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Cellule de crise, détermination et solidarité : Gérer la crise en milieu hospitalier

Date de publication: 23 mai 2020
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CHU

©CHU UCL Namur – Philippe Santantonio.

 

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les hôpitaux belges ont répondu présents. En première ou deuxième ligne, toutes les équipes des soins de santé se sont mobilisées pour lutter contre le coronavirus. Retour sur la gestion de la crise au cœur d’un réseau hospitalier, avec Benoît Libert, Directeur Général du CHU UCL Namur.

Fondée en 2016, la structure du CHU UCL Namur regroupe trois sites hospitaliers (sites de Dinant, Godinne et Sainte-Elizabeth), le Foyer Saint-François (centre de soins palliatifs) et des maisons de repos et de soins (Dinant, La Plante et Lustin), des polycliniques ainsi que des crèches et un accueil extrascolaire. Ce réseau a fait la force du groupe en ces temps inédits : « il a permis de réagir très rapidement et d’offrir une aide complète aux maisons de repos quand elles ont eu des problèmes », explique Benoît Libert, directeur de la structure namuroise.

Libert

©CHU UCL Namur.

 

Avant l’annonce du confinement, une cellule de crise a été mise en place pour l’ensemble du CHU, sous un plan d’urgence hospitalière. Depuis le 13 mars, les directions, les experts, les hygiénistes et les infectiologues se réunissent tous les jours afin de discuter de la gestion générale du réseau. Une cellule plus opérationnelle a aussi été déployée pour chaque hôpital et maison de repos, avec en parallèle, un soutien psycho-social. Ces réunions s’accompagnent aussi de l’actualisation régulière des consignes pour toutes les équipes. « C’est un énorme travail, il faut tenir compte des éléments de la science et des autorités », constate le directeur. « Le personnel doit pouvoir accéder à l’information la plus précise et complète par rapport à son rôle. »

Pour faire face à la crise, 60% de l’activité du CHU a été réduite, certains employés ont été placés en chômage temporaire pour force majeure, d’autres en télétravail. La plupart des services hospitaliers ont été mis à l’arrêt, les unités d’oncologie et de dialyse continuant à tourner partiellement. Les consultations et hospitalisations ont été décommandées en urgence. « Pour les unités de médecine, la chirurgie ou la psychiatrie, seuls étaient acceptés, les patients urgents ou dits nécessaires », précise Benoît Libert.

Les équipes de première ligne, quant à elles, ont été formées. Issues de différents services, elles ont été regroupées dans des « unités Covid ». Toutes les mesures sanitaires y ont été renforcées pour ne prendre aucun risque : masques, visières, blouses, EPI (équipement de protection individuelle). Les gestes barrières étaient évidemment aussi d’application lors des contacts avec les patients. Par exemple, au sein du site de Saint-Elisabeth, l’étage Covid était divisé en deux couloirs bien distincts. Le premier regroupe les patients potentiellement contaminés, le second les patients confirmés Covid. Pas question pour un collaborateur équipé de ressortir de la chambre d’un contaminé, c’est un collègue, qui, depuis l’extérieur, lui fournit le matériel.

Une solidarité exemplaire

Force est de constater que le CHU s’est doté d’une véritable task force pour endiguer le virus. Mais affirmer que le maintien du cap a été aisé serait mentir. En effet, le réseau hospitalier a rencontré quelques difficultés. Outre le problème de l’approvisionnement en masques et gel, ce sont les patients qu’il a fallu convaincre, avec l’aide des autres hôpitaux. « On a communiqué avec les patients car ils avaient peur de se rendre à l’hôpital. On leur a dit qu’ils ne devaient pas hésiter à venir s’ils étaient malades », explique Benoît Libert.

C’est dire que l’effectif des soins de santé namurois a fait preuve d’une solidarité exemplaire en cette période de crise. Le CHU UCL Namur, le CHR Sambre et Meuse et la Clinique Saint-Luc de Bouge, formant le Réseau Hospitalier Namurois (RHN), ont œuvré à l’élaboration de politiques communes. « On voulait le plus de cohérence possible dans l’application des mesures pour que les Namurois ne se retrouvent pas avec un fonctionnement différent pour chacun de nos hôpitaux », commente le directeur.

C’est le vivier même que forme le CHU qui a permis de répondre aux impératifs de la crise. Le personnel hospitalier s’est mobilisé. Médecins et hygiénistes sont venus à l’unisson renforcer les équipes des maisons de repos lorsqu’elles étaient en difficultés afin de s’occuper des patients. Toujours dans cet esprit solidaire, le CHU a aussi reçu des transferts de patients du Hainaut, du Brabant Wallon, du Luxembourg et de Bruxelles.

Depuis le 11 mai, le groupe namurois a repris partiellement ses activités. « Par jour, on est pour l’instant à 2.500 consultations, alors qu’en temps normal on tourne à 5.000 voire 6.000 sur les trois sites. »       À quand le retour à la normale ? Pas de sitôt. Le CHU reste toujours en plan d’urgence hospitalière. Il doit garder des capacités d’accueil pour les patients potentiellement Covid. « C’est difficile de s’organiser et nous perdons du temps, mais cela est nécessaire » conclut le directeur.

CHU

©CHU UCL Namur – Philippe Santantonio.

 

Face à cette crise d’une ampleur sans précédent et de la situation inédite qui en découle, le  secteur hospitalier en général et le personnel soignant en particulier se sont distingués par leur générosité, leur abnégation, leur courage et leur disponibilité. Mais face à l’ampleur de la tâche et à l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie, il ne peut évidemment relâcher ses efforts et doit rester sur le qui-vive. Vous souhaitez contribuer à l’utilité sociale en vous investissant dans cette mission aussi noble que vitale ? Rejoignez les équipes du CHU UCL Namur.

Vous avez besoin des hôpitaux ? Ils ont besoin de vous !

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