Belgacom gagne le Diversity Award : « Nommer CEO une femme interne est un signe important »

Marc Timmerman, managing partner chez Axiom Consulting Partners et ancien employé chez EY et Hudson, est déjà  actif depuis plus de vingt ans dans les ressources humaines. Depuis 2007 il s’est spécialisé dans la diversité et le « female leadership ». Un homme tout à  fait adapté donc pour déterminer quel employeur a mérité d’être couronné du tout premier Diversity Award.

Qu’est ce que cet award récompense au juste ?

Marc Timmerman : « Il accorde une reconnaissance pour les efforts de l’organisation qui a vraiment voulu implémenter la diversité. Il faut envisager la diversité dans sa forme la plus large : pas uniquement du point de vue du genre, mais aussi de la diversité culturelle, des personnes avec un handicap ou encore des travailleurs de différentes générations. Il ne suffit pas de dire que vous respectez tous les individus pour entrer en ligne de compte pour le prix. Une organisation doit franchir de vrais paliers en matière de diversité et remporter des succès. »

Quels sont les critères les plus importants pour gagner le prix ?

« C’est surtout le résultat qui compte. En plus de cela, j’ai examiné la largeur avec laquelle l’organisation interprétait le concept de diversité, et l’usage des « best practices ». Il existe beaucoup d’études qui expliquent clairement quels systèmes, initiatives et processus utiliser pour réaliser une vraie politique de diversité. Les propres initiatives originales peuvent aussi être un atout. Enfin, j’examine dans quelle mesure la politique de diversité d’une organisation peut servir d’exemple à  d’autres employeurs. »

Les dossiers de Telenet, Volvo Gent et de la Vlaamse Overheid étaient tous favoris, mais finalement Belgacom a gagné l’award. Pourquoi, au juste ?

« Tout d’abord parce que je sais qu’ils travaillent depuis longtemps à  la diversité dans leur entreprise et qu’ils interprètent le concept de façon très large. Les résultats sont là  : Belgacom compte 19 % de femmes au sein des fonctions de management, ce qui est beaucoup comparé aux autres organisations belges (de 10 à  11 %). Pour atteindre cette proportion, diverses initiatives ont été menées dans le domaine du développement du leadership spécifique, du networking et du mentorat. De plus, on remarque que le thème de la diversité vit vraiment au sein de l’entreprise. »

Le fait que Belgacom ai maintenant une CEO féminine en la personne de Dominique Leroy a-t-il joué un rôle ?

« C’est évidemment un élément important, car c’est un résultat effectif. Je ne veux pas sembler niais, mais je trouve cela très beau qu’une femme interne à  l’entreprise ai évolué jusqu’au poste de CEO. C’est un signe important sur lequel les autres organisations belges devraient prendre exemple. »

Pourquoi la diversité est-elle à  l’heure actuelle si importante ?

« Certainement pour des raisons économiques. Maintenant que les entreprises recommencent tout doucement à  engager après la crise, nous ne pouvons plus nier le vieillissement de la population active. Le grand basculement pour la Belgique a été 2012, quand il y a eu plus de gens qui ont quitté le marché du travail que de personnes qui y arrivaient. C’est pour ça qu’il existe le besoin d’engager plus de femmes et de personnes d’un autre milieu socioculturel. Une entreprise qui est déjà  prête sur ce plan-là  a une avance décisive sur ses concurrents. Un autre argument important est que plus de diversité dans le management d’une entreprise fait aussi en sorte que de meilleures décisions sont prises et que plus de profit est fait.  C’est littéralement prouvé dans le rapport « Woman Matter » de McKinsey. Finalement, on remarque aussi que les jeunes préfèrent les employeurs qui ont du respect pour la diversité. Au total, il y a plus de raisons que nécessaires pour y porter suffisamment d’attention. »

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