Chômage des jeunes diplômés: une "génération perdue" ?

En Région bruxelloise, le taux de chômage des jeunes représente 30% de l’ensemble des demandeurs d’emploi. Selon Actiris, les diplômes ne seraient plus une garantie de trouver un emploi compte tenu de la complexité du marché du travail.

Dans son rapport mensuel du mois de mars 2013, Actiris expose les chiffres du chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur en région bruxelloise. En 2012, 31.647 jeunes (moins de 30 ans) étaient demandeurs d’emploi (près de 30% du total des demandeurs d’emploi). Parmi eux, 40% ont effectué des études supérieures universitaires. Une forte concurrence s’est installée entre travailleurs qualifiés bruxellois alors que les hauts postes attirent également de nombreux travailleurs issus de la périphérie. Dans ce contexte, les jeunes diplômés éprouvent de plus en plus de difficultés à accéder à l’emploi.

Giuseppina Andolina, détachée d’Actiris pour le projet pilote pour l’emploi auprès de MAD Brussels (Centre de Mode et Design), a répondu à nos questions concernant le chômage endémique qui frappe les jeunes.  

Des employeurs trop exigeants 

A Bruxelles, le manque d’expérience et l’insuffisance des connaissances des langues sont généralement invoqués comme causes principales du chômage des jeunes. Pour les employeurs, c’est l’expérience qui prime sur le niveau d’étude : 

"Engager coûte cher. Les employeurs sont réticents à payer un barème plus élevé lorsque le jeune n'a pas d'expérience. Tout ça dépend du secteur bien évidemment. Dans le public il y a des postes qui doivent être occupés par des masters, contrairement au privé où l'on peut retrouver des employés qui n'ont même pas de diplôme. C'est l'expérience et le profil qui priment. Il faut impérativement sensibiliser les employeurs pour qu’ils optent pour des conventions d'immersion professionnelle et ainsi donner leurs chances aux jeunes", nous explique Giuseppina Andolina.  

Jobs alimentaires et précarité

Dans ce contexte, de nombreux hauts diplômés se voient obligés d’accepter des emplois qui ne correspondent pas à leur formation et/ou aspirations, comme le souligne Giuseppina Andolina : "Beaucoup de jeunes se retrouvent à faire des jobs qui ne sont pas spécialement en lien avec leurs études. C'est ce qu'on appelle les jobs alimentaires. Ils n'ont pas la possibilité de décrocher un job qui réponde à leurs aspirations par manque d'expérience".

Les jeunes diplômés se retrouvent dans une situation professionnelle instable et très souvent enchaînent les contrats à durée déterminée, les contrats free lance et les jobs alimentaires. Ils constituent cette nouvelle classe sociale désignée sous le terme d’intellos précaires, titre de l’ouvrage à succès co-écrit par Anne et Marine Rambach (Les Intellos Précaires, 2011).

Accompagner les jeunes

Selon Giuseppina Andolina, l’accompagnement constitue une méthode efficace afin d’aider les jeunes dans leur recherche active d’emploi. Très souvent, ceux-ci se retrouvent désarmés au sortir de leurs études. Grâce au job coaching, ils sont amenés à définir leur projet professionnel. Néanmoins, il est important de déjà préparer les étudiants aux réalités du monde du travail: "Il faut sensibiliser les jeunes en organisant par exemple des séances d'information lorsqu’ils sont encore aux études. Il faut savoir que les jeunes de moins de 25 ans représentent une priorité pour le gouvernement et qu’il y a une obligation à les accompagner pour qu'ils ne s'enlisent pas dans le chômage", ajoute-elle.

Youth Guarantee

Actuellement, Actiris est en train de lancer un tout nouveau service spécialisé pour les jeunes demandeurs d’emploi. Il s’agit du Youth Guarantee, opérationnel à partir du 1er juin 2013, et qui a pour objectif d’offrir un accompagnement personnalisé et une première expérience professionnelle aux jeunes durant leur période de stage d’insertion (12 mois). Le service Youth Guarantee sera mobilisé autour de 3 missions essentielles. Premièrement, la préparation des jeunes à la mise à l’emploi. Deuxièmement, la présentation d’emploi et/ou de stages. Troisièmement, le suivi des jeunes durant leur stage. Le service Youth Guarantee fut créé à la suite d’une décision prise par la Commission européenne afin d’établir une nouvelle politique visant à garantir aux jeunes de moins 25 ans des offres d’emploi de qualité, des formations en continu et des possibilités de stages d’immersion professionnelle.

Texte: Aurélie Ghalim

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