Ces jobs de rêve qui se transforment en pire cauchemar

Il y a trois jours, Victoria’s Secret tenait son premier défilé de la saison. La marque a encore frappé fort avec le lancement de son nouveau Fantasy Bra à 10 millions de dollars. Alors que de nombreux mannequins se sont bousculé au portillon pour avoir l’honneur de participer à ce grand défilé, certaines révélations font état des conditions difficiles qu’elles doivent subir. L’occasion pour nous de revenir sur ces jobs de rêve qui se transforment en pire cauchemar.

Victoria’s Secret, les dessous du décor

On savait que le milieu de la mode était parfois cruel, que les petites mains de la haute couture souffraient de conditions de travail quelquefois difficiles. Elles sont souvent payées au salaire minimum, leurs revenus moyens sont moins élevés que ceux de nombreux autres secteurs, les contrats de travail sont souvent des contrats intérimaires.

Des révélations récentes sur les conditions de travail chez Victoria’s Secret achèvent de noircir le tableau. On parle de « casting incroyablement effrayant ». Les femmes désireuses de défiler pour Victoria’s Secret s’imposeraient des entraînements physiques inhumains, passant par des boot camps, des cours de salsa, de boxe, etc.

Par ailleurs, une ancienne employée de Victoria’s Secret dévoile aussi les conditions de travail pitoyables dans les magasins de la chaîne : bordel abominable pendant les soldes, clients hautains et suffisants, horaires complètement décalés, salaire modique font partie du lot peu enviable de ce job pourtant hipe.

Google sous la loupe

Google, le paradis des geeks. Quel passionné de l’informatique ne rêve pas, en effet, de travailler pour Google ? Salaire attractif,  14 restaurants biologiques et gratuits au siège de Mountain View, une épargne-retraite, une très bonne mutuelle, une piscine à contre-courant, une crèche pour les enfants, 30 sortes de céréales pour le petit-déjeuner, repas livrés à domicile pour les employées en congé maternité (qui travaillent au siège en tout cas), des congés payés intéressants, massage, laverie automatique, médecin et banquier sur place… autant de facteurs qui ont entraîné l’arrivée de plus de 3500 CV par jour chez le géant du web en 2006 !

Seulement voilà, le jobsite BusinessInsider publie une douzaine de témoignages affligeants au sujet de Google. Des employés, actuels et passés, font part de leurs frustrations face à l’immaturité de leurs collègues, aux espaces de travail bien trop réduits, à l’impossibilité de se concentrer et d’avoir un peu d’intimité, à un middle management médiocre, qui repose sur le nom de Google et n’est pas motivant ou entreprenant, à des collègues hautains qui pensent être « arrivés », à une entreprise gigantesque qui n’a plus rien d’une start-up, à un manque d’investissement dans le design, etc. La liste des insatisfactions est longue. Google pas glop ?

Amazon, un cheval de Troie dans la forêt enchantée

En juin, SudOuest publiait un article choc sur le géant de l’e-book. La boîte qui a révolutionné le monde du livre et qui emploie plus de 50 000 personnes à travers le monde, a été infiltrée par un journaliste. Celui-ci met le projecteur sur des conditions de travail déplorables… et illégales ! Ses employeurs lui ont fait signer une clause de confidentialité, lui interdisant de parler de son emploi à ses proches. Horaires de nuit avec 5 nuits d’affilées (6 en période de fêtes), seulement deux pauses de 20 minutes, salaire minimum, quotidiennement plus de 20km à parcourir dans les entrepôts gigantesques pour assembler les commandes, surveillance de la productivité en temps réel par les managers, environnement liberticide, fouilles, interdiction de communiquer, paternalisme réinventé, voilà  les joyeusetés qui ont pimenté son expérience dans cette entreprise cauchemardesque. Ou quand Amazon devient l’interzone entre le rêve et la férocité.

Apple, ça donne pas la banane

Voilà encore un job qui en fait rêver plus d’un : travailler pour la boîte à la pomme, l’entreprise de l’innovation par excellence ! Être à la pointe du progrès, participer à la révolution des technologies dans le monde, faire partie d’une société qu’on admire, le rêve est aussi un challenge entraînant.

Mais la vie n’est pas toute rose chez Apple. On savait déjà que les choses n’étaient pas forcément évidentes du temps de Steve Jobs et de ses sautes d’humeur légendaires. Mais les conditions ne se seraient pas améliorées depuis son décès, en 2011. C’est ce que révèle le livre Inside Apple (que vous pouvez vous procurer sur Amazon, bien sûr !), d’Adam Lashinsky, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies. Il a étudié la compagnie de près pendant plusieurs mois et s’attarde entre autres sur des conditions de travail difficiles. Il parle d’une « expérience abominable » : les candidats recrutés ne savent pas à quelle tâche ils seront affectés, ne savent pas non plus ce que font leurs voisins, sont tenus au silence absolu. Des vigiles surveilleraient même les employés pour s’assurer que leurs conversations ne deviennent pas trop « intrusives ». Certaines équipes seraient enfermées à double tour, sans explication. Ces révélations sont une douche froide pour tous ceux qui aspiraient encore à faire carrière dans cette entreprise prisée. Au moins, ils sont prévenus. S’ils persistent malgré tout à vouloir travailler chez Apple, ce sera bien fait pour leur pomme.

 

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