Comment soutenir nos travailleurs ayant des liens avec l'Ukraine?

Rédigé par: Julie Delcourt
Date de publication: 2 mars 2022

Comment les entreprises peuvent-elles soutenir leurs travailleurs ayant des liens avec l'Ukraine? Comment et dans quel cadre répondre à d'éventuelles demandes ? Quel rôle l’employeur a-t-il à jouer ?

Ukraine

Que faire si un travailleur veut venir en aide à sa famille en Ukraine ? Que faire si un travailleur veut aller se battre là-bas ? Que faire si le travailleur est trop affecté par le contexte ambiant ? Que faire si les activités d’une entreprise sont impactées en raison de la situation actuelle ? Olivier Marcq, expert RH chez Acerta, nous livre des éléments de réponse.

Nombreuses demandes d’employés belges désireux de venir en aide à leur famille en détresse au sein de la zone de guerre ont été émises. Dans ce cas de figure, que doit faire l’employeur ? Selon Olivier Marcq, tout dépend de la situation. « S’il s’agit d'une action limitée dans le temps, comme par exemple, se rendre à la frontière pour accueillir sa famille, la guerre en Ukraine peut être considérée comme une raison impérieuse. Tous les employés belges ont le droit de s’absenter pendant 10 jours par an pour raison impérieuse. »

C’est notamment un droit du travailleur qui a beaucoup été utilisé lors des inondations en juillet dernier. « Il n’y a pas d’obligation de la part de l’employeur de rémunérer ses employés absents. Ces derniers peuvent choisir aussi de prendre leurs congés ou récupérer leurs heures supplémentaires », complète l’expert RH.

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De commun accord avec l’employeur

Et que faire si la durée d’absence dépasse les dix jours légaux ? Que faire si le travailleur belge veut aller se battre en Ukraine pour une durée indéterminée ? Dans le droit belge, il n’y a aucune mention à ce propos qui autorise le départ. « La meilleure solution est alors d’en parler avec son employeur. Le travailleur suspend son contrat de travail et prend un congé sans solde. Il s’arrange avec son supérieur pour récupérer son emploi à son retour. »

Quant aux travailleurs trop affectés par la situation, la fragilité de leur santé mentale est un critère suffisant pour justifier une incapacité de travail. « Si psychologiquement, le travailleur est incapable d’exercer ses fonctions, cela peut être reconnu comme une maladie par le médecin traitant. Le travailleur peut donc se mettre en maladie et toucher ainsi un salaire garanti par l’employeur et puis par la mutuelle. » Attention se mettre sous certificat médical implique non pas de partir en Ukraine mais bien de rester chez soi et d’être présent lors du contrôle médical.

En ce qui concerne les travailleurs bloqués en Ukraine ou en Russie, la situation peut être considéré comme un motif impérieux. Il est donc possible de faire jouir ses droits relatifs aux 10 jours sans solde. Ou de suspendre le contrat de travail si le séjour dans la zone de guerre se prolonge.

Chômage temporaire et droit d’asile

Que se passe-t-il pour les entreprises dont les activités sont directement touchées par la guerre en Ukraine ? « Une fois de plus la raison impérieuse peut être convoquée. Un employeur impacté peut  décider de mettre son personnel en chômage temporaire. » Des solutions sont actuellement recherchées. « Il s’agit entre autres d’un système de chômage économique, déjà déployé lors du Brexit, plus long et plus facile à mettre en place que le système classique », indique Olivier Marcq.

Et les immigrés ukrainiens ? Quels droits au travail ont-ils ? Selon la législation belge, les demandeurs d’asile ne sont pas en droit de travailler pendant une période de 4 mois suivant leur arrivée. « Les permis de travail dépendent des régions. Peut-être peuvent-elles prendre des mesures spécifiques pour aider les Ukrainiens à travailler plus vite et bénéficier ainsi d’un revenu ? »

Il est difficile d’anticiper pleinement les conséquences de l’invasion russe sur l’Ukraine. Les questions en matière d’emploi risquent d’être encore plus nombreuses. Dès lors, il en va du rôle de l’employeur d’accompagner au mieux son personnel. « Tous les travailleurs se sentent concernés de près ou de loin par ce contexte actuel. Au niveau de la culture de l’entreprise, il y a tout un travail à accomplir. L’employeur doit réagir de façon positive et être présent pour ses employés. Il faut être le plus solidaire possible pour créer un lien fort et se soutenir », conclut Olivier Marcq.

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