Anticiper les besoins de formation est primordial

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 24 oct. 2022
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Doté de quatre sites d’exploitation - Tournai, Hornu, Mons et, depuis peu, Charleroi, le Centre de compétences Technocité offre des formations liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et aux industries culturelles et créatives (ICC). Comme l’explique sa directrice générale, Joyce Proot, l’anticipation est le maître-mot pour coller aux réalités du marché.

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Rêvez l'image - © Laetizia Bazzoni

Quels sont les défis majeurs dans vos domaines de formation ?

Joyce Proot : « Les TIC et les ICC évoluent à un rythme effréné. À tel point que les formations doivent se faire tout au long de la vie au vu des compétences nécessaires. Une large partie des métiers qui existeront dans ces domaines en 2030 ne sont pas encore connus, d’autant plus qu’il y aura des interactions entre ces deux secteurs d’activité. L’intelligence artificielle et la technologie immersive XR seront par exemple de plus en plus transversales. »

Comment dès lors anticiper les besoins du marché ?

J. P. : « Notre première démarche est, tel que je le fais au moment où je vous parle en direct du MTL Connecte de Montréal, d’opérer une veille à l’extérieur de nos frontières. Certains pays comme les États-Unis ou le Canada ont plus qu’un peu d’avance sur la Belgique et la France dans l’apparition de nouvelles technologies et l’évolution des métiers. Tout cela arrivera chez nous dans les années à venir. Notre seconde démarche est d’être à l’écoute de nos entreprises, tout en les sensibilisant aux évolutions technologiques, synonymes pour elles de nouvelles parts de marché potentielles. Nous fertilisons pour elles le vivier de compétences nécessaires pour gérer ces technologies, par exemple dans les domaines de la programmation, de l´intelligence artificielle et des technologies immersives. »

Comment adaptez-vous votre approche pédagogique à ces réalités ?

J. P. : « Nous l’adaptons à chacun de nos publics, qui sont très larges. Nous avons des jeunes à partir de 8 ans ainsi que des adolescents que nous sensibilisons aux STEAM (sciences-technologies-arts-mathématiques) - notamment via des ateliers, des formations, des stages ou Notre Minecraft Education Academy - pour créer des vocations aux métiers du numérique. Les filles sont ici particulièrement visées car, par exemple, alors que 50 % des gamers sont des femmes, celles-ci ne représentent que 18 % des professionnels dans ce métier. Nous avons également des enseignants désireux de recourir au numérique pour créer de nouveaux contenus de cours. Nous ciblons bien entendu aussi les chercheurs d’emploi, avec des formations qualifiantes de 1 à 9 mois. En fin, il y a les travailleurs en formation continue, qu’ils soient employés ou indépendants. Pour tous ces publics, nous disposons de parcours et d’accompagnements adaptés. »

C’est-à-dire ?

J. P. : « Nous pouvons orienter les personnes en fonction de leur parcours professionnel ou de leur parcours de vie. Certaines sont parfois un peu perdues en arrivant chez nous ; on leur permet alors de discuter avec nos experts métiers afin de trouver la bonne orientation. On peut aussi leur fournir les bases nécessaires pour entrer ensuite en formation chez nous. L’accompagnement adapté s’applique aussi aux travailleurs qui veulent acquérir de nouvelles compétences. Signalons aussi que dans le cadre de notre approche pédagogique, nous mettons aussi particulièrement l’accent, au-delà de l’apprentissage technique des métiers, sur divers soft skills comme l’esprit de collaboration et la communication. »

Laeticia Bazzoni

Joyce Proot, directrice générale de Technocité

© Laetizia Bazzoni

Propos recueillis par Philippe Van Lil