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Charleroi mise sur la formation continue

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 23 août 2022

Le bassin de Charleroi est l’un des poumons économiques wallons. Longtemps, il a cependant fait figure de parent pauvre en matière d'enseignement supérieur, notamment en raison du faible taux de diplômés. Depuis huit ans, l'Université Ouverte contribue à renverser cette tendance grâce à une démarche spécifique.

Dominique Cabiaux

Dominique Cabiaux, Administrateur délégué de l'ASBL Université Ouverte de la Fédération Wallonie Bruxelles. 

Contexte historique

La moindre proportion de diplômés en région carolorégienne s’explique notamment par le fait que contrairement à Bruxelles, Louvain, Liège, Namur ou Mons, aucune université n'y a son siège central. Si toutes les universités y sont présentes d'une manière ou d'une autre, aucune de ces implantations ne donne néanmoins accès à l'ensemble des cursus.

Dominique Cabiaux, Administrateur délégué de l'ASBL Université Ouverte de la Fédération Wallonie Bruxelles, estime que « la distance est pourtant un facteur clé en matière d'enseignement. Il n’est pas aisé de s'accommoder de longs trajets ou de se résigner à prendre un kot. » Il souligne aussi un autre phénomène : la fuite des cerveaux et dès lors le manque chronique de profils qualifiés nécessaires au développement économique de la région. « Un Carolo sur deux ayant suivi des cours hors de la zone Charleroi Métropole n'y revient plus ; il trouve un travail ailleurs et s'y établit. »

Rôle d'ensemblier

Pour faire face à la situation, le Comité de développement stratégique, qui réunit les acteurs politiques et économiques de la région, a décidé de la création de l'Université Ouverte en 2014. L'objectif de cette institution n'est cependant pas de se substituer aux opérateurs de formation classiques. Il est au contraire de s'appuyer sur le réseau existant pour proposer, en collaboration avec eux, des formations répondant à des besoins non rencontrés dans la région, singulièrement en matière de formation continue.

Dominique Cabiaux précise : « Notre vocation ne se situe pas dans les apprentissages de base. De manière générale, nous ne délivrons d'ailleurs ni diplômes ni certificats. Nous agissons comme un ensemblier pour mettre sur pied des formations qui n'existent pas ailleurs. Concurrencer des établissements existants n'aurait pas de sens. Nous leur fournissons dès lors un appui logistique : de l'hébergement dans nos locaux, des moyens de communication pour faire la publicité de leurs formations, un appui en matière d'inscriptions, etc. »

Campus dédié

Outre ses collaborations avec les universités, les hautes écoles, l’enseignement supérieur de promotion sociale et d’autres opérateurs tels que le FOREM et l’IFAPME, l'Université Ouverte s’appuie aussi sur la présence, dans la région, d'acteurs dans le domaine de l'électronique, de l'énergie, du biomédical ou sur des initiatives telles que C-Food. Ainsi, au fil du temps, l'offre de formations n’a cessé de s'étoffer : formation post-universitaire en électronique de l'énergie, certification en pilotage et maintenance de drones, etc.

L’administrateur délégué de l'ASBL se réjouit aussi de la création, l’an prochain, d'un véritable campus carolo de l'enseignement supérieur. « Charleroi est l’une des rares villes européennes de plus de 200.000 habitants qui n'en dispose pas encore, alors que la ville a obtenu de l’UNESCO le titre de ‘Ville apprenante’ en 2020. À la rentrée 2023, cette lacune sera comblée avec l'ouverture du Centre Universitaire Zénobe Gramme, qui regroupera l'ULB, l'UMons, l’enseignement supérieur Provincial et l’Université Ouverte. »