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Burn-out ou dépression ?

Date de publication: 9 oct. 2023
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Dans l’inconscient collectif, le burn-out est souvent perçu comme « la dépression du travailleur ». Pourtant, il peut aussi toucher les mères de famille ou les étudiants. Il découle avant tout d’un épuisement, contrairement à la dépression…
Dépression et burn out
Si l’on devait résumer le burn-out en une phrase, on dirait qu’il est lié à un surmenage (le plus souvent professionnel), et que la personne se trouve à bout de force physique.

Dans le cas de la dépression, d’autres éléments entrent en jeu (notamment des facteurs génétiques, psychologiques et environnementaux), tandis que la perte de plaisir et de désir s’installe progressivement.

Chez les victimes de burn-out, au contraire, les symptômes apparaissent de façon assez brutale. La personne « craque », parfois du jour au lendemain.

Jean, gérant de société, témoigne. « J’ai été touché de façon foudroyante et identique lors de mes deux burn-out. D’un jour à l’autre, je n’ai plus été capable de me lever de mon lit ni de parler. Après mon premier burn-out, je m’étais promis de ne plus retomber dans les mêmes travers, mais j’y ai malheureusement replongé. La première leçon n’aura donc pas suffi… » Il aura fallu une année entière à Jean pour se sortir de chacun de ses burn-out.  

La dépression, de son côté, s'installe progressivement et peut durer plusieurs années. La détresse psychologique est plus profonde même si les symptômes du burn-out peuvent parfois sembler plus impressionnants, car ils sont plus soudains.

Roger est tombé en dépression après sa retraite. « Je me suis rendu compte que ma vie n’avait plus vraiment de sens et que mon mariage était un échec. Je n’avais pas le courage de changer de vie et j’ai perdu goût aux choses et aux gens. Je me suis enfoncé dans une profonde tristesse pendant cinq ans… »

7 différences entre burn-out et dépression

  • Le type d’épuisement. Le burn-out est un épuisement physique, mais la personne continue de lutter pour récupérer son énergie. La dépression, de son côté, touche aussi bien le physique que le psychique et la personne ne se bat plus pour en sortir.
  • La notion de temps. Le dépressif est incapable de se projeter dans l’avenir. Il idéalise le passé, une époque où il était heureux. La personne en burn-out, en revanche, est en rejet total de son passé, car celui-ci l’a amené à craquer. Par contre, la personne est encore en mesure de se projeter dans l’avenir.
  • L’élément déclencheur. En cas de burn-out, c’est surtout ce qui a trait au travail qui a déclenché la pathologie. Dans la dépression, toutes les sphères de la vie de la personne sont touchées. Le dépressif ne prend plus plaisir à rien. A noter que la dépression peut être une conséquence du burn-out si ce dernier n’est pas soigné.
  • Le type de douleurs. En cas de burn-out, on ressent dans un premier temps des troubles fonctionnels comme une grande fatigue, des douleurs gastriques, musculaires, des extrasystoles, voire des crises d’anxiété ou de panique… Ces douleurs sont d’origine psychosomatiques. Dans le cas de la dépression, on parle davantage de grande tristesse inexpliquée, de ruminations et d’idées noires qui mènent à une grande fatigue. 
  • L’aspect subit ou progressif. En cas de burn-out, le corps et la tête peuvent dire « non » du jour au lendemain. Vous avez l’impression d’exploser ou de vous effondrer. Dans le cas de la dépression, les choses s’installent peu à peu (qu’il s’agisse d’un traumatisme soudain ou d’une accumulation d’épreuves). La fatigue, la perte d’appétit et de désir ainsi que les insomnies surviennent.
  • Le déni. Une personne en burn-out refuse souvent son état : elle continue à s’activer, à lutter, jusqu’à ce que son corps s’effondre. La personne en dépression, de son côté, ne se bat plus car elle a le sentiment de ne plus pouvoir faire face.
  • L’humeur. Une personne en burn-out se montre irritable et ne supporte plus son entourage professionnel ou familial. Un dépressif, quant à lui, se montre plutôt indifférent. Plus rien ni personne ne l’intéresse. Là où les deux se retrouvent, c’est dans la perte d’estime et de confiance en soi, ainsi que dans le sentiment de dévalorisation. La tristesse est par contre beaucoup plus profonde dans le cas d’une dépression.

Le burn-out, une épidémie de notre temps ?
Le burn-out et la dépression sont à l’origine d’un quart des incapacités de travail de longue durée. Entre 2016 et 2021, le nombre de personnes touchées en raison d'un trouble mental a en effet augmenté de 30,97 %, avec une augmentation de 46,35 % pour cause de dépression ou de burn-out. Les femmes représentent 59% des invalidités toutes causes confondues et ce pourcentage s’envole à 68 % des cas en cas de burn-out ou dépression.

La tranche d’âges 50-64 ans reste la plus impactée, mais l’augmentation la plus forte est celle des travailleurs indépendants entre 25 et 39 ans (+20 % en 2021, soit +151 % sur 5 ans).