Chez Engie, 77 % du personnel a renoncé à son véhicule

Publié : vendredi 22 septembre 2017

Grâce à sa proximité avec la gare du Nord, à Bruxelles, Engie a pu mettre en place un véritable plan de mobilité pour ses travailleurs, comme l’explique Christophe Demaerel, Head of compensation & benefits Benelux.

En quoi ce regroupement de l’activité a-t-il facilité la mobilité de vos travailleurs ?

Nous sommes passés de 17 sites, répartis un peu partout sur Bruxelles à un seul siège qui regroupe dans nos deux tours 3.000 travailleurs. Nous sommes situés à 300 mètres de la gare du Nord. Lorsqu’on est si près d’un arrêt, la Région bruxelloise limite fortement le nombre de places de parking disponibles. Chez Engie, on en dispose d’environ 300, donc pour seulement 10 % de notre personnel. Nous avons donc mis en place le plan «my choice » qui vise à encourager au maximum l’utilisation de moyens alternatifs à la voiture.

Comment a réagi votre personnel à l’annonce d’un nombre de places de parking aussi limité ?

Assez bien car il y avait désormais une réelle alternative à la voiture avec la gare juste à côté. On n’aurait pas pu mettre en place un tel système dans une région moins bien desservie comme Kraainem ou Woluwe, par exemple. Puis la mobilité en voiture est devenue un vrai problème. En moyenne, en Belgique, on perd 78 heures dans les embouteillages par an.

Concrètement en quoi consiste ce plan ?

Chaque année au mois d’octobre, nous demandons à nos travailleurs s’ils souhaitent une place de parking. S’ils sont prêts à y renoncer, nous leur offrons un budget équivalent au prix d’une place de parking près de la gare du Nord, soit environ 1.000 euros. On y ajoute aussi 500 euros supplémentaires d’incitant. Le travailleur peut donc utiliser cette somme pour sa mobilité (acheter un vélo et un abonnement de train, par exemple). Si le budget n’est pas épuisé, il peut être alloué à d’autres dépenses comme une tablette pour pouvoir travailler dans le train ou des vêtements pour rouler en vélo ou encore prendre des abonnements Villo !, Cambio ou Zen Car.

Quels sont les résultats ?

C’est un véritable succès. On est parvenu à totalement renverser la tendance. Avant le déménagement, 75% de notre personnel venait en voiture. Aujourd’hui, 77 % a renoncé à son véhicule pour se rendre au travail.

Y-a-t-il des personnes que vous ne parviendrez jamais à convaincre ?

Nous savons bien que cela va se stabiliser et que nous n’arriverons jamais à 100 %. Ce n’est d’ailleurs pas un objectif. Certaines personnes n’ont pas la possibilité de faire autrement.

Comment évolue votre offre de mobilité ?

Il existe d’autres offres notamment pour les voitures de société. Pour ceux qui le souhaitent, il est également possible de prendre un véhicule plus petit et de conserver la différence pour la mobilité douce. Maintenant que le plan fonctionne bien, on améliore sa mise en place pratique. On se tourne de plus en plus vers la digitalisation. Tout se fait désormais de manière numérique. Chaque travailleur est invité à dire ce qu’il souhaite.

Quid des dispositions pour les déplacements professionnels ?

Nous avons des voitures disponibles durant la journée pour se rendre à un rendez-vous à l’extérieur. On dispose d’une dizaine de véhicules qui sont, en plus, électriques. Ils se réservent un peu comme une salle de réunion, de manière très simple, et ils sont régulièrement utilisés.

ARNAUD MARTIN

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