Le retour des chasseurs de coûts

Les métiers des spécialistes du chiffre constituent un îlot de résistance, dans lequel les recrutements se poursuivent. Certaines fonctions sortent du lot. Voici celles qui seront les plus prisées dans les mois qui viennent.

La filière poursuit les recrutements. En finance-comptabilité, il existe des poches de résistance pour tous les métiers de spécialistes. Les offres d’emploi pour ces postes se maintiennent à  un bon niveau, constate Antoine Biot, directeur au cabinet Robert Walters Belgique. Ceux qui ont envie de bouger pour évoluer le font d’autant plus facilement qu’ils sentent que le marché reste actif. Certes, il ne faut pas rêver, les créations de postes se font rares. Mais ces professions commencent à  être touchées par une vague de départs à  la retraite. Des baby-boomers qu'il faut remplacer au fur et à  mesure.

Banques et assurances

Malgré une baisse de l’emploi significative dans les banques, les métiers du risque et de la compliance sortent sensiblement du lot. Les professionnels du front ont été les plus impactés par les vagues de licenciements. Pour ces profils, le repositionnement sera difficile, explique Antoine Biot. Cette année, le secteur sera toujours marqué par des stratégies de réduction des coûts. C'est pourquoi les recrutements se concentreront sur les profils spécialisés en IT, en gestion du risque, en audit, en compliance ainsi qu’en banque de détail. Le secteur des assurances, quant à  lui, maintient ses recrutements d’actuaires et d’analystes afin de travailler sur leur programme Solvency II. Mais de nombreux postes s’ouvrent également aux jeunes. Cette année, Delta Lloyd Life espère ainsi attirer soixante nouvelles recrues pour des Management Traineeships. Concrètement, l’assureur cherche de jeunes diplômés qui veulent se former à  différentes fonctions au sein de l’entreprise, pendant un à  deux ans. Avec, à  la clé, un CDI, assure Gunther Janssens, CHRO de Delta Lloyd Life.

Grandes entreprises

En finance d’entreprise, les métiers de la consolidation et des taxes, ainsi que la trésorerie gardent la cote. La préparation des comptes consolidés est un métier d'expert qui nécessite une forte maîtrise des techniques comptables et des normes IFRS, ainsi que de très bonnes connaissances juridiques et fiscales, souligne Joà«l Poilvache, directeur Services permanents chez Robert Half. Les entreprises souhaitent donc recruter des candidats possédant une première expérience au sein d'un grand cabinet d'audit, soit dans la comptabilité, soit dans la consolidation. Mais elles exigent également qu'ils possèdent des compétences linguistiques et qu’ils manient parfaitement les systèmes d'information. En outre, les groupes étant de plus en plus présents à  l'international, l'expérience de l'utilisation de normes étrangères et une parfaite maîtrise de l'anglais sont désormais indispensables, prévient Joà«l Poilvache.

PME et Industrie

Autre job en or, celui de contrôleur de gestion. Ce professionnel investit désormais les PME pour traquer les dépenses inutiles et rationaliser la gestion. La demande se concentre sur des profils de cinq à  huit ans d'expérience. Mais vu la difficulté à  dénicher ces perles rares, les entreprises s'ouvrent à  des professionnels un peu moins capés. Particularité : dans le sud du pays, la demande se concentre davantage autour du controlling industriel. C'est un paradoxe, assure Antoine Biot, alors que tous les discours tournent autour de la désindustrialisation de l’économie, le responsable contrôle de gestion industriel joue un rôle de plus en plus stratégique. Ses missions ? Animer le processus budgétaire, analyser des données financières, gérer les cycles de production et les clôtures mensuelles en liaison étroite avec le département comptable et les opérationnels du site. C’est un métier proche du business, très opérationnel, constate Antoine Biot. Un job d’entrée vers les postes de direction. D'autres domaines d'activité comme, par exemple, la biotech ou le numérique, recrutent activement les mêmes profils. Ces postes sont d'autant plus attractifs qu'il n'existe encore que peu de profils seniors dans ces secteurs émergents.

Consultance

Les cabinets d'audit, de conseil, d'avocats d'affaires ou d'experts comptables se retrouvent au cœur de la transformation des entreprises. Pour doper leur offre de services, nombre de cabinets de conseil ou d'audit se sont mis à  intégrer des spécialistes (actuaires, ingénieurs, chef comptable ou responsable comptabilité). Actuellement, PwC recrute septante personnes pouvant attester de trois à  dix années d’expérience. Profils recherchés ? Des consultants financiers, principalement, capables de réduire les coûts des sociétés. Des spécialistes du risque et compliance, ainsi que des experts en fusion-acquisition. Mais également des Forensic Experts, qui combinent des compétences comptables et informatiques, pour déceler et intervenir sur les fraudes. Dans le même secteur, Deloitte Fiduciaire compte engager quarante-cinq bacheliers et masters en comptabilité, sciences économiques ou finance. Spécialisé dans le secteur des services financiers, le cabinet Optima prévoit quant à  lui quarante nouveaux engagements. L'entreprise cherche avant tout des consultants financiers : des collaborateurs de niveau universitaire ou supérieur, avec une bonne expérience dans les ventes et dans le secteur financier.

Les salaires s’améliorent

Depuis quelques mois, seuls quelques profils d'experts bien identifiés peuvent espérer une hausse de salaire à  condition de prendre le risque de changer d'entreprise. Dans la finance, le chef comptable et le Credit Manager sont les grands gagnants de la crise. Ils font partie des rares métiers ayant vu leur salaire d'entrée augmenté en 2012. La chasse au talent s’accentue, les professionnels qualifiés en sont conscients et chercheront à  obtenir une revalorisation salariale lorsqu’ils postuleront pour un nouvel emploi. Les profils hautement spécialisés pourront espérer jusqu’à  des hausses salariales de 3,5 %, prédit Antoine Biot. D’où un conseil aux « jeunes entrants » sur le marché : se spécialiser au plus tôt pour se mettre à  l’abri.

Rafal Naczyk

1 975 € à  4 050 €

Confrontées à  une raréfaction des crédits et à  la hausse des retards de paiement ou des impayés, les entreprises recrutent de plus en plus de contrôleurs de crédit pour préserver leur trésorerie. Pour un junior, le salaire mensuel brut varie entre 1 975 € et 2 575 € brut par mois. Au bout de cinq ans d’expérience, ses revenus peuvent atteindre 4 050 € brut. Un échelon au-dessus, la rémunération du Credit Manager commence à  3 725 € pour culminer à  7 075 € brut par mois, avec tous les avantages extralégaux.

2250 € à  4600 €

Un jeune actuaire est recruté au minimum à  2 250 € brut par mois. S’il est un peu expérimenté (trois à  six ans), son salaire s’étale entre 3 225 € et 4 600 € brut. En tant que manager ou directeur, ses revenus se situent dans une fourchette de 4 500 € à  8 150 € brut. Dans la banque assurance, les Risk Managers, les actuaires et les managers commerciaux peuvent aussi doper leur rémunération en changeant d'employeur.

4 500 € à  8 150 €

Dans la banque et les services financiers, un manager gestion du risque crédits peut espérer un salaire mensuel brut de 4 500 €, voire 8 150 € brut pour un poste de directeur. Même tendance pour les experts en fiscalité ou en conformité (compliance). Après seulement trois ans de carrière, ces derniers gagnent entre 3 500 € et 5 150 € brut par mois. Et jusqu’à  8 250 € brut au sommet de la hiérarchie.

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