Alstom compte sur la transition écologique pour attirer de nouveaux talents

Date de publication: 21 sept. 2022
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Alors que se tiendra prochainement le salon de recrutement Talentum, dans le Hainaut, le géant français du ferroviaire – qui dispose de deux sites en Belgique – mise sur le retour en grâce du train pour se hisser au-dessus d’un marché de l’emploi sous tension.

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Un tremplin très attendu. Le 29 septembre prochain se tiendra l’une des six éditions du salon de l’emploi Talentum, dans le Hainaut. Organisé par Références, ce forum permet chaque année à des milliers de participants de prendre directement contact avec les centaines d’entreprises présentes sur place, pour une session de job dating accélérée. Cette année, ce rendez-vous de l’emploi revêt une importance particulière.

Tout juste sorti de la crise sanitaire, le marché du travail est traversé par de fortes turbulences, sur fond de crise économique et de difficultés de recrutement. Fin juin, 141 métiers étaient en pénurie en Wallonie selon la liste publiée par le Forem – contre 113 dans la région de Bruxelles – soit quinze de plus que l’année précédente. Si l’industrie figure parmi les premiers pourvoyeurs d’emploi, elle fait aussi partie des secteurs qui ont le plus de difficulté à recruter.

C’est donc tout naturellement que l’événement intéresse de grands acteurs industriels comme Alstom Belgique. Le géant français du ferroviaire – qui compte 2000 salariés répartis sur ses deux sites de Bruges et de Charleroi – n’en est pas à sa séance d’essai. « Cela fait quelques années que l’on y participe, explique Jérôme Hallaux, Talent Acquisition Specialist (« spécialiste en recrutement de talent ») au sein d’Alstom Belgique. Étant un grand acteur industriel de la région de Charleroi, ce genre d’événement local nous permet de prendre le pouls du marché de l’emploi », explique-t-il.

Retour en grâce du ferroviaire

Alors que le train revient progressivement sur le devant de la scène en Europe à la faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, Alstom Belgique compte sur ce vent porteur pour faire le plein de candidats. « Nous avons une centaine de postes ouverts chaque année sur le site de Charleroi », rappelle Jérôme Hallaux.

Ingénieurs, techniciens de maintenance, développeurs… La liste des métiers recherchés est longue. « Nous misons sur plusieurs canaux de recrutement, mais chaque année, quelques candidatures sont réalisées consécutivement au forum Talentum », assure le recruteur, qui insiste sur la visibilité offerte par un tel événement.

Pour autant, si le groupe parvient à couvrir ses besoins d’effectifs année après année, le recrutement n’est pas un long fleuve tranquille. De propre aveu de son recruteur, certains postes – comme les chefs de projet techniques ou les responsables d’équipes – nécessitant de combiner une expertise technique à un bagage en management sont plus compliqués à trouver. « Ce sont des profils généralement séniors, qui sont très sollicités », explique-t-il.

Miser sur la mobilité durable

La mobilité durable peut-elle alors contribuer à changer la perception de l’industrie, et à améliorer l’attractivité du groupe, notamment auprès des plus jeunes ? « Nous savons que c’est un aspect très important pour les nouvelles générations », analyse Jérôme Hallaux. Nous essayons de le mettre plus en avant dans nos échanges avec les candidats ».

En interne, certains travailleurs prennent déjà cette problématique à bras le corps. C’est le cas d’Adam Chakir, Product Engineer au sein du groupe. Diplômé de mécatronique à l’université de Strasbourg, celui-ci entame son parcours chez un grand équipementier automobile, à un poste où la dimension écologique est omniprésente. « Je travaillais sur un système de dépollution des moteurs diesel », explique-t-il.

Après six ans de loyaux services, l’ingénieur traverse la frontière pour poser ses valises en Belgique. « J’avais une envie de changer, d’évoluer professionnellement », dit-il. Mais ce changement d’employeur ne s’est pas fait au détriment de ses convictions. « La mobilité durable étant au cœur de mon précédent emploi, il était naturel pour moi de continuer dans un grand groupe qui mise aussi sur la mobilité durable intelligente ».

Sur le plan purement professionnel, les spécificités du groupe étaient aussi un point attractif pour le français expatrié en Belgique. « Il y a des passerelles qui permettent de passer d’un métier purement technique à un métier lié à l’encadrement d’équipe, aux achats ou encore à contrôle de la qualité, stipule Adam Chakir. « C’est ce qui fait l’attractivité de l’ingénierie à mon sens ».

Exigences nouvelles

Autant de choses sur lesquelles le géant du ferroviaire essaye de capitaliser pour attirer une nouvelle génération, plus soucieuse notamment des enjeux climatiques. « Alstom a été le premier groupe à développer le train à hydrogène, la conduite automatisée, le système de freinage », rappelle Jérôme Hallaux.

Suffisant pour attirer les foules ? Pas tout à fait. Si le recruteur assure que le groupe reçoit toujours beaucoup de candidatures, le leader des chemins de fer ne récolte pas encore les fruits de ce regain d’attention pour le train. « Nous sommes sur des métiers souvent en pénurie, donc cela reste un combat d’étoffer nos équipes », confie Jérôme Hallaux.

D’autant plus que la promesse d’apporter sa pierre à l’édifice de la transition écologique n’est pas le seul aspect à même d’attirer plus de candidats. Pour les jeunes générations notamment, à qui la crise sanitaire a permis de remettre à plat leur rapport au travail, de nouvelles demandes émergent. « Il faut répondre à d’autres attentes », affirme Jérôme Hallaux.

« Nous devons proposer package salariaux compétitifs, être soucieux de l’épanouissement dans le métier, et proposer un environnement de travail qui réponde à plusieurs choses, notamment à l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle », explique le recruteur. « Jusqu’à présent, nous avons toujours réussi à boucler nos recrutements, rappelle-t-il. Cela prouve qu’Alstom réussit à réunir ces conditions ».

Jerome Halleux

Jérôme Hallaux, Talent Acquisition Specialist (« spécialiste en recrutement de talent ») au sein d’Alstom Belgique.