Les travailleurs âgés invités à se faire accompagner

Souvent déboussolés dans leur recherche d’emploi, les 45+ peinent objectivement à  se relancer. C’est l’un des enseignements majeurs de la Journée de l’emploi. Des solutions existent pourtant, passant souvent par un accompagnement.

Les experts qui se sont consacrés à  la Journée de l’emploi, ce mercredi, sont satisfaits d’avoir pu faire œuvre utile. Ils ont reçu plusieurs centaines d’appels, dont un grand nombre reflétait les inquiétudes des intervenants vis-à -vis de leur fin de carrière ou plus précisément vis-à -vis des moyens de la relancer après un accident de parcours.

«Ne nous voilons pas la face : nombre de travailleurs âgés qui ont connu un licenciement éprouvent actuellement de réelles difficultés sur le marché de l’emploi», constate Grégory Hulstaert, Marketing Manager de Références, partenaire de l’opération avec Bel-RTL, notamment. «Mais c’est précisément en leur expliquant qu’il existe des pistes de reconversion que nous pouvons être utiles. De nombreuses formations existent, qui permettent d’acquérir de nouvelles compétences. En bénéficiant d’un accompagnement spécialisé, une proportion significative d’entre eux voient tout de même finalement leur volontarisme récompensé.»

La clé du succès résiderait selon certains dans un renversement progressif de la relation entre l’offre et la demande. «Les sociétés de travail intérimaire, de recrutement et de sélection, et celles d’executive search ont une caractéristique commune: elles trouvent les candidats idéaux pour les postes à  pourvoir dans les entreprises», dit-on par exemple chez Galilei, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement à  la gestion de carrière. «Des services centrés sur l’offre ont cependant peu à  peu émergé. Avec comme caractéristique commune qu’il s’agit plutôt de rechercher une fonction adaptée pour un individu en particulier, qui sera dès lors accompagné vers cet emploi.»

Qu’il s’agisse d’outplacement (pour les salariés licenciés), d’accompagnement de carrière (pour les salariés) ou de parcours d’insertion (pour les demandeurs d’emploi), le marché connaît une forte croissance pour diverses raisons. Parmi celles-ci, la législation en matière d’outplacement, qui prévoit depuis plusieurs années déjà  un accompagnement obligatoire pour les 45+, mais aussi, selon Galilei, «le choix politique de confier en partie l’accompagnement des demandeurs d’emploi à  des partenaires privés et des partenaires sociaux. Il faut tenir compte enfin des besoins grandissants des travailleurs soucieux de prendre leur propre carrière en main.»

D’après les chiffres tout récemment divulgués par cette entreprise, trois personnes sur quatre en moyenne retrouvent un nouvel emploi durable après avoir bénéficié d’un accompagnement individuel. En matière d’outplacement collectif, le taux de réussite est plus faible, de l’ordre de 60 %, ce moindre succès s’expliquant apparemment par le fait que la durée moyenne d’accompagnement est plus courte dans le cadre d’une procédure collective.

Quoi qu’il en soit, et c’est une des leçons positives de cette Journée de l’emploi, l’heure n’est pas à  la résignation. La plupart de celles et ceux qui ont appelé les experts dans le cadre de cette opération avaient, chevillée au corps, l’envie de se relancer, soit en tant que salarié, soit en lançant éventuellement sa propre activité. «Ces personnes ont parfois tendance à  négliger leurs atouts, sur lesquels elles peuvent pourtant capitaliser, conclut Grégory Hulstaert. Je pense non seulement à  leur expérience, mais aussi à  leur réseau qui est forcément beaucoup plus riche que celui de quelqu’un qui démarre sa carrière et qui, en tant que tel, doit être valorisé.»

Benoît July

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