Comment un Belge est devenu millionnaire grâce à Facebook

A 32 ans, Sébastien de Halleux, est un pur produit belge, né d'une mère flamande et d'un père wallon. Installé aux Etats-Unis depuis quasiment 15 ans, il a fondé la société Playfish, créateur de jeux et d'applications Facebook comme Restaurant City ou Pet Society, qu'il a revendue l'année dernière pour 400 millions d'euros.

A l'âge de 16 ans, Sébastien de Halleux est parti pour les Etats-Unis, où il a étudié au United World College, puis il est revenu en Belgique, pour y entamer à  l'UCL des études d'ingénieur civil, qu'il terminera finalement à  l'Imperial College à  Londres. C'est dans la métropole anglaise qu'il décide de fonder avec trois amis Macrospace, une start-up au projet visionnaire.

Jeux vidéo sur GSM, un projet visionnaire

C'était en 2003. A l'époque, les smartphones appartenaient encore aux rêves les plus fous des amateurs de gadgets technologiques et les écrans couleur commençaient à  peine à  conquérir le marché du GSM. Pourtant, l'idée de Sébastien et de ses complices de proposer des jeux vidéo pour GSM marche du tonnerre et leur société s'étend sur tous les continents... sauf les USA. Pour conquérir le marché américain, une fusion est nécessaire avec la société concurrente Sorrent. Ainsi nait Glu Mobile, qui sera introduite en bourse avec une valorisation de 337 millions de dollars.

Les 4 garçons préfèrent récupérer leurs billes pour les réinvestir dans un nouveau projet : la start-up Playfish, qui voit le jour en 2007 dans la Silicon Valley. Cette fois, ce n'est plus les téléphones portables qui sont visés comme canal de distribution, mais les réseaux sociaux.

3 millions $ investis deviennent 400 millions $

Ils lancent donc l'application 'Qui a le plus gros cerveau' sur la plate-forme sociale. Pas question de dépenser des sommes folles en publicité pour faire connaître le jeu : à  Noà«l, ils l'envoient à  100 de leurs amis. Un mois plus tard, fin janvier, 100.000 utilisateurs s'affrontaient dans ce quizz cérébral. Et en février, ils dépassaient la barre du million.

Au bout de 2 ans à  peine, Play Fish présente un tableau de chasse impressionnant : 200 collaborateurs, une dizaine de jeux, dont les célèbres Pet Society, Ganster City ou encore Geo Challenge, et plus de 60 millions de joueurs actifs. Les applications lancées sur Facebook sont gratuites, mais c'est la vente d'objets virtuels qui y est liée qui assure à  la société de généreux revenus : environ 90 millions d'objets virtuels sont vendus chaque jour.

En novembre 2009, le géant du jeu électronique, Electronic Arts (EA), créateur entre autres de Fifa, des Sims ou encore de Need for Speed, fait une offre de 400 millions de dollars  pour le rachat de Playfish! Alors que les 4 fondateurs avaient investis 'à  peine' 3 millions de dollars pour sa création, 2 ans auparavant. Un coquet bénéfice.

2 milliards au lieu de 20 millions

Mais pas question pour Sébastien d'abandonner tout à  fait son bébé : il s'est vu proposer le poste de vice-président du 'business developement et des partenariats stratégiques' de la division interactive d'EA. Un défi qu'il ne voit pas comme tellement différent de celui de patron de Playfish : 'Notre mission est restée la même. Elle s'est juste agrandie : au lieu de 20 millions à  la banque, nous avons maintenant 2 milliards'.

Source: Start-Up Ville. Interviews met entrepreneurs uit Silicon Valley, Evy Balleger, éditions Luster
Photo: Jeff Singer

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