Bruxelles : il faut ériger Actiris en compagnon de choix pour les entreprises

Actiris a redoublé d’efforts pour améliorer ses services à destination des demandeurs d’emploi. Le gouvernement bruxellois l’encourage aujourd’hui à faire de même avec les employeurs, grâce à la « garantie solution employeurs ».

A Bruxelles, l’un des chantiers en cours en matière de formation et d’emploi concerne les services d’Actiris. Son nom  ? La «  garantie solution employeurs  ». Cette dernière part d’un constat  : si les demandeurs d’emploi bruxellois doivent s’inscrire auprès de l’opérateur bruxellois de l’emploi, il n’en est rien pour les employeurs. Résultat  : certaines offres d’emploi échappent au radar d’Actiris.

«  En 2019, Actiris a reçu 35.063 offres d’emploi. Or, on sait qu’environ 100.000 contrats sont signés chaque année en région bruxelloise  », précise Bernard Clerfayt, ministre bruxellois de l’Emploi. «  Cela signifie qu’Actiris ne traite pas toutes les offres d’emploi existantes et qu’un travail doit être effectué à ce niveau. L’accent a été mis avec succès sur les demandeurs d’emploi pendant des années, maintenant il doit l’être sur les employeurs  ».

La situation actuelle du marché de l’emploi constitue en ce sens une occasion à saisir. Les pénuries de main-d’œuvre sont importantes et représentent pour l’organisme bruxellois de l’emploi l’opportunité de s’ériger en compagnon de choix pour les entreprises en recherche de talents. « L’idée est qu’Actiris renforce sa relation avec les entreprises. Il nous revient souvent sur le terrain que ses services ne correspondent pas toujours aux attentes des employeurs  », confie Bernard Clerfayt. «  Il est indispensable de travailler main dans la main avec eux pour améliorer le matching. Si Actiris ne possède pas l’oiseau rare parmi ses demandeurs d’emploi, il peut négocier une mise à niveau des compétences, établir un chemin avec l’employeur grâce auquel un profil pourrait, endéans un délai raisonnable, répondre à ses besoins.  »

Actiris

 

Une formule qui a fait ses preuves

Cette «  garantie solution employeurs  » n’en est pour l’heure qu’à ses débuts, mais une grande enquête a été lancée par Actiris auprès de l’ensemble des secteurs professionnels bruxellois pour recueillir leurs attentes concrètes.

Cette initiative fait suite à l’opération «  garantie solution jeune  », instaurée en 2014 par le gouvernement bruxellois. Pour rappel, celle-ci offrait la possibilité aux moins de 25 ans de bénéficier d’un bilan de compétences auprès d’Actiris et de se voir aiguiller vers une solution  : un emploi, un stage, une reprise d’études, une formation ou une validation de compétences. Cette garantie avait rencontré un franc succès.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes  », insiste Bernard Clerfayt. «  Entre 2013 et 2017, Bruxelles avait enregistré la plus forte diminution du taux de chômage des jeunes en passant de 33,6  % à 24,4  %. A titre de comparaison, Anvers était passé de 27,9  % à 26,3  %, Gand de 25,5  % à 23,6  %, Charleroi de 48  % à 40,5  % et Liège de 45,5  % à 41,8  %. »

Fort de cette réussite encourageante, l’opération avait été élargie par la suite à l’ensemble des demandeurs d’emploi primo-inscrits. Elle s’adressera désormais, d’ici quelques mois, aux employeurs, avec l’espoir d’une issue aussi positive.