Covid-19 : le secteur automobile face à la pire des crises

Rédigé par: Julie Delcourt
Date de publication: 14 avr. 2020

Confinement prolongé jusqu’au 11 mai en France, le même cas de figure se profile pour la Belgique. Concessionnaires et usines fermés, l’épidémie de Coronavirus a un effet dévastateur sur le secteur de l’automobile.

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Selon Eric-Mark Huitema, Directeur général de l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA), il s’agit là, pour le secteur, de « la crise la plus grave de son histoire ». Les prévisions des spécialistes, elles aussi, ne présagent rien de bon. IHS, une entreprise américaine d’information économique, table sur une chute des ventes mondiales de voitures de 14 millions d'unités cette année (soit moins 12 % par rapport à 2019) à 78,8 millions d'unités, avec -10 % en Chine, -13,6 % en Europe, et -15,3 % aux États-Unis. 

LMC Automotive, un cabinet d’études, présente le même pessimisme :  moins 15% au mieux dans le monde, à 76,6 millions et jusqu’à moins 23% si les répercussions de l’épidémie se poursuivent au second semestre. La société rappelle que « les ventes mondiales de véhicules légers étaient tombées de 6 millions d'unités entre 2007 et 2009 ».

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Un appel à l’aide

Depuis début avril, la production a repris, tout doucement en Chine, après plusieurs semaines d’interruption. Mais cette reprise s’annonce lente au niveau des ventes, aussi bien en Asie qu’en Europe. De fait, les Européens ne vont pas « se mettre à acheter des centaines de milliers d'automobiles dès que ce sera fini. Il n'y aura pas de coup de baguette magique ! », comme le rappelle le ministre français de l’économie Bruno Le Maire.

Au vu de la situation de crise actuelle, l'ACEA fait appel aux gouvernements. Elle rappelle que le secteur automobile comprend « 14 millions d'emplois directs et indirects en Europe ». Elle réclame « des actions fortes et coordonnées aux niveaux nationaux et européens, pour fournir un soutien immédiat en liquidités aux constructeurs, à leurs fournisseurs et aux distributeurs ».

Si des mesures ont déjà été mises en place comme par exemple le système de chômage temporaire ou les prêts garantis, les constructeurs en veulent davantage. Ils demandent également des plans de soutien de la demande, via des bonus ou des primes à la convention.

« L'Europe doit se préparer à stimuler le redressement de notre secteur, qui sera un contributeur clé à une reprise accéléré de l'économie européenne dans son ensemble. »

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Source : emploi-pro.fr