Covid-19 : le secteur des pompes funèbres menacé?

Rédigé par: Julie Delcourt
Date de publication: 27 mars 2020

La pandémie de Coronavirus touche le personnel du secteur, contraint à changer sa manière de travailler. Mais les risques de contamination persistent. Focus sur ce métier fragilisé par la crise sanitaire.

cercueil

Les employés des pompes funèbres apparaissent comme les oubliés de cette crise, occultés légitimement par les médecins, les infirmiers ou encore les caissiers. Pourtant, eux aussi, doivent continuer à travailler et s’exposer.

Plusieurs restrictions ont été mises en place dans les funérariums wallons pour éviter tout risque de transmission comme par exemple l’interdiction de retour des défunts à domicile ou encore la limitation du nombre de personnes présentes lors des funérailles qui doivent se dérouler à l’air libre.

Le personnel des pompes funèbres est tenu, comme chacun d’entre nous, de maintenir la distance sociale recommandée. Une restriction qui, dans ce contexte de deuil, n’a pas été simple d’application : « Cette mesure a été un peu difficile à faire comprendre au début aux familles mais les gens comprennent, malgré le deuil et la tristesse. Ce n'est vraiment pas agréable de travailler de cette manière mais nous devons respecter à la lettre les recommandations émises par le gouvernement », indique un funérarium arlonais à Sudpresse.

Au-delà de ces mesures, le risque de contamination demeure. A juste titre comme Florence Fresse, déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres, l’indique : « on n’a aucune idée du temps de contamination post-mortem ». En effet, si le virus reste actif dans le corps peu de temps, la situation est gérable mais s’il prend 24 heures pour disparaître, cela se complique. Le personnel risque d’être débordé. D’autant que le pic de contaminés (et de décès) n’est pas encore atteint en Belgique, selon les spécialistes.  

Vers une pénurie?

En outre, en France, le manque d’équipement se fait déjà sentir et inquiète les travailleurs du secteur. D’une part, ceux-ci dénoncent le manque d’information (depuis combien de temps est décédé le patient, etc). D’autre part, des agences funéraires manquent de matériel : de gants et d’EPI (Equipements de Protection Individuelle). Désinfecter un cercueil, en cette période d’épidémie, demande un temps considérable et des produits désinfectants effectifs.

Force est de constater que le secteur des pompes funèbres est fragilisé par la crise sanitaire liée au Coronavirus. Le personnel doit tenir bon. Les polémiques quant à l’approvisionnement de matériel sanitaire en Belgique se répètent. Impactent-elles directement les funérariums ? Le métier est-il menacé ?

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