ariane et de la coiffe de protection des satellites durant le vol ainsi que le système de sauvegarde du lanceur.

Même si le détail du programme Ariane 6 n'est pas encore connu, on ne cache donc pas sa satisfaction, à  Charleroi, quant à  l'accord récemment conclu par l'Europe spatiale afin de construire la nouvelle génération de ce lanceur à  succès – un programme majeur, qui pèsera plusieurs milliards d'euros, financé essentiellement par la France, l'Allemagne et l'Italie, mais aussi, entre autres contributeurs, par la Belgique. Et on peut imaginer que les ingénieurs qui ambitionnent de travailler pour le secteur spatial ne bouderont pas davantage leur plaisir.

Nous sommes bien connus parmi celles et ceux que l'espace fait rêver, se félicite Aurélie Lange, responsable du recrutement de Thales Alenia Space Belgium. Cette attractivité repose non seulement sur le secteur d'activité en tant que tel, mais aussi sur le fait que nous sommes hyperspécialisés sur une niche dont nous maîtrisons toute la chaîne de valeur : conception, recherche et développement, production, test et commercialisation. Un ingénieur a donc chez nous une vision globale du produit.

Plutôt tournée vers le recrutement d'ingénieurs spécialisés en électronique, l'entreprise carolo ne puise apparemment pas directement dans le même vivier que Techspace Aero, autre acteur majeur de l'industrie spatiale en Wallonie qui est spécialisé quant à  lui, dans ce domaine, dans les vannes de régulation. Même si l'activité dans le spatial y est nettement moindre (une cinquantaine de collaborateurs) que celle générée par l'aéronautique (1 300 personnes), il n'en reste pas moins que le motoriste liégeois se réjouit lui aussi du lancement de la prochaine génération d'Ariane. Nos ingénieurs maîtrisent la technologie, mais sont aussi bien conscients des enjeux de compétitivité, dit-on chez Techspace Aero. Ils auront de quoi s'amuser dans les prochaines années. Sans oublier que la hausse probable du nombre d'équipements par fusée et du nombre de lancements par année devrait aussi influencer positivement l'emploi dans la production.

Benoît July

 

 

 

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