Bien vivre son job : les cinq clés de la rentrée

Envie de changer de job, d'enrichir votre poste, de doper votre employabilité ? Quels qu'ils soient, vos rêves méritent de se déployer. Ici et maintenant.

Blues d’après-vacances, stress de la rentrée… Le retour au travail après les congés d’été est parfois difficile. Vous rentrez au bureau à  reculons ? Faut-il simplement incriminer le contexte économique ou est-ce le cœur même de votre métier qui vous pèse ? Pour partir du bon pied, faites le point sur vos aspirations, ce qui vous freine. La rentrée est propice à  la prise de recul. C’est le moment des rééquilibrages, de l’introspection, face au combat de l’opérationnalité, explique Gilles Klass, Consultant et expert en RH et Management. On passe d’un état de grande liberté à un environnement de grande contrainte. Une période d’ajustement est donc nécessaire pour revoir ses priorités et, éventuellement, changer ses habitudes. Mais si votre lassitude est plus profonde, peut-être vous êtes-vous fourvoyé. La plupart des individus font des choix de carrière « raisonnables », inspirés par leurs proches, des DRH ou des cabinets d'évaluation. Pourtant, une fois le confort matériel assuré, l'insatisfaction commence son travail de sape. Cette sensation, chez certains, se manifeste par un rejet de leur entreprise, dont ils ne partagent plus les valeurs. Chez d'autres, c'est un projet enfoui depuis des années qui refait surface. Pour y voir plus clair, « Références » vous livre ses ingrédients pour entamer la rentrée l'esprit léger.

1. Donnez de nouvelles couleurs à votre métier

Au final, que regrettez-vous ? C'est la question qu'a posée, pendant plusieurs années, l'infirmière australienne Bronnie Ware à  ses patients en fin de vie. Un rien lugubre, mais édifiant. La réponse la plus fréquente était : Ne pas avoir eu le courage d'être celui que j'aurais dû. Si nombre de cadres se plaignent de leur travail, combien cherchent vraiment à  rebattre les cartes ? Trop peu. La raison de cette pusillanimité : nous sommes réfractaires au changement. Face à  l'ennui qui guette et qui mine les performances, il existe plusieurs façons de réagir. La moins risquée consiste à  faire évoluer son poste pour l'adapter à  ses envies. C'est ce que les experts appellent le job crafting. Une solution plutôt attrayante en période de crise, où les occasions de passer d'une entreprise à  une autre se font plus rares. Réagir plutôt que subir, devenir acteur plutôt que spectateur n'implique pas forcément de changer de voie, mais parfois de réaliser que notre job, après tout, n'est pas si mal. À condition de le « personnaliser ». Comme on choisirait les options de sa Mini ? C'est tout à  fait possible car, en entreprise, les fiches de postes sont souvent standardisées, observe le consultant Frédéric Williquet, consultant Business & People Interactions Architect. Elles décrivent des missions — développer les relations commerciales, optimiser les ventes — sans préciser la façon d'atteindre les objectifs. Ce vide, vous pouvez l'exploiter. Pour y parvenir, établissez une cartographie précise de votre poste. Comme dans un grand Meccano, vous devez déconstruire votre métier actuel pour mieux le rebâtir à votre guise. Seules contraintes : ne pas perdre de vue le cœur de votre fonction ni l'intérêt de l'entreprise. Une fois ce travail effectué, vous pourrez éliminer assez vite ce qui est accessoire et chronophage, identifier ce qui peut être simplifié et, surtout, clarifier deux points majeurs : que contrôlez-vous vraiment ? Et qu'est-ce qui vous fait vibrer ?

2. Changer de job, est-ce le bon moment ?

La routine vous pèse ou, au contraire, la pression vous écrase ? Ne vous réfugiez pas derrière l’excuse de la crise pour rester sans rien faire. Même si le climat actuel encourage certains managers à  la prudence, des études démontrent que de nombreux Belges sont ouverts à  l'idée de changer de job ou d'opérer une transition de carrière. En moyenne, un Belge sur cinq se dit prêt à  changer de fonction, d'établissement ou de service. Mais la période est-elle propice au changement ? Pour les cadres, la situation est moins inquiétante que pour les non-cadres. Sur dix qui changent d'entreprise, huit partent en ayant démissionné. Parmi les raisons : l'attirance du poste, les responsabilités proposées, les possibilités d'évolution et, seulement ensuite, la rémunération. À l'opposé, les mobilités internes sont de plus en plus encadrées, planifiées, organisées. Le grand danger, c’est de rester prisonnier de son emploi. Il faut éviter de faire du sur-place et oser sortir de sa cage dorée, indique Marc Vandeleene, porte-parole auprès de ManpowerGroup Belgium. Qu'elle soit géographique ou professionnelle, une mobilité se « pense » et se prépare. Le contexte implique une mobilité réfléchie. On a moins le droit à l'erreur, explique Philippe Meysman, directeur général du cabinet de recrutement Hudson. Il faut savoir ce que l'on quitte et avoir la conviction que ce changement apporte un plus qui ne soit pas seulement limité au salaire. Les critères à  affiner : la santé financière de l'entreprise, l'avenir du secteur, l’intérêt du poste proposé, les responsabilités mises en avant aujourd’hui et les perspectives d'évolution. Si l’un de ces critères fait défaut, mieux vaut s’abstenir, conclut Philippe Meysman. Enfin, le rapport de force a changé. Aujourd’hui, les négociations sur le salaire sont plus difficiles pour les candidats, affirme Gilles Klass. Mais les employeurs se montrent plus souples sur d’autres paramètres.

3. Comment affronter un marché de l'emploi au ralenti ?

Des secteurs « refuges » vont continuer à embaucher : les soins à  domicile, l'agroalimentaire, la grande consommation, la distribution, l'énergie, la construction. Si l'industrie lourde souffre, des secteurs à  forte valeur ajoutée comme l'ICT, l'industrie pharmaceutique, les biotechnologies, l'aéronautique recrutent dans la R&D et l'ingénierie. Quelles fonctions vont tirer leur épingle du jeu ? Qu'ils soient cadres ou non-cadres, les grands gagnants restent les commerciaux. C'est sans doute le poste sur lequel se concentrent les plus grands espoirs de relance, affirme Philippe Meysman. Des besoins très forts se confirment aussi sur les ingénieurs R&D, bureau d'études, les chefs de projets informatiques. Les métiers du contrôle au sens large et de la finance d'entreprise vont être sollicités : auditeurs internes, consolideurs, directeurs comptables, spécialistes conformité en banque, contrôle du risque, contrôle de gestion, auditeurs... Quel mindset recherchent les employeurs ? Plus que jamais, on recherche des profils capables de se battre pour leur emploi et la pérennité de leur entreprise, observe Gilles Klass. Il faut faire preuve d’ultra-présentéisme. Et influer le changement par les idées, l’initiative personnelle. Autre compétence recherchée : de la disponibilité. Ce qui attire les employeurs, c’est aussi des personnalités qui vibrent pour leur passion. Des gens qui ont la capacité à  se transcender et à  grandir dans un rôle de People Manager, conclut Philippe Meysman.

4. Nourrissez votre « intelligence professionnelle »

Besoin de se situer professionnellement ? Envie d’aller voir ailleurs ? Votre carrière est comme un jeu d'échec ou de stratégie. La veille fait aujourd’hui partie de la gestion de carrière. Et la capacité à s’orienter et à  rebondir sont des compétences aussi vitales que de pouvoir respirer. Comme les États et les entreprises ont développé l’ « intelligence économique », les personnes doivent développer leur « intelligence professionnelle ». Késako ? C’est la capacité à  comprendre son environnement, à se remettre en question, à  savoir gérer les paradoxes et la complexité de son emploi. Vous devez avoir une véritable stratégie en termes de positionnement professionnel, en termes d'offre de compétences sur votre marché cible. L'idéal, c'est de pouvoir anticiper, améliorer votre adaptation ainsi que votre capacité à  rebondir, explique François Meuleman, consultant et formateur en recherche d’emploi. Pour sortir du labyrinthe, il faut étendre ses antennes, avoir des points de repère. Sinon, vous risquez de vous cogner, de vous perdre. Environ 80 % des informations pour surveiller votre secteur sont disponibles en ligne et dans la presse. Aujourd'hui, il existe des outils de veille simples et abordables, des « agents intelligents » dont la mission consiste justement à  vous aider à  scruter le Net. Scoop-it, par exemple, vous permet de créer un journal online composé uniquement d'articles ciblés. Sélectionnez vos thématiques et il se charge de trouver les informations correspondantes. Programme grand public, l'américain FaveBot permet de recevoir des alertes par mail, en temps réel. Vous pouvez choisir jusqu'à  quatre mots-clés et sélectionner les sources : actualité, blogs, réseaux sociaux, vidéo, livres, DVD et même les événements dans votre région.

5. Réactualisez vos compétences

L'innovation est bien au cœur du processus économique. Son principe fondamental repose sur la destruction de certains types d'emplois et la création de nouveaux jobs. Dans ce contexte, la clé de la réussite réside dans l'actualisation de ses compétences via la formation continue. Si certains employeurs offrent encore des MBA et investissent massivement dans la formation de leur personnel, se former et se maintenir à jour deviennent une responsabilité personnelle. Désormais, on s’autoforme. PodCasts, ScreenCast, Wikis, Communautés d’apprentissages, Groupes et Forums, Webinaires, Google+ Hangout, SlideShare, LearnChat... ou encore les MOOCs, ces cursus numériques, développés par les écoles ou les universités, mais mis en ligne gratuitement. Accessibles, mobiles et rapides, ces nouvelles méthodes d’apprentissages sont déjà dans notre quotidien. Et leur liste s’agrandit. Ce sont de petites formations accélérées qui peuvent s’effectuer à  partir de contenus très courts, mais faciles d’accès et souvent très opérationnels. Très interactifs, les microapprentissages peuvent nous aider à  franchir chaque stade de notre développement professionnel. Comment valoriser ces cours auprès de votre employeur ? Après une évaluation en ligne, un certificat est souvent délivré. D'autres vous octroient un score. À mentionner sur votre CV.

Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer du SPF Sécurité sociale et initiatrice du BE Happiness Day

Ma résolution back to business : identifier la principale frustration du semestre précédent. Et se donner quatre mois pour la faire disparaître.

Gilles Klass, Consultant et expert en RH et Management

Je me force à  prendre plus de recul. C’est un moment d’introspection salvatrice face à  l’opérationnalité constante des managers.

Frédéric Williquet, Consultant Business Interactions Architect et cofondateur du réseau HRmeetup.be

J’essaie de saisir les opportunités. Parce que se maintenir en suspens dans un monde qui change, c’est risquer les soins palliatifs.

Marc Vandeleene
, Porte-parole auprès de ManpowerGroup BeLux

Garder le sourire et l’esprit positif des vacances. La bonne humeur est contagieuse et favorise la collaboration à  tous les niveaux.

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