Mieux lutter contre le fléau des risques psychosociaux

De par leurs implications mentales et physiques, en raison aussi de leurs conséquences néfastes pour l'entreprise, les risques psychosociaux doivent être combattus. Le SPF Emploi et Travail vient de récompenser cinq organisations pour leurs actions menées sur le plan de la prévention.

Harcèlement, stress, burn-out, entre autres. Autant de manifestations d'un profond mal-être au travail qu'il convient plus que jamais de prévenir. Au point qu'une nouvelle législation, entrée en vigueur le 1er septembre 2014, donne un cadre aux entreprises pour mettre en place des mesures préventives et fournir des outils censés les aider à  contrecarrer les « risques psychosociaux. »

De quoi s'agit-il ? Ces risques psychosociaux sont définis comme la « probabilité qu'un ou plusieurs travailleurs subissent un dommage psychique qui peut également s'accompagner d'un dommage physique », en raison de l'organisation du travail, de son contenu, des relations interpersonnelles entre autres, soit autant de composantes « sur lesquelles l'employeur a un impact et qui comportent objectivement un danger. »

Le phénomène n'a rien d'anecdotique. Selon un sondage mené par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), 51 % des travailleurs considèrent que le stress lié au travail est un problème fréquent. En Belgique, le stress au travail concernerait près d'un travailleur sur trois. Les conséquences en sont perceptibles au niveau de l'individu tant sur le plan psychique (angoisse, dépression...) que physique (troubles du sommeil, hypertension...). Elles le sont également pour l'entreprise par le biais d'une hausse de l'absentéisme ou d'une baisse de qualité du travail et de la productivité. Dans les cas les plus graves, ce sont de véritables accidents de travail qui sont enregistrés.

Bref, il faut agir. Et c'est précisément dans cette perspective que le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, en partenariat avec l'EU-OHSA, a récemment mis à  l'honneur cinq organisations en récompensant leurs « bonnes pratiques pour une prévention durable et efficace des risques psychosociaux. »

Le premier lauréat, VitaS, est une maison de repos et de soins dans la région de Hasselt. Cette institution a réalisé une analyse des risques et a défini des pistes d’action qui impliquent toute l’organisation. Avec de petits moyens, VitaS a réussi à  apporter du changement quant à  la structure de l’organisation, à  la gestion du personnel et au bien-être général. Les employés sont engagés et participent activement aux pistes d’action, précise le SPF. Le CPAS de Mouscron, deuxième lauréat, a développé une approche globale des risques psychosociaux. Une enquête a été lancée, traitant non seulement la relation au travail, mais également la relation entre collègues, avec les patients, etc. Les solutions proposées sont le résultat d’une collaboration entre le personnel, les gestionnaires, les syndicats et les services de prévention externes et internes.

Les troisième et quatrième lauréats sont le Service d’aide de la province de Liège (IPFASSU) et le Service d'aides et de soins à  domicile (SASD) de Charleroi, respectivement primés pour leurs actions visant à  prévenir le stress post-traumatique chez les pompiers, et à  prévenir le burn-out. La haute école Thomas More, enfin, a reçu une mention spéciale pour son projet qui promeut une politique de bien-être et de prévention au sein du corps professoral. La démarche est intéressante, mais nécessite encore la mise en place d’actions. Le jury a voulu encourager l’école à  poursuivre son projet, précise le SPF.

Trouver le bon interlocuteur

Que faire si vous êtes en présence d'un risque dans votre entreprise ? Expliquez ce que vous ressentez, soyez explicite, expose une brochure éditée par le SPF. La personne concernée n'est pas toujours consciente des effets produits par son comportement. Les conditions de travail peuvent être améliorées, parlez-en à  votre hiérarchie.

Si cette première alerte ne suffit pas, plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider. La « personne de confiance », dont la désignation n'est pas obligatoire mais « fortement recommandée » au sein des entreprises, est tenue au secret dès lors qu'elle vous écoute et peut vous aider à  trouver une solution, voire intervenir de manière informelle. Un rôle globalement comparable est dévolu au conseiller en prévention spécialisé dans les aspects psychosociaux au travail ou au conseiller en prévention responsable du service interne de prévention et protection au travail. Le médecin du travail, enfin, ainsi qu'un délégué syndical peuvent également intervenir.

À défaut de solution en interne, si votre employeur n’a pas désigné de conseiller en prévention ou si les procédures internes n’existent pas, vous pouvez vous adresser à  l’inspection du travail (appelée officiellement Direction générale du contrôle du bien-être au travail). Sa mission est de conseiller les entreprises en matière de bien-être et de contrôler l’application de la réglementation. Elle peut aussi intervenir après l’introduction de la demande formelle auprès du conseiller en prévention aspects psychosociaux, en seconde ligne et peut obliger l’employeur à  prendre des mesures.

On notera enfin que toute cette problématique est traitée sur le site web www.sesentirbienautravail.be. Vous pourrez y accéder à  toute l'info utile si vous ressentez du stress ou du mal-être, si vous voulez agir sur vos conditions de travail ou connaître les personnes qui pourront vous épauler. Ce site présente aussi des bonnes pratiques plus spécifiquement déclinées à  l'attention des directions RH et des employeurs au sens large.

Benoît July

 

Publié :

Retour à la liste