Mon employeur est-il obligé de m’évaluer ? Que se passe-t-il s’il ne le fait pas ?

Je travaille depuis 3 ans dans la même entreprise. Mon patron ne m'a encore jamais accordé un seul entretien d'évaluation... Est-ce permis ?
La réponse de Karin Buelens, SD Worx

Obligation employeur et employé

Tant l’employeur que l’employé ont des droits et des devoirs inhérents à  leur relation de travail. Avant tout, ils doivent tous les deux agir avec respect et considération.

L’employé est obligé d’exercer son travail avec soin, honnêteté et précision, selon les horaires, sur le lieu et selon la façon qui a été convenue avec l'employeur et selon ses instructions.

L’employeur doit s’assurer « en bon père de famille » que l’employé peut travailler dans de bonnes circonstances. Il doit payer le salaire comme prévu dans le contrat de travail et apporter le soin et l’attention nécessaires à  l’accueil des travailleurs. Il doit également permettre au travailleur d’effectuer son travail « de la façon, à  l’endroit et selon les horaires convenus ».

La loi concernant les contrats de travail ne mentionne pas expressément que l’employeur est obligé d’évaluer ses employés. Pourtant, cela peut être considéré comme une bonne manière de permettre au travailleur d’effectuer son travail « de la façon, à  l’endroit et selon les horaires convenus ».

Que se passe-t-il si l’employeur n’évalue pas ses employés ?

Si l’employeur ne donne aucun feedback a son employé d’aucune manière et qu’il licencie l’employé parce qu’il ne fonctionne pas bien, cela peut être considéré comme un licenciement injustifié. Tout dépend bien sûr des circonstances au cas par cas.

Depuis le 1er avril 2014, sous réserve de quelques exceptions, un employeur doit pouvoir justifier le licenciement d’un travailleur si celui-ci en fait la demande.

Un employé qui n’est pas d’accord avec la motivation de la décision du licenciement, peut contester celle-ci devant le tribunal. Le juge va examiner si le licenciement répond à  la notion « Licenciement manifestement injuste ». Les partenaires sociaux ont décrit celle-ci comme « le licenciement d’un travailleur qui est engagé à  durée illimitée, basé sur des raisons qui n’ont aucun lien avec les aptitudes ou le comportement du travailleur, ou qui ne sont pas fondées sur les fatalités en matière de fonctionnement de l’entreprise, de l’institution ou du service et lesquelles n’auraient jamais été décidées par un employeur normal et rationnel. »

Si le licenciement est qualifié de « manifestement injuste », le juge peut imposer une sanction forfaitaire. 

Conclusion

La loi sur le contrat de travail ne mentionne pas expressément que l’employeur est obligé d’évaluer ses employés. Il n’y a pas non plus de sanction prévue pour un employeur qui n’évalue pas ses employés. Pourtant, les évaluations sont une bonne manière pour l’employé d’exercer son travail « selon la façon, les horaires et le lieu convenu ». Cela peut être un instrument pour soutenir l’employé et le recadrer si nécessaire.

Un employeur qui laisse son employé dans l’incertitude la plus totale concernant son fonctionnement et qui le licencie ensuite parce qu’il ne travaille pas bien, bien qu’il n’a jamais été recadré, risque une sanction pour « licenciement manifestement injuste ». Le juge va statuer chaque affaire au cas par cas et prendre en compte toutes les circonstances du licenciement avant de condamner l’employeur à  cette sanction.

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