Extra va recruter une cinquantaine de collaborateurs l’an prochain

Publié : samedi 24 octobre 2015

 

Après avoir fédéré les enseignes Lediscount et Eurobazar sous le label Extra, le groupe Distriled va ouvrir sept nouveaux magasins l’an prochain. Focus sur cette chaîne 100 % wallonne pourtant gérée… au départ de la Flandre.

Fort de 24 points de vente et 210 collaborateurs, le groupe Distriled a été créé et est toujours géré par Stephan Lesage. Qui lui applique des recettes de management «maison», avouant, l’âge aidant, accorder désormais autant d’importance à  la raison qu’aux tripes et aux sentiments.

Quelle est la spécificité de votre enseigne de distribution?

Depuis l’ouverture de notre premier magasin en 1992 à  Comines, nous sommes spécialisés dans le déstockage d’articles d’entretien et de produits cosmétiques. Nous achetons chez de gros fabricants comme Procter & Gamble, Unilever et autres Henkel, des produits qui, par exemple, font l’objet d’un emballage particulier ou d’une promotion spécifique dans le cadre d’une action commerciale et ont été retirés de la vente à  l’issue de celle-ci. Nous vendons aussi des articles de décoration pour la maison et des produits de saison, dédiés aux fêtes de fin d’année par exemple.

Tous les magasins Lediscount et Eurobazar, désormais fédérés sous l’enseigne Extra, sont situés en Wallonie. Le «discount» y fonctionne-t-il mieux qu’ailleurs?

Notre implantation en Wallonie est surtout le fruit de notre histoire. C’est là  que nous avons ouvert notre premier magasin et, petit à  petit, c’est là  que nous avons continué à  nous développer. Je suis flamand, certes, mais j’aime bien la mentalité qui règne au sud du pays. Nous étendre en Flandre aurait pu être une option mais il y a tout de même des différences de goût assez sensibles. Il était donc plus simple de nous étendre dans une seule région. Quant au «discount», je considère que nos articles sont plutôt positionnés sur le critère du meilleur rapport qualité-prix.

Vos magasins sont en Wallonie mais c’est en Flandre, à  Zwevegem, que vous avez érigé en 2013 votre nouveau siège social et votre nouveau centre logistique. Pourquoi?

Ici encore, les raisons sont historiques. C’est de ce coin de Flandre que je suis originaire, de même que ma femme qui m’accompagne depuis le début. Quand nous avons décidé d’investir dans ces nouveaux bâtiments, c’est vrai que nous sous sommes posé la question d’une installation en Wallonie, mais cela aurait obligé plusieurs dizaines de collaborateurs, déjà  basés depuis de longues années à  Zwevegem, à  effectuer de longs trajets, ou alors à  déménager voire à  changer d’emploi. Pareille décision de déménager ces installations en Wallonie n’aurait donc pas été correcte vis-à -vis d’eux. C’est tout de même plus agréable de travailler à  quelques minutes de chez soi…

Votre croissance s’est fortement accélérée à  partir de 2002 et a ralenti après 2008. Un effet de la crise?

Ce n’est pas lié à  la crise mais à  notre manière de gérer notre croissance. Nous avons démarré en partant de rien et il nous a donc fallu quelques années avant d’avoir enfin les moyens financiers de commencer à  investir dans notre expansion. Entre 2002 et 2009, nous avons ouvert 14 magasins sous l’enseigne Lediscount, principalement sur l’axe de la dorsale wallonne. Nous avons ensuite ralenti le rythme afin de digérer cette croissance et de prendre le temps de repenser notre organisation. J’en ai profité pour recruter mon beau-frère, directeur des ressources humaines dans une autre entreprise, afin de nous aider dans ce processus. Nous avons à  nouveau ouvert 9 magasins entre 2013 et 2015 et sommes en ordre de marche pour aborder une nouvelle étape de notre développement.

Quelles sont vos ambitions pour les prochaines années?

Nos 24 magasins étant désormais fédérés sous une seule enseigne, nous reprenons notre marche en avant. Sept ouvertures sont prévues en 2016: Habay, Rochefort, Tamines, Tournai, Louveigné, Libramont, Bertrix. Nous nous renforçons donc sur notre axe historique, tout en plaçant une confiance nouvelle dans la province du Luxembourg.

Quels sont, dès lors, vos objectifs de recrutement?

Nous allons devoir attirer plus d’une cinquantaine de nouveaux collaborateurs. C’est un fameux défi mais nous pensons avoir des arguments pour les séduire. Notre organisation est essentiellement fondée sur la confiance en nos collaborateurs, sur notre capital humain. Aucun de nos magasins ne fonctionnerait sans cet investissement quotidien de chacun.

Parmi vos prochains collaborateurs: des gérants de magasins. Pourquoi faites-vous appel à  des salariés et pas des indépendants?

Nous préférons que nos gérants soient salariés parce que cela simplifie la gestion de l’enseigne. Que ces personnes soient indépendantes ou salariées n’exerce en revanche aucune influence sur leur efficacité ou leur motivation. Nous souhaitons surtout travailler avec des collaborateurs qui se sentent bien dans leur job, qui ont envie de s’investir et de progresser avec nous. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle plusieurs de nos gérants sont des collaborateurs qui ont commencé chez nous en tant que vendeur.

Quels sont, précisément, les critères pour vous rejoindre? Quelles sont les exigences de diplôme par exemple?

Nous n’avons aucune exigence particulière au niveau du diplôme. Ce qui importe, c’est vraiment le goût du commerce, l’envie de rendre service au client. Et cela, c’est indépendant de la formation initiale. On peut très bien afficher cette passion sans avoir aucun diplôme dans la poche et, à  l’inverse, avoir un très beau diplôme mais ne pas avoir envie de s’investir. Je ne veux pas dévaloriser les études, bien entendu, mais ce n’est vraiment pas le critère déterminant à  mes yeux. Je veux avant tout travailler avec des gens qui aiment leur job, qui dès lors sont de bonne humeur à  la maison et reviennent travailler avec le sourire le lendemain.

Comment faites-vous pour déceler de telles qualités?

Cela se découvre dans le cadre de notre procédure de sélection, à  laquelle collaborent les gérants concernés. On décèle très vite, en réalité, si cette flamme existe ou non. Il y a une part de feeling, c’est vrai, mais c’est une dimension du management que j’assume parfaitement.

On gérerait donc aussi avec du feeling, des émotions?

J’en suis totalement convaincu, tout en reconnaissant que cela n’a pas toujours été le cas. Quand j’avais 25 ans et que j’entendais quelqu’un parler de l’importance des valeurs dans une entreprise, je trouvais cela un peu ridicule. A côté de la rationalité, il y a pourtant une part du management qui relève des tripes. C’est une langue qu’on ne peut maîtriser qu’en ayant pris de la bouteille. Aujourd’hui, je sais qu’on ne gère pas une entreprise avec sa seule raison, selon des critères qui sont uniquement issus de la rationalité économique.

Qu’est-ce qui fait que, selon vous, vos collaborateurs se sentent bien chez vous? Sont-ils par exemple mieux payés que chez vos concurrents?

Nous rémunérons dans la norme. Ce qui est important est ailleurs. Dans des petits gestes, comme l’envoi d’une carte que je signe personnellement à  chaque anniversaire. Mais aussi et surtout dans la manière dont nous poussons chacun à  s’investir, à  avoir de bonnes idées, à  réfléchir avec ses collègues pour apporter des améliorations. Cela peut paraître un peu flou, peu structuré, mais je crois que si on met trop de règles, on étouffe les initiatives. A nouveau, tout cela relève moins de la raison que de la passion…

Benoît July

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