Chercheurs d’emploi profilés : rencontre avec un expert d’Actiris

Salon Talentum Références|Vacature de Bruxelles, rencontre avec Sander Laridon, expert chez Actiris. Il fait le point sur le profil actuel des chercheurs d’emploi.

Avez-vous constaté une évolution auprès des chercheurs d’emploi ?

La crise économique a eu impact limité sur la hausse du chômage en Région bruxelloise. En variation annuelle, le nombre de DEI (demandeurs d’emploi inoccupés) a augmenté de 1,7% à Bruxelles. A titre indicatif, la hausse annuelle a été de 9,5% en Flandre  et de 2,8% en Wallonie. Néanmoins si la hausse conjoncturelle est plus limitée à Bruxelles, la Région bruxelloise reste confrontée à un niveau de chômage élevé (+/- 20%).

Les principales caractéristiques du chômage en Région bruxelloise restent les mêmes (infraqualification, chômage de longue durée, taux de chômage des jeunes, des quartiers centraux plus marqués par le chômage…).

Quels profils rencontrent le plus de difficultés dans la recherche d’un emploi ?

En Région bruxelloise, certaines catégories socioprofessionnelles sont particulièrement confrontées au phénomène d’exclusion. En comparaison avec le reste du pays, la Région bruxelloise enregistre plus de demandeurs d’emploi peu qualifiés, de demandeurs d’emploi avec une durée d’inactivité élevée et de demandeurs d’emploi de nationalité étrangère (ou d’origine étrangère). Le taux de chômage des jeunes est également préoccupant dans la mesure où il dépasse les 30%.

Quels sont les profils qui restent au contraire moins longtemps sans emploi ?

Les principales caractéristiques qui ont des effets positifs sur les sorties du chômage (identifiables au niveau des dossiers des CE) sont les suivantes : le niveau d’études, l’âge (plus l’âge est élevé plus les taux de sortie du chômage vers l’emploi sont faibles) ainsi que la durée d’inactivité.
Les connaissances linguistiques (bilinguismes) sont également des facteurs qui augmentent les probabilités de sorties vers l’emploi.

On constate donc que les jeunes les plus diplômés sont les moins confrontés par les difficultés d’embauche à la fin de leurs études. Ceux-ci sortent plus facilement du chômage, que ce soit temporairement ou plus durablement. On note également qu’indépendamment du niveau d’études, les filières suivies peuvent également avoir des influences importantes sur les probabilités de sortie du chômage. 

Ainsi par exemple, pour l’enseignement universitaire, on constate des taux d’insertion plus élevés pour les filières scientifiques (ingénieurs, médecine, sciences pures,…), sciences économiques – ingénieur commercial, droit que pour les autres filières des sciences humaines (sciences politiques et sociales, histoire, psychologie, langues et lettres, philosophie…).

En ce qui concerne l’enseignement supérieur non universitaire, on constate des taux de sortie généralement élevés, en particulier dans les domaines pédagogiques (instituteurs primaires, maternels, régents), paramédical (infirmiers, kinésithérapeutes,…), sciences (ingénieurs industriels, électromécaniciens, biochimie,…)… Le domaine artistique de l’enseignement supérieur non universitaire présente par contre un taux de sortie nettement plus faible que les autres.

Pour l’enseignement secondaire supérieur, on note que les taux de sortie de DE inscrits varient également selon les orientations professionnelles. Les formations les plus opportunes sont ainsi : les domaines professionnels liés à l’horeca, la construction, la coiffure, l’industrie, le paramédical, l’électricité, la plomberie, la boulangerie-pâtisserie, la puériculture, la coiffure,…

Enfin, il est à noter que l’augmentation du chômage s’explique en 2013 plus par une augmentation du nombre de nouvelles inscriptions dans le chômage (suite à des licenciements) que par une diminution des sorties du chômage. On enregistre toujours un nombre relativement  important de sortie du chômage…

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