Chez Lasea, tous les emplois sont liés à l'export

Publié : lundi 8 décembre 2014

Fondée en 1999, Lasea est une PME spécialisée dans la conception, la fabrication et l'installation de machines exploitant la technologie du laser.

Lauréate du Prix Tremplin à  l'Exportation récemment décerné par l'Awex, elle emploie désormais 40 personnes à  Angleur. Autant de recrutements qui sont directement liés au succès rencontré par l'entreprise sur les marchés étrangers.

Axel Kupisiewicz, vous êtes le fondateur et CEO de Lasea. Quelles sont les principales applications de vos machines ? 

Nos machines sont utilisées pour identifier et assurer la traçabilité de produits : le marquage au laser d'un texte, d'un code-barre ou d'un logo a prouvé qu'il était la solution permanente la plus fiable, notamment dans le domaine pharmaceutique, dans l'appareillage médical pour l'industrie automobile par exemple. Nos machines sont aussi employées pour effectuer divers travaux de soudure de matières plastiques. Enfin, ce qui constitue notre principale source de croissance actuellement, elles sont utilisées dans le micro-usinage de haute précision.

À savoir ?

Nos machines permettent d'usiner des pièces en atteignant des précisions qui sont de l'ordre de dix à  cent fois inférieures au diamètre d'un cheveu. Ces pièces sont soit trop coûteuses, soit trop complexes à  produire par des méthodes d'usinage mécaniques classiques. On les retrouve dans l'horlogerie, mais aussi dans l'univers médical : celui des implants intraoculaires ou cochléaires par exemple.

Vous employez actuellement une quarantaine de collaborateurs. De quels profils ?

Très qualifiés puisque ce sont nos efforts en recherche et développement qui nous ont permis de nous ériger au rang de pionniers dans le micro-usinage. Nous parlons donc d'ingénieurs mais aussi, et c'est très important également, de commerciaux de haut vol qui nous ont permis de vendre notre technologie non seulement chez nos voisins français et anglais mais aussi en Australie, en Suisse, aux États-Unis, notamment : nous exportons désormais 90 % de notre production.

L'attractivité de la PME n'est donc pas une vue de l'esprit ?

L'ingénieur est avant tout attiré par la technologie, la taille de l'entreprise important peu à  ses yeux. Les profils commerciaux, en revanche, ne furent pas évidents à  recruter. Nous avions en effet besoin de profils très expérimentés, directement opérationnels à  l'international, et c'est dans de grands groupes que nous sommes allés les chercher. Il a donc fallu les convaincre de nous rejoindre, les former à  la compréhension de nos produits mais, aussi et surtout, leur permettre de s'adapter à  un mode de fonctionnement sensiblement différent de celui d'une multinationale.

Qu'est-ce qui séduit dans la PME, quand on vient d'une grande entreprise ?

Le fait d'influencer de manière très directe l'avenir de l'entreprise. Au niveau commercial, chaque vente est importante. Au niveau technologique, chaque progrès est déterminant. Au niveau de la production, chaque étape est cruciale, car elle concourt à  la fiabilité de la machine : nous ne pouvons pas nous permettre de retourner trois fois par an en Australie pour réparer une éventuelle défaillance. Chacun est donc, à  titre individuel, indispensable à  la réussite de l'entreprise.

Vous allez emménager au printemps dans de nouveaux bâtiments : quel bénéfice pour l'emploi ?

L'objectif de cet investissement est de nous permettre de passer d'une activité de fabrication sur mesure à  la production de machines en plus grandes séries : le marché est désormais mature et notre technologie très largement acceptée. Dans ce cadre, nous allons devoir recruter une dizaine de monteurs et de techniciens d'ici quelques mois, voire une année. Mais nous n'allons pas pour autant abandonner la R&D : nous sommes évidemment convaincus que c'est en conservant une longueur d'avance sur nos concurrents que nous allons continuer à  nous développer.

Benoît July

 

Momignies, dans la banlieue chic de Paris

On est bien placés, en Wallonie, pour savoir l'importance du travail verrier de qualité.

C'est cette excellence que nous perpétuons au départ de Momignies, commente Nicola Balena, directeur des ventes de cette usine qui émarge depuis 1998 au groupe allemand Gerresheimer et qui vient de s'ériger en grande gagnante du Grand Prix Wallonie à  l'Exportation.

Les maîtres verriers en parfumerie et cosmétique de luxe se comptent, dans le monde, sur les doigts d'une main, poursuit-il, citant parmi ses clients le groupe L'Oréal et ses marques telles que Lancôme, Biotherm ou Yves Saint Laurent ou encore les groupes Clarins, Burberry et L'Occitane, entre autres. Nous exportons au départ de Momignies plus de 99 % de notre production, soit près de 300 millions de flacons de parfumerie et de cosmétique chaque année.

Employant quelque 530 collaborateurs pour des ventes annuelles de l'ordre de 75 millions d'euros, Gerresheimer Momignies n'éprouve apparemment pas trop de problèmes pour attirer les talents en dépit d'une situation un peu excentrée dans la botte du Hainaut. Le fait d'appartenir à  un groupe allemand et de bénéficier de son excellence industrielle rassure évidemment les candidats, estime Nicola Balena, qui est pour l'instant en recherche d'un responsable commercial. Nous allons d'ailleurs bénéficier l'an prochain d'un gros investissement qui va nous permettre d'augmenter de 50 % la capacité de production de l'un de nos deux fours.

Quant au côté traditionnel de l'activité, il serait largement compensé par le côté glamour des produits et de la clientèle. À force de me rendre à  Paris, j'en ai presque acquis l'accent, sourit le directeur des ventes. Et à  force de travailler avec ses designers, nous pourrions presque nous imaginer dans la banlieue chic de Paris ! De quoi attirer, apparemment, non seulement une main-d'œuvre locale composée d'ouvriers, mais aussi des profils plus high-tech comme des ingénieurs ou des dessinateurs en 3D par exemple.

De tels collaborateurs qualifiés peuvent aussi, éventuellement, nous rejoindre à  Momignies dans l'espoir de faire carrière à  l'international, au sein de notre maison mère, assure Nicola Balena. Il s'agit tout de même d'une puissante entreprise qui compte pas moins de 11 000 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 1,3 milliard d'euros généré non seulement auprès des clients du luxe et de l'industrie cosmétique, mais aussi auprès de l'industrie pharmaceutique et de la santé.

Benoît July

 

 

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