Courtiers en assurances : il y a des places à prendre

Rédigé par: Philippe Van Lil
Date de publication: 9 août 2022

Séraphin Lampion, le courtier d'assurances issu de l'univers de Hergé, n'offre pas une image très gratifiante de ce secteur d'activité. Loin de la caricature, ce professionnel remplit pourtant un rôle fondamental vis-à-vis de ses clients. Le métier est cependant en pénurie.

feprabel

Le métier de courtier en assurances ne peut être exercé qu'après inscription auprès de la Financial Services and Markets Authority (FSMA), soit l'autorité de contrôle belge des marchés financiers. Cette inscription est conditionnée à la preuve que le candidat dispose de toutes les connaissances professionnelles adéquates définies par arrêté royal. Cela exige bien sûr une solide formation.

Un métier de terrain…

Trois filières de formation mènent au courtage. Un : un master, en lien ou non avec l'assurance, suivi d’un stage de deux ans dans le secteur. Deux : un bachelier en assurances avec un minimum de 11 crédits certifiants ou un bachelier en sciences juridiques avec la même obligation de deux ans de stage. Trois : la formation en alternance, par exemple à l'IFAPME en Wallonie ou à l'EFP à Bruxelles, où les cours théoriques en horaires décalés sont complétés par un stage entreprise en journée.

Pour Eric Vanhalle, CEO adjoint de la Fédération des courtiers en assurances et intermédiaires financiers de Belgique (Feprabel), la piste de la formation en alternance présente le plus d'attraits : « Notre métier s'apprend essentiellement sur le terrain. Quand on parle par exemple de responsabilité civile, de protection juridique ou de pertes d'exploitation, c'est un peu abscons. Avec l'alternance, vous découvrez les connaissances théoriques - juridiques et économiques, entre autres - en soirée et voyez directement à quoi cela correspond sur le terrain en journée. »

… mais en pénurie

En dépit de son caractère essentiel, le métier de courtier est pourtant en pénurie, partout dans le pays. Patrick Cauwert, CEO de Feprabel, reconnaît que « l'assurance n'a pas toujours une bonne image. C’est dommage ! Le métier est très riche et varié. Le courtier est un intermédiaire entre les compagnies d'assurances et les clients avec lesquels il est en contact direct. Il offre à ces derniers un véritable service, notamment en cas de litige avec une compagnie d’assurances. Car, oui, le courtier est un intermédiaire totalement indépendant qui peut travailler avec toutes les compagnies et donc toujours trouver la solution optimale pour le client. »

Appel est donc lancé aux jeunes. « Les opportunités sont nombreuses. Les entreprises de courtage qui dénichent un stagiaire de valeur sont parfois même disposées à proposer des conditions de CDD ou de CDI plutôt qu'en rester à un barème de stage moins avantageux. »

Recherche repreneur

Eric Vanhalle renchérit : « L'âge moyen des courtiers a fortement augmenté ces dernières années. Une fois pensionnés, nombre d’entre eux poursuivent en effet ce travail, parfois par goût mais aussi souvent par nécessité : ils ne trouvent pas de repreneur pour leur activité. Or, pour eux, le service, le conseil et la satisfaction du client s'imposent par-dessus tout. »

Le CEO adjoint conclut : « Notre métier est passionnant. Certes, on voit parfois des choses tristes, mais aussi des choses enthousiasmantes. Notre rôle sort souvent du cadre strict de la constatation de sinistre, de l'indemnisation, etc. Lors des terribles inondations de l'an dernier, nombre de courtiers sont par exemple venus aider spontanément la population des zones sinistrées lorsque les courtiers habituels de ces zones étaient eux-mêmes victimes de ces catastrophes naturelles. »

patrick cauwert   eric vanhalle

Patrick Cauwert, CEO de Feprabel (à gauche) et Eric Vanhalle, CEO adjoint de la Fédération des courtiers en assurances et intermédiaires financiers de Belgique.