Qui est l'employeur de l'année ?

Avoir un bon job, c'est bien. Travailler chez un employeur de rêve, un vrai, c'est encore mieux. Pour la deuxième fois en Belgique, un jury professionnel a décerné les titres d'Employer of the Year. Une sélection unique qui confronte la perception externe de l'employeur à  la réalité de sa politique RH interne.

Dans le monde du travail, les récompenses se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ce mardi 20 mai, Références, Vacature, Acerta et la Vlerick Business School ont couronné les meilleurs modèles de gestion RH avec l'award Employer of the Year. Particularité : pour remporter ce prix, l'attractivité, tant interne qu’externe, ne suffit pas. Les paroles doivent s'inscrire dans les actes, sur le terrain, au quotidien. "Nous recherchons ces employeurs qui excellent véritablement sur ces deux aspects, ce qui fait d’Employer of the Year 2014 une enquête qui se distingue des autres, comme Great Place to Work", observe Peter Tuybens, directeur Consultancy & Development du service RH d'Acerta.

Réalisée auprès d'un panel de 7 600 répondants, l'enquête a d'abord pu mettre en évidence près de 600 organisations actives en Belgique. Il en a résulté une liste de 60 nominations basées sur une grille de 14 critères, incluant le contenu du travail, la santé financière, l'engagement sociétal ou encore les possibilités de développement personnel... "Leurs dossiers ont d'abord été soumis à  un jury composé de dix experts issus des milieux académique et économique pour évaluer qualitativement la cohérence, la créativité, la clarté et la continuité de leur politique RH", explique Nadia Leroy, Business Unit Manager de Références. Neuf finalistes ont ensuite été retenus. Avant d'être soumis à  un audit ROIT (Return on Investment in Talent), réalisé in situ par le groupe Acerta. Objectif : déterminer le degré de concordance entre l'« image employeur » perçue par le monde extérieur et ce qui se passe effectivement au sein de l'organisation. "Cette méthodologie permet d'auditer la gestion de personnel de l'entreprise", explique Peter Tuybens. Si bien qu'une entreprise qui est couronnée Employer of the Year n'est donc pas seulement la favorite du public, mais elle applique une politique RH proactive, éprouvée dans les faits.

Si, au plan national, le public plébiscite Volvo Cars Gent, l'Université de Gand et l'UZ Gent, les résultats de ce « crash test » sont sans équivoque : dans le secteur marchand, c'est Siemens qui remporte les faveurs du jury, devant Janssen Pharmaceutica et Bayer. Tandis que le non-marchand couronne le Parlement flamand, le SPF Santé publique et la KU Leuven. Enfin, dans le secteur social, la palme revient à  l'UZ Leuven, talonnée par la Mutualité chrétienne et les Cliniques universitaires Saint-Luc. Ces lauréats obtiennent d'excellents scores dans plusieurs fondements : le package salarial, la sécurité de l'emploi, l'équilibre travail-vie privée, la santé financière, les possibilités de carrière, les formations, la qualité du management...

Une percée du non-marchand

Qu'est-ce qui attire les Belges ? Plusieurs tendances se dégagent : tout d'abord, un attrait de plus en plus marqué pour les employeurs avec un ancrage local affirmé. À côté des lauréats, les autres entreprises présentes dans le top 20 confirment un intérêt majeur pour les entreprises européennes, ainsi que le savoir-faire germanique. Et sacrent largement les compétences technologiques, pharmaceutiques et médicales. L'enquête d'évaluation des employeurs potentiels révèle aussi que la sécurité de l'emploi gagne encore en importance et vient se positionner à  la troisième place juste après le contenu de fonction et l'ambiance au sein de l'organisation. "Les critères traditionnels tels que les possibilités de carrière ou l'équilibre travail et vie privée perdent ici de l'importance", observe Peter Tuybens.

Siemens – qui a été surpris par sa nomination – canalise à  merveille cette tendance. Deuxième déposant de brevets en Europe, l'allemand se profile comme un pionnier sur plusieurs marchés émergents : énergie, « data driven services », healthcare, transports, nouvelles technologies... Et la filiale belge dispose de capacités spécifiques qui ont un impact sur l'ensemble du groupe. L'award est pleinement justifié : en l'espace de quelques années, Siemens a réussi à  se diversifier, en faisant de l'innovation son maître mot. Tout en investissant de manière très consciencieuse dans son capital humain, commente Peter Tuybens.

Si l'on compare l'attrait des secteur non-marchand et privé, l'enquête révèle que le Belge continue de privilégier nettement l'emploi dans le secteur privé. En 2013, 74 % optaient ainsi pour le « Hard » Profit contre 70 % en 2014, tandis que le Non-Profit se maintient à  45 %. Le Social Profit, quant à  lui, recueille 30 % de réponses positives. Mais, en comparaison à  l'année dernière, les services publics, l'enseignement, les services sociaux et médicaux gagnent en popularité. Une tendance avalisée aussi sur les podiums : "Sur les neuf finalistes, sept sont actifs dans le secteur de la santé", observe Peter Tuybens. Ce secteur constitue l’un des piliers majeurs de notre société.Par ailleurs, l'investissement personnel y est très fort : Les gens recherchent du sens à  leur travail et apprécient leur employeur pour la richesse et le contenu de leur fonction, relève l'expert d'Acerta. Cerise sur le gâteau : avec le vieillissement de la population, les avancées cliniques et le besoin grandissant de professionnels qualifiés, le secteur de la santé est amené à  recruter massivement dans le futur.

 

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