Burn-out: le travail, c’est la santé ?

Relations tendues avec la hiérarchie, absence de reconnaissance de son travail, irritabilité accrue, isolement... Personne ne souhaite travailler avec quelqu'un de « cramé ». Peut-on mesurer ses risques de burn-out avant de se griller ?

Dans les années 70, on a identifié le stress, cette tension physique et psychique découlant de la gestion inadéquate d’une pression psychologique. Quelques années plus tard, on a baptisé « burn-out » le stress prolongé, c’est-à-dire permanent et régulier. En français, on parle de syndrome d’épuisement professionnel tandis que les Japonais, spécialistes du hara-kiri, le nomment karoshi, la mort par fatigue, sa manifestation la plus extrême.

Avant même d’être nommé, le burn-out avait déjà été défini comme l’incendie qui consume les ressources intérieures au point de faire craquer une personne, à la façon d’une fusée dont l’épuisement en carburant provoque une surchauffe puis l’explosion : le burn out. Les professions médicales ont été les premières concernées : côtoyer la mort et la souffrance est facteur d’émotions, la répétitivité de tâches aussi indispensables qu’ingrates pousse à une forme de déshumanisation avec le patient. Aujourd’hui, le syndrome du burn-out concerne toutes les tâches, professionnelles ou domestiques, qui génèrent de la pression psychique. Envisagé d’abord comme une brûlure, une « maladie du trop », le burn-out est devenu un phénomène global de civilisation.

Ses causes ?

Échéances butoirs, exigence de performance et compétition, accélération et complexité croissante des tâches, absence de reconnaissance et heures supplémentaires à rallonge… génèrent des conflits larvés, auxquels peu de managers restent attentifs.

Qui risque le burn-out ?

Les plus touchés sont les travailleurs très qualifiés, les indépendants et les cadres consciencieux, qui s’investissent dans leur travail, mais dont les conditions ne cessent de se dégrader. Ses symptômes sont insidieux et se développent sur des années. Souvent, la personne ne s’en rend pas compte, c’est l’entourage qui remarque des signes. Comme de l’agressivité, une tendance à s’isoler, à se dire toujours fatigué.

28 %

Le burn-out est une affection fréquente en Belgique. Trois RH Managers sur dix déclarent que l’état de burn-out est assez banal au sein de leur organisation.

20 %

Une entreprise sur cinq n’entreprend aucune mesure pour résoudre la problématique du burn-out sur le lieu de travail.

1 sur 3

Pour prévenir le burn-out, plus d'un tiers des DRH déclarent qu'ils favorisent un environnement professionnel centré sur le travail d’équipe. 35 % indiquent revoir le contenu des fonctions ou des missions professionnelles si des burn-out surviennent. 25 % préfèrent introduire des horaires flexibles ou le télétravail.

 

POUR ÉVITER LE BURN-OUT

Connaître et reconnaître le risque est la meilleure façon de l'éviter. Une étude espagnole a permis d'identifier trois sous-types de fatigue professionnelle. Écoutez-vous avant qu'il soit trop tard. Et remédiez-y.

Épuisement dû au SURMENAGE

Vous êtes fatigué parce que vous sacrifiez votre santé et votre vie personnelle à votre travail.

Le risque s'élève quand... Vous travaillez plus de 40 heures par semaine ou avez moins de 35 ans.

Pour aller mieux... Ayez une activité physique régulière. Et réfléchissez pendant que vous travaillez votre cardio. L'activité physique favorise la fabrication d'endorphines, ou d'hormones du bonheur, qui vous seront utiles pour élaborer vos stratégies.

Épuisement dû à L'ENNUI

Vous vous ennuyez, êtes indifférent à tout et n'évoluez plus professionnellement.

Le risque s'élève quand... Vous travaillez dans les secteurs administratifs ou comptables et gagnez moins de 35 000 € brut par an.

Pour aller mieux... Reprenez possession de votre vie professionnelle et de chaque tâche que vous avez à effectuer. Et faites ce que vous avez à faire différemment, pour briser la monotonie.

Épuisement dû à L'USURE

Vous avez le sentiment que vos efforts ne sont pas assez considérés et que vous avez peu de prise sur votre réussite.

Le risque s'élève quand... Vous travaillez dans la même compagnie depuis quatre ans ou plus, n'avez ni compagne stable ni enfant.

Pour aller mieux... Faites-vous remarquer et soutenir par vos collègues pour initier des échanges constructifs avec eux. Plus vous impliquez vos collègues dans votre travail, plus il est difficile de dénigrer ce que vous faites.

 

3 signes pour vous mettre la puce à l’oreille

Signe 1: Vous n'avez pas peur du coup de fil intempestif de votre patron

Le coup de fil de votre supérieur doit être à l'origine d'une décharge d'adrénaline. Ce n'est pas de la peur à proprement parler, mais un petit sentiment d'inquiétude, comme celui qui vous tenaille quand vous apercevez, dans votre rétroviseur, une voiture de police, gyrophare allumé, qui arrive toutes sirènes hurlantes, alors que vous ne roulez qu'à 45 km/h... Si vous n'appréhendez pas ces coups de fil et ne ressentez rien, quelque chose ne tourne pas rond.

La solution Managez vos managers. Expliquez à votre supérieur que vous avez besoin de nouveaux objectifs, de nouveaux challenges. Demandez que vos compétences soient mieux utilisées. Managez-le. Cela peut sembler bizarre, mais il est toujours intéressant de guider ceux qui nous dirigent. Mettez-vous à l'épreuve au sein de votre entreprise, lancez-vous des objectifs et des défis. Votre patron appréciera et vous ne vous épuiserez pas si vous êtes satisfait de votre situation.

Signe 2: Vous êtes le dernier de la boîte à quitter le bureau

Vous êtes à votre poste dès 9 h du matin. Et vous passez votre journée là, devant votre ordinateur, à envoyer des mails et à tuer le temps. Vous déjeunez face à l'écran. Vous ne tardez pas à découvrir que votre bureau est identique aux usines, hormis qu'il offre le chauffage central, souvent de la moquette et un éclairage sans UV. Dans l'après-midi, vous fermez discrètement la porte du bureau et partez tête baissée. Vous vous rabougrissez. Il est temps de vous secouer.

La solution Les voyages d'affaires. Bougez ! Voyez du pays, faites des rencontres. Si votre poste le permet. Sinon, demandez à élargir vos horizons. Ou reprenez les études pour acquérir de nouvelles compétences que vous pourrez valoriser auprès de votre patron.

Signe 3: Des choses que vous devriez savoir vous échappent

C'est un signe de phase terminale... La triste réalité, c'est que même la plus farouche des volontés est peu à peu écrasée par le système. À mesure que les semaines passeront, la diminution de pauses déjeuner convenables, d'espaces fumeurs et de mobilier confortable commencera à saper votre concentration. Vous pourrez même observer une terminologie révoltante s'insinuer dans vos échanges professionnels, ne laissant filtrer qu’un « sans doute » ou un « peut-être » du bout des lèvres, rien de plus, entre de longues périodes de mastication silencieuse. C'est le moyen qu'a trouvé la nature pour vous signaler que votre bail dans le monde du salariat esclavagisé touche à sa fin et qu'il est temps pour vous de partir. À ce stade, tout atermoiement pourrait être fatal.

La solution Fuyez. Apprenez à connaître vos limites. Dès que vous avez gagné suffisamment pour compenser vos besoins financiers les plus pressants, donnez votre congé, avec une lueur triomphante dans le regard et un air de supériorité crâne.

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