Hauts profils dans l'export wallon

Publié : samedi 6 décembre 2014

Six entreprises ont été récompensées cette semaine d'un prix Wallonie à  l'Exportation. Leur point commun ? Elles recrutent, mais pas n'importe qui. De préférence des profils pointus, et pas seulement dans le domaine ICT.

Du high-tech à  la campagne. C'est par cette formule que Philippe Bolle, fondateur de Skylane Optics, résume l'une des particularités de cette PME qui a reçu cette semaine l'un des prix Wallonie à  l'Exportation (*). C'est une fierté que de pouvoir porter les couleurs belges et wallonnes de par le monde, au départ du petit village de Fraire, non loin des lacs de l'Eau d'Heure, s'exclame-t-il. Bien que notre camp de base soit en Wallonie, nous avons des filiales à  Stockholm, en Italie, au Luxembourg mais également en Chine, à  Taïwan et au Brésil.

L'activité de Skylane Optics ? Hyperpointue puisque l'entreprise, qui emploie une quarantaine de personnes, est spécialisée dans le domaine de la fibre optique. Elle propose trois gammes de produits : des transmetteurs optiques, des multiplexeurs optiques et des produits liés au « smart home ». Nous sommes clairement une société d'ingénieurs, souligne Philippe Bolle. Toute notre R&D est basée à  Fraire, y compris notre laboratoire.

C'est en s'appuyant sur cette expertise que Slylane Optics parvient à  recruter les ingénieurs et chercheurs indispensables à  son développement. Et ce, au nez et à  la barbe de grands groupes autrement plus renommés. Je suis très proactif avec les universités, précise Philippe Bolle. C'est ce qui me permet d'attirer des stagiaires et de leur faire découvrir ce que nous faisons. Contrairement à  ce qu'on pense, il n'y a plus pléthore d'entreprises actives en Belgique dans notre spécialité. Nous sommes donc très attractifs sur notre créneau.

S'ajoute également, à  ses yeux, le fait que l'entreprise est idéalement située en dehors des grands axes de circulation, désormais complètement encombrés. Et puis 99 % de notre chiffre d'affaires est réalisé à  l'exportation. Pour un jeune ingénieur qui aime voyager – ce qui implique évidemment de faire preuve d'une grande flexibilité –, Skylane Optics est une excellente opportunité !

Il faut aussi aimer l'avion pour travailler chez De Smet Engineers & Contractors, à  Waterloo. Spécialisé dans l'intégration de grands projets industriels, ce groupe, lui aussi lauréat d’un prix Wallonie Exportation, réalise en effet plus de 90 % de son chiffre d'affaires à  l'export, même s'il a tout à  son actif en Belgique la réalisation de la nouvelle usine Biowanze (un investissement global de 275 millions d'euros dans la production de bioéthanol). Nous sommes essentiellement actifs dans les domaines du sucre et de ses dérivés, de l'huile, de la biochimie et de l'agro-industrie, commente Guy Davister, CEO de cette entreprise qui emploie 150 personnes et compte en recruter une vingtaine supplémentaire l'an prochain.

Avec plus de 50 installations industrielles complètes à  son actif, et des activités qui se déploient en Europe, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique, De Smet attire essentiellement des ingénieurs, qu'ils soient spécialisés dans les process ou dans la gestion de projet. Nous sommes très satisfaits du niveau des jeunes ingénieurs, poursuit Guy Davister. En revanche, nous éprouvons parfois plus de difficultés pour recruter des concepteurs en 3D, par exemple.

L'attractivité de l'entreprise ? L'ingénierie attire forcément... les ingénieurs, sourit le CEO. Le bouche-à -oreille fonctionne très bien : nos collaborateurs parlent de leur job autour d'eux et cela suffit à  justifier un bon volume de candidatures spontanées. D'autant que l'ambiance de travail est très bonne et qu'un jeune ingénieur reçoit chez nous, probablement davantage que dans une multinationale, très rapidement des responsabilités importantes : dès lors qu'il est envoyé sur un chantier au Brésil, il est forcément amené à  y recevoir et à  y faire preuve d'une grande autonomie.

De là  à  affirmer que l'exportation, indispensable pour de nombreuses entreprises en Belgique vu l'étroitesse de notre marché, a valeur de séduction absolue, il y a une marge. L'export est idéal pour celles et ceux qui veulent bouger, qui veulent se frotter à  d'autres cultures, estime Philippe Bolle dont le premier réflexe, quand il recrute un jeune ingénieur, est de l'envoyer... suivre des cours pour parfaire son anglais. Mais tout le monde ne peut pas s'improviser exportateur : il faut faire preuve de flexibilité, sauter dans un avion le matin pour revenir le soir même ou s'absenter plusieurs jours la semaine suivante pour un rendez-vous en Chine ou en Colombie, par exemple. La plus-value technologique est importante, mais elle n'est absolument rien sans le service au client.

Benoît July

(*) Les six lauréats des prix Wallonie à  l'Exportation, décerné par l'Awex, sont Lasea (Angleur), Skylane Optics (Fraire), De Smet Engineers & Contractors (Waterloo), Euro-Diesel (Grâce-Hollogne), Pharma Technology (Nivelles) et Gerresheimer Momignies (Momignies).

 

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