Comment réintégrer son entreprise après une maladie grave?

Date de publication: 11 oct. 2019
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À l’occasion du mois international contre le cancer du sein, l’ASBL Pink Ribbon organisait, en ce premier lundi du mois, le Pink Monday Congress en collaboration avec l’Inami, Unique et Mensura. Ces organisations entendaient sensibiliser les entreprises aux défis liés à la réintégration au travail suite à un cancer (du sein).

Premier Pink Monday Congress

En ce premier lundi du mois d’octobre, Pink Ribbon [NDLA: l’ASBL Pink Ribbon attire l’attention sur le cancer du sein, sensibilise à la prévention et au dépistage, et récolte des fonds pour des projets psychosociaux d’appui aux (ex-)patientes. Il s’agit d’initiatives qui visent à améliorer l’attitude et le comportement du public par rapport au cancer du sein, à réduire le sentiment d’angoisse et d’isolation, mais aussi à dissiper les tabous qui entourent la maladie] organisait le premier Pink Monday Congress en collaboration avec l’Inami, Unique et Mensura, à l’Auditorium Pacheco, à Bruxelles. Le congrès visait à faire le point sur les meilleures pratiques en matière de réintégration au travail après une absence de longue durée due à la maladie (en l’occurrence, le cancer). Il s’adressait donc tant aux responsables RH et aux Disability Managers [NDLA: Le disability management est une méthode basée qui vise le maintien au travail ou un retour au travail de la personne en incapacité de travail], qu’aux entrepreneurs indépendants, aux médecins (du travail) ou encore aux étudiants en Disability Management. Le Pink Monday Congress accueillait des orateurs de premier plan comme le Prof. Dr Elke Van Hoof (Professeure à la VUB et psychologue clinique), le Dr Saskia Decuman (Expert Research & Development Inami), Cindy Dewitte (Directrice des ressources humaines chez Multipharma), An Aelbrecht (General Manager Unique Belgium et psychologue du travail), le Dr Kristel Knops (Médecin du travail Mensura), le Dr Huget Désiron (CEO ACT-Desiron) et deux experts du vécu, Magali Mertens (coach et fondatrice de Vie & Cancer) et Mme Mieke Vanhuyse (Chief HR Officer de Revive et rédactrice de Pink Ribbon).

Une femme sur neuf sera touchée

Une femme sur neuf sera touchée par le cancer du sein à un moment de sa vie, après 40 ans dans 90% des cas (selon les chiffres de la Ligue contre le cancer). Plus encourageant, résultat d'énormes progrès tant au niveau du dépistage que de la prise en charge médicale de la maladie, plus de 3 cancers du sein sur 4 sont aujourd’hui guéris. «Nous connaissons tous une personne touchée par cette cruelle maladie: un proche, une amie, une collègue… Si nous savons que la maladie frappe autour de nous, nous ignorons toutefois souvent comment y réagir», souligne Mieke Vanhuyse. Avec l’initiative Pink Monday, Pink Ribbon ambitionne de faciliter la réintégration au travail après le cancer (du sein). «Ce premier lundi de retour au travail (d’où le choix, symbolique, du Pink Monday Congress) requiert en effet, énormément de courage et d’énergie. La compréhension et le soutien des autres simplifient le retour. Pink Ribbon organise chaque année la campagne Pink Monday afin de sensibiliser les entreprises aux défis du premier jour de travail. C’est précisément à ce moment que le soutien et la compréhension des collègues s’avèrent cruciaux», ajoute-t-elle.

Chaque parcours de réintégration est... Unique

L’agence d’intérim Unique est un fidèle partenaire de Pink Ribbon depuis plusieurs années déjà et apporte son appui à la campagne Pink Monday. An Aelbrecht (General Manager d’Unique Belgium): «90% de nos collaborateurs sont des femmes et nous avons, hélas, déjà été confrontés à des collègues qui ont été touchés par le cancer du sein. Nous appliquons un plan par étapes pour réintégrer les malades de longue durée. Tout commence par une conversation entre la collaboratrice, son manager et un responsable RH. Nous cherchons un travail adapté, des horaires adéquats et un autre agencement des prestations… Cette approche diffère d’une personne à l’autre. Chaque parcours de réintégration est unique. Il n’existe pas de solution uniforme et prête à l’emploi pour tout le monde.»

3 conseils d’une experte du vécu:

Reprendre le travail après un événement aussi bouleversant et traumatisant qu’un cancer du sein et le traitement et la convalescence qu’il implique, est évidemment tout sauf facile et évident. Mieke Vanhuyse et son mari ont lancé leur propre entreprise, en 2009: Revive. L’organisation donne une seconde vie à des sites industriels pollués en les transformant en espaces de vie durables au cœur de la ville. Mieke a reçu un diagnostic de cancer du sein le 1er septembre 2016. 20 semaines de chimiothérapie, une intervention chirurgicale et 33 irradiations quotidiennes ont suivi. Forte de sa double casquette d’employeur et de patiente, elle souhaite partager 3 conseils à destination des employeurs, pour faciliter la réintégration :

«Une absence? Ce n’est pas la mort…

Maintenez le contact si vous êtes collègue ou employeur d’une patiente. Il est crucial de préserver le contact et que le travailleur reste au courant de ce qui se passe dans l’entreprise. La réintégration se déroulera ainsi beaucoup plus harmonieusement et la personne continuera à se sentir impliquée, ce qui stimulera son envie de lutter pendant le traitement et de retrouver son lieu de travail.

Communiquez!

Assurez une communication ouverte sur la maladie et le traitement avec votre collègue. Si chacun sait en quoi consiste le cancer, chacun en comprendra mieux les effets secondaires lors du retour de la personne concernée. Ouvrez le débat sur le cancer et osez vous profiler comme une organisation vulnérable, car la maladie peut toucher tout un chacun, n’importe quand.

Fixez de nouvelles limites

Le patient ne souhaite rien d’autre que le retour à une vie normale et à son environnement de travail familier. C’est toutefois souvent plus facile à dire qu’à faire. Le patient doit découvrir lui-même le meilleur rythme de reprise et quelles tâches sont plus difficiles à effectuer. Ne mettez pas la personne sous pression pour qu’elle reprenne le plus vite possible à temps plein. Ne sous-estimez pas l’effet que peuvent avoir des mois de traitement et d’ascenseur émotionnel», conclut-elle.

L’événement fut une réussite et la journée riche en informations utiles et en conseils concrets. Tant pour aider les (ex-)patientes atteintes du cancer du sein à prendre un nouveau départ réconfortant au travail, que pour les employeurs à les y aider.

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